Sécheresses, feux de forêt et inondations éclair — tous aggravés par le changement climatique — ont des répercussions sur les vies et les terres des peuples autochtones du Sud-Ouest des États-Unis, notamment les Tewas de Kha’p’o Owingeh, également connus sous le nom de Santa Clara Pueblo, au Nouveau-Mexique. Face à ce problème, certains experts et autorités affirment qu’une solution innovante au niveau national est nécessaire. Le problème : la sécheresse et l’utilisation excessive de l’eau épuisent le fleuve Colorado, qui est la source de vie de l’Ouest américain.
Même si la Californie a connu des précipitations pluvieuses et neigeuses, l’augmentation de la demande en eau dans l’Ouest dépassera l’offre à moins que des efforts de conservation importants ne soient mis en place. De plus, les tribus amérindiennes revendiquent de plus en plus leurs droits légaux à l’eau, des villes en plein essor comme Phoenix et Las Vegas consomment plus d’eau pour soutenir leur développement, et les agriculteurs de Californie et d’Arizona sont sous pression pour maintenir des coûts alimentaires bas et une production élevée.
Cependant, d’énormes quantités d’eau douce sont facilement disponibles dans l’Est du pays. L’eau de mer peut être traitée en eau potable, et même les glaciers pourraient être des sources d’eau douce utiles. Mais quelles sont les idées pour résoudre cette pénurie d’eau ?
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Drainer les Grands Lacs : Une proposition suggère de détourner l’eau des Grands Lacs vers le fleuve Colorado. Cela pourrait être réalisé étant donné que les Grands Lacs représentent 20% de l’eau douce de surface disponible dans le monde, mais la loi interdit tout prélèvement important d’eau des Grands Lacs. De plus, pour faire traverser l’eau des Grands Lacs vers le Colorado, il faudrait construire un pipeline en pente d’environ 1 000 miles de long, ce qui est plus long que tout autre pipeline d’eau potable jamais construit.
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Des centrales de dessalement nucléaires : Des centrales de dessalement d’eau de mer existent déjà en Californie, mais elles sont très énergivores. Pour produire de l’eau potable, il est nécessaire de faire bouillir l’eau de mer et de capturer la vapeur ou de la faire passer à travers des membranes spéciales sous haute pression, appelées osmose inverse. Bien que l’idée d’utiliser des panneaux solaires pour alimenter les centrales de dessalement soit prometteuse, les problèmes environnementaux liés au rejet des eaux salées concentrées dans l’océan restent un obstacle majeur.
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Récolter des icebergs : Cette idée consiste à récupérer des icebergs d’eau douce pour approvisionner les villes côtières en eau potable. Bien que 75% de l’eau douce de la planète soit gelée dans des glaciers, la pratique n’a jamais été réalisée car il n’y a pas de méthode pratique pour déplacer les icebergs avant qu’une quantité significative ne fonde dans l’eau plus chaude de l’océan.
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Abattre les forêts : Enfin, certains proposent de réduire les grandes portions de forêts nationales pour libérer plus d’eau, soit en coupant des arbres, soit en utilisant des brûlis contrôlés. Cette idée est basée sur le fait qu’un seul arbre sain a besoin d’environ 11 000 gallons d’eau par an. Des autorités de l’Utah préconisent ainsi des projets de coupe de grande envergure pour libérer de l’eau qui pourrait ensuite être utilisée pour reconstituer le Grand Lac Salé. Cependant, cette approche pourrait générer des problèmes environnementaux, notamment des incendies de forêt et des émissions massives de carbone.
La crise de l’eau mondiale est un enjeu majeur qui préoccupe de plus en plus les organisations internationales et les populations à travers le monde.
Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), environ 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau salubre et propre, et cette situation ne cesse de s’aggraver. Des pénuries d’eau de plus en plus fréquentes, des sécheresses prolongées, des inondations catastrophiques, des conflits et des problèmes environnementaux sont autant de facteurs qui contribuent à cette crise.
La consommation de l’eau devrait augmenter d’environ 1 % par an dans les 30 prochaines années, alors que la disponibilité des eaux de surface diminue continuellement en raison du changement climatique. Cette tendance pourrait entraîner une augmentation de notre dépendance globale aux eaux souterraines, selon un rapport de l’UNESCO. Les eaux souterraines sont la principale source d’eau douce pour de nombreuses régions du monde, mais leur surexploitation peut entraîner des conséquences néfastes pour les écosystèmes et les communautés locales.
En Chine, la crise de l’eau est décrite comme « au bord de la catastrophe » par les Affaires étrangères, et elle pourrait conduire à une catastrophe mondiale. D’ici 2025, la moitié de la population mondiale pourrait résider dans des régions souffrant d’une pénurie d’eau douce. D’ici 2030, il pourrait y avoir un déplacement de 700 millions de personnes en raison de graves contraintes de l’eau.
Les eaux souterraines sont au cœur de la Journée mondiale de l’eau célébrée chaque année le 22 mars. Cette année, l’ONU et l’UNESCO organisent un sommet mondial sur les eaux souterraines en décembre. Les eaux souterraines sont une ressource essentielle face à la crise mondiale de l’eau, et leur gestion durable est essentielle pour garantir un accès à l’eau potable pour tous.
Les défis liés à la crise de l’eau sont nombreux et complexes, mais il est possible de mettre en place des solutions innovantes et efficaces. La gestion durable de l’eau, la conservation de l’eau, la réutilisation des eaux usées, la construction de barrages et de réservoirs, l’amélioration des infrastructures et la sensibilisation de la population à la nécessité de protéger cette ressource précieuse sont autant de mesures qui peuvent contribuer à résoudre la crise de l’eau mondiale.

