Les sols sont l’un des piliers de la transition écologique, car ils jouent un rôle crucial dans la production alimentaire, la régulation du climat et la biodiversité. Cependant, la gestion des sols est souvent source de conflits d’accès, d’usage et d’exploitation. Les politiques publiques actuelles et futures doivent donc conjuguer avec de nombreux impératifs techniques, environnementaux, culturels et économiques, souvent contradictoires. Dans cet article, nous explorons les enjeux liés aux sols dans la transition écologique et les moyens de concilier ces impératifs.
Les sols : un enjeu majeur de la transition écologique
La préservation des sols est un enjeu clé de la transition écologique. En effet, les sols sont indispensables à la production alimentaire, à la biodiversité, à la régulation du climat et à la qualité de l’eau. Cependant, ils sont également l’objet de nombreux conflits d’accès, d’usage et d’exploitation. Selon la FAO, 33% des sols de la planète sont dégradés et leur qualité se détériore rapidement.
Les politiques publiques actuelles et futures doivent conjuguer avec d’innombrables impératifs techniques, environnementaux, culturels et économiques bien souvent contraires pour la transition écologique. Il est donc crucial de promouvoir des pratiques agricoles durables, comme l’agroécologie, qui mise sur la diversité du vivant, les complémentarités entre le végétal et l’animal, la protection des sols pour stocker la matière organique, l’eau et le carbone.
La dégradation des sols a des conséquences dramatiques sur l’environnement et la santé humaine. Elle peut provoquer des déséquilibres écologiques, des érosions, des inondations, des sécheresses et des troubles civils. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 25% des décès dans le monde sont dus à des maladies liées à la pollution de l’environnement, dont une grande partie est liée à la qualité des sols.
La transition écologique est également un enjeu économique. Les sols sont une ressource vitale pour l’agriculture, qui représente un secteur économique important dans de nombreux pays. En France, par exemple, l’agriculture représente 3,3% du PIB et emploie près de 3% de la population active. Cependant, la dégradation des sols peut entraîner une baisse de la productivité agricole et donc une perte de revenus pour les agriculteurs.
La restauration des sols dégradés est donc une priorité pour la transition écologique. Elle nécessite des investissements et des politiques publiques ambitieuses, comme le Partenariat mondial sur les sols de la FAO, qui vise à inscrire les sols dans les priorités mondiales et à résoudre les problèmes liés aux sols. Des actions concrètes peuvent être entreprises, comme la promotion de pratiques agricoles durables, la réduction de l’utilisation d’engrais chimiques, la plantation d’arbres pour restaurer les sols dégradés et la sensibilisation du grand public à l’importance de la préservation des sols.
Les conflits d’accès, d’usage et d’exploitation des sols
Les conflits d’accès, d’usage et d’exploitation des sols sont un enjeu majeur de la transition écologique. Les politiques publiques actuelles et futures doivent conjuguer avec d’innombrables impératifs techniques, environnementaux, culturels et économiques pour une utilisation plus responsable de la terre. L’évolution des paysages ruraux vers un espace multifonctionnel a mis en concurrence plusieurs acteurs pour l’utilisation d’une ressource ou d’un espace dont ils souhaitent faire des usages incompatibles. Selon Youmatter.world, les sols sont l’objet de nombreux conflits d’accès, d’usage et d’exploitation.
Sous les effets du changement climatique, les événements météorologiques deviennent de plus en plus fréquents et intenses, entraînant des sinistres et des coûts de dommages associés. Les structures légères, comme les maisons et les routes, construites sur des sols argileux très plastiques et sensibles aux phénomènes de retrait et de gonflement, subissent davantage de dégâts. Les conflits d’usage sont également constatés dans les projets sols et sites pollués, comme le souligne 20 Minutes.
Les chercheurs considèrent le sol (et ses ressources) comme un facteur pouvant limiter à la fois le bien-être humain et le développement économique. Les conflits éventuels qui résultent des tensions identifiées dans cette relation peuvent ainsi être mis en lumière. Les cartes illustrant l’utilisation du sol peuvent aider à détailler l’usage ou l’exploitation qui est fait d’une parcelle. Une parcelle occupée par des arbres feuillus peut correspondre à plusieurs utilisations, comme un jardin résidentiel, une zone industrielle ou bien encore une zone de loisirs.
Selon l’Insee, la part de la surface agricole utilisée des exploitations est de 43 % dans l’Ain. Les conflits d’accès, d’usage et d’exploitation des sols sont un enjeu majeur de la transition écologique, car les politiques publiques doivent conjuguer avec des impératifs techniques, environnementaux, culturels et économiques souvent contraires. Les conflits d’usage constituent surtout un des champs de mise en concurrence des acteurs pour l’utilisation d’une ressource ou d’un espace dont ils souhaitent faire des usages incompatibles.
Les moyens de concilier ces impératifs
Les politiques publiques peuvent jouer un rôle important dans la gestion durable des sols en s’appuyant sur plusieurs leviers. Elles peuvent notamment favoriser les pratiques agricoles durables en encourageant la diversification des cultures et l’utilisation de techniques respectueuses de l’environnement. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), la mise en place de pratiques agro-écologiques permettrait de réduire de 30% l’utilisation des pesticides et d’améliorer la qualité des sols.
Pour réduire la pollution des sols, les politiques publiques peuvent également encourager la réduction des déchets et de la pollution de l’air, qui ont un impact sur la qualité des sols. Le développement de pratiques de régénération des sols, comme la plantation d’arbres et l’utilisation de compost, peut également contribuer à améliorer la qualité des sols.
Les politiques publiques peuvent également soutenir les acteurs locaux dans leur gestion des sols en encourageant la mise en place de projets de gestion durable des sols, en favorisant l’implication des communautés locales et en fournissant des ressources pour la mise en œuvre de ces projets.
Enfin, les outils de gouvernance territoriale tels que le plan local d’urbanisme peuvent contribuer à une gestion durable des sols en réglementant l’utilisation des sols, en favorisant la préservation des espaces naturels et en limitant l’urbanisation.

