Depuis Louis XIV, plusieurs politiques de préservation des forêts ont été mises en place en France. En effet, Jean-Baptiste Colbert, un des principaux ministres de Louis XIV, a vu en la forêt un potentiel de développement économique pour la production de bois de marine. Ainsi, il a entrepris une réforme générale des Eaux et forêts entre 1661 et 1680 pour réorganiser la gestion des forêts et permettre au pays de produire le bois nécessaire à la construction d’une marine puissante capable de rivaliser avec les flottes anglaises et hollandaises. Cette réforme a permis de réintégrer 35 000 hectares de forêts au domaine royal, de condamner de nombreux officiers et usurpateurs et de remplacer les seize Grands Maîtres par des intendants.
Au cours des siècles suivants, d’autres politiques de préservation des forêts ont été mises en place, telles que l’ordonnance de Colbert en 1669 qui alliait des objectifs de conservation, de répression et de valorisation optimale des forêts sur le long terme. Cependant, ces politiques n’ont pas toujours été appliquées strictement, notamment en période de disette, comme ce fut le cas en 1709, 1762 ou 1766 où le gouvernement a encouragé les défrichements des bois particuliers pour les mettre en culture.
Aujourd’hui, les politiques de préservation des forêts se poursuivent en France, avec des objectifs de conservation de la biodiversité, de lutte contre le changement climatique et de développement durable. Par exemple, le rapport « Politique des forêts en France » du WWF France de 2017, souligne l’importance de développer une gestion forestière durable pour garantir la pérennité de la ressource et la protection de la biodiversité.
La politique forestière en France au XVII ème siècle
L’ordonnance de Colbert de 1669, également connue sous le nom d’ordonnance sur le fait des Eaux et Forêts, est un document essentiel de l’administration royale française. Rédigée sous l’impulsion de Colbert, ministre de Louis XIV, elle avait pour objectif de protéger et de restaurer la ressource en bois, notamment de chêne, pour la future construction navale, en rassemblant et clarifiant des règlements plus anciens. Cette ordonnance créait un droit de préemption sur tous les bois pour les besoins de la marine, renforçait le pouvoir des officiers des maîtrises, et permettait la création d’un corps chargé d’assurer la gestion des forêts royales et des autres forêts.
L’ordonnance de Colbert de 1669 a donc eu un grand impact sur les paysages, avec une réforme qui instaurait un véritable code forestier, unifiant le droit et définissant des règles de gestion sylvicole à appliquer. Elle a également permis la délimitation de la forêt en posant des bornes, l’évaluation de la ressource et la pose des premières bases pour reconstituer les forêts, en particulier celle de Tronçais.
La politique forestière de Colbert a constitué un jalon essentiel de l’histoire de la forêt française. Elle a construit une image durable de ce que doit être la forêt, son exploitation et sa préservation, en vue de répondre efficacement aux besoins de l’État. Son héritier direct est le code forestier français.
La politique forestière en France au XVII ème siècle
La politique forestière en France au XVIII ème siècle était marquée par une volonté d’appropriation de la forêt par l’État, en vue de répondre efficacement à ses besoins. Cette politique avait commencé au XVII ème siècle, sous l’impulsion de Colbert, et s’était poursuivie tout au long du XVIII ème siècle. À cette époque, la forêt était un espace aux contours flous et contestés, mais elle était devenue un enjeu stratégique pour l’État, en raison de la nécessité de disposer de bois pour les besoins de la marine et de l’armée. En 1669, l’intendant des finances Jean-Baptiste Colbert avait mis en place un premier code forestier qui visait à rationaliser l’exploitation de la forêt. Cette politique avait été poursuivie par ses successeurs, qui avaient mis en place des réglementations pour lutter contre le déboisement et pour garantir la pérennité de la ressource forestière. Au XVIIIème siècle, les efforts de l’État pour améliorer la gestion de la forêt s’étaient poursuivis, avec la mise en place d’institutions spécialisées, comme les Eaux et Forêts, et la publication de nombreux traités sur la sylviculture. Ces politiques ont contribué à la protection et à la gestion de la forêt en France, et ont posé les bases de la politique forestière actuelle.
La politique forestière en France au XIX ème siècle
Au XIXème siècle, la politique forestière en France a été influencée par plusieurs événements historiques importants. Tout d’abord, la Révolution française a conduit à la nationalisation des forêts royales et à l’abolition du droit de chasse. Les détenteurs d’office des Eaux et Forêts sont devenus des fonctionnaires. Cela a permis à l’État de mieux contrôler et gérer les forêts.
Au cours de ce siècle, l’aménagement forestier est devenu un enjeu d’intérêt général édicté par le corps forestier. La politique forestière visait à protéger et restaurer les forêts, à les exploiter de manière durable et à répondre aux besoins en bois pour les différentes industries. L’objectif était de préserver la ressource forestière pour les générations futures.
En 1912, Lucien Daubrée a dressé un inventaire des forêts au début du XXème siècle, le premier inventaire forestier national classé par département, dit inventaire Daubrée. Cette initiative témoigne de l’importance accordée à la gestion forestière à cette époque.
Lucien Daubrée (1844-1920) était un ingénieur des Eaux et Forêts français qui a travaillé pour l’administration forestière pendant de nombreuses années. Il est notamment connu pour avoir dressé l’un des premiers inventaires forestiers nationaux en France, connu sous le nom d’Enquête Daubrée. Ce recensement, publié en 1912, est une statistique et un atlas des forêts de France. Il constitue le premier inventaire forestier national classé par département et a été réalisé pour répondre aux besoins des administrations forestières et militaires en termes de besoins stratégiques. En 1904, alors directeur de l’administration des forêts, Lucien Daubrée a demandé aux agents de terrain d’établir une « statistique sommaire des bois particuliers et communaux non soumis », ce qui n’avait pas été fait depuis la Révolution et l’Empire. L’Inventaire Daubrée a donc été le fruit de ce travail et constitue une source précieuse pour comprendre l’état des forêts françaises au début du XXe siècle.
La politique forestière en France au XX ème siècle
Au XXème siècle, la politique forestière en France a connu plusieurs évolutions importantes. Dans la première moitié du siècle, l’administration forestière a mis en place une politique d’aménagement forestier qui visait à lutter contre les servitudes et les droits d’usage, ce qui a été contesté car elle allait à l’encontre des besoins des populations rurales.
Au cours du XXème siècle, la superficie forestière en France a considérablement augmenté. Elle était estimée entre 8,9 et 9,5 millions d’hectares en 1830, et a atteint 14,1 millions d’hectares en 1985. Cette progression s’est faite à un rythme moyen d’environ 81 000 hectares par an, soit 0,6% d’augmentation par an.
En 1912, le premier inventaire forestier national a été dressé par Lucien Daubrée. Cet inventaire, classé par département, était appelé l’inventaire Daubrée et comprenait un atlas des forêts de France.
Enfin, il convient de noter que la politique forestière en France a évolué en fonction des contextes politiques et économiques du XXème siècle. Ainsi, la France étant un pays très agricole, elle a connu une forte industrialisation et a donc eu besoin de main-d’oeuvre dans les usines, les mines et dans l’agriculture. Cela a conduit à une immigration européenne importante, notamment à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.
Il est également important de noter que la politique forestière était étroitement liée aux changements politiques et sociaux du XIXème siècle. Les régimes monarchiques ont été remplacés par une monarchie constitutionnelle. Les régimes politiques successifs ont influencé les orientations de la politique forestière.
La politique forestière en France au XXI ème siècle
La politique forestière en France au XXIème siècle est un sujet d’actualité important qui soulève des débats au sein de la communauté scientifique et forestière. Depuis le début du siècle, la France a adopté une approche de gestion durable des forêts pour concilier les objectifs de conservation et d’exploitation. Cette politique vise à garantir la pérennité des ressources forestières tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique, à la protection de la biodiversité, et à la promotion d’une économie forestière viable.
Plusieurs mesures ont été prises pour atteindre ces objectifs, notamment l’élaboration de plans d’aménagement forestier pour chaque forêt, la mise en place de réglementations pour la gestion des écosystèmes forestiers, le développement de la sylviculture, la lutte contre les incendies de forêt, ainsi que la promotion de l’utilisation du bois et des produits forestiers comme alternative aux ressources fossiles.
Cependant, malgré ces efforts, la politique forestière française est confrontée à des défis importants tels que le changement climatique, la pression foncière et les enjeux économiques. Ainsi, des réflexions sont en cours pour améliorer l’efficacité et la pertinence de la politique forestière, notamment en encourageant une gestion plus participative et en promouvant une utilisation plus durable des ressources forestières.
En somme, la politique forestière en France au XXIème siècle vise à assurer la pérennité des forêts françaises en garantissant leur gestion durable, leur protection, leur valorisation économique, et leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité.

