L’Europe face à l’urgence climatique : une hausse de 2,3°C depuis l’ère préindustrielle

L’Europe, ce vieux continent, se trouve aujourd’hui au cœur d’une crise sans précédent. Le thermomètre grimpe, et avec lui, les risques liés au réchauffement climatique. Une hausse de 2,3°C depuis l’ère préindustrielle, voilà le constat alarmant que nous dressons aujourd’hui.…

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L’Europe, ce vieux continent, se trouve aujourd’hui au cœur d’une crise sans précédent. Le thermomètre grimpe, et avec lui, les risques liés au réchauffement climatique. Une hausse de 2,3°C depuis l’ère préindustrielle, voilà le constat alarmant que nous dressons aujourd’hui.

L’année 2022 a marqué l’histoire climatique de l’Europe. Le continent a enregistré une hausse de 2,3°C par rapport à la fin du XIXe siècle, une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Ce constat, dressé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le réseau européen Copernicus, souligne l’urgence de la situation.

En effet, l’Europe se réchauffe à un rythme effréné. Depuis 1990, la hausse est de 0,5°C par décennie, soit deux fois plus vite que dans les cinq autres régions météorologiques mondiales. Cette accélération du réchauffement a des conséquences dramatiques : canicules et sécheresses exceptionnelles se multiplient.

L’année 2022 a été la plus chaude jamais enregistrée pour de nombreux pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. La région météorologique européenne a connu en 2022 sa deuxième année la plus chaude, après 2020.

Le réchauffement climatique en Europe n’est pas sans conséquences. Les températures élevées ont exacerbé les sécheresses intenses et généralisées, alimenté de violents incendies de forêt et fait des milliers de victimes. En 2022, les aléas météorologiques, hydrologiques et climatiques ont affecté directement 156 000 personnes et causé 16 365 décès, quasi exclusivement en raison des vagues de chaleur.

Les dommages économiques, en majorité liés à des inondations et des tempêtes, sont estimés à environ 2 milliards de dollars pour l’année 2022. Pendant que le thermomètre grimpait, les précipitations ont été inférieures aux normales dans une grande partie de l’Europe. La France a connu la période de janvier à septembre 2022 la plus sèche depuis 1976, causant des répercussions considérables sur l’agriculture et la production d’énergie.

Les glaciers des Alpes européennes ont connu une perte de masse record en une seule année, causée par de très faibles quantités de neige en hiver, un été très chaud et des dépôts de poussière saharienne. Depuis 1997, l’ensemble des glaciers européens ont perdu environ 880 km3 de glace.

Les températures moyennes à la surface de l’Atlantique nord ont été les plus chaudes jamais enregistrées, chaque vague de chaleur entraînant migrations et extinctions d’espèces et la perturbation de l’ensemble des écosystèmes marins.

L’année 2022 n’est malheureusement pas un cas unique ou une bizarrerie du climat. Carlo Buontempo, directeur de l’observatoire du changement climatique Copernicus (C3S) de l’Union européenne, a commenté que l’année s’inscrit dans une tendance qui va rendre les épisodes extrêmes de stress thermique plus fréquents et plus intenses dans toute la région.

En 2021, dernière année disponible pour des données consolidées, les concentrations dans l’atmosphère des trois principaux gaz à effet de serre (carbone, méthane et protoxyde d’azote) ont atteint leurs plus hauts niveaux. Et en 2022, des données de plusieurs sites montrent que les émissions des trois gaz ont continué à augmenter.

Cependant, une lueur d’espoir se dessine. En 2022, pour la première fois, les énergies solaires et éoliennes ont produit davantage d’électricité (22,3 %) que le gaz d’origine fossile (20 %) et le charbon (16 %) en Europe. Un pas vers la transition énergétique, mais qui reste insuffisant face à l’ampleur du défi climatique.

L’Europe face à l’adaptation au changement climatique : une mission pour 2023

Face à l’urgence climatique, l’Europe ne reste pas les bras croisés. Le 7 mars 2023, le PCN Climat-Energie a organisé une session de mise en réseau pour les acteurs intéressés par les appels 2023 de la Mission Adaptation au changement climatique. Cette initiative vise à encourager la collaboration et le partage d’idées pour faire face aux défis climatiques.

L’événement a permis aux participants de manifester leur intérêt pour un appel à proposition. Ils ont eu l’opportunité d’écouter ou de participer à une session de pitchs afin de partager avec les autres participants leurs compétences, offres et recherches de partenaires. Chaque participant a eu entre 2 et 3 minutes pour présenter ses compétences et ses offres.

Cette initiative a été ouverte à toute la communauté francophone. Bien que le support des pitchs devait être renseigné en anglais pour pouvoir être largement diffusé, il était possible de présenter en français ou en anglais. Cela a permis de créer un espace d’échange multiculturel et multilingue, favorisant la diversité des idées et des approches.

Le programme de l’événement a été conçu pour donner le plus de temps possible aux échanges entre participants. Le PCN a présenté rapidement la Mission et les appels à propositions 2023. Parmi ces appels, on retrouve des thématiques variées comme la résilience climatique du secteur agricole et forestier, la protection des infrastructures critiques face au changement climatique, ou encore la résilience face aux risques sanitaires causés par les effets du changement climatique.

Cette initiative montre que l’Europe est déterminée à s’adapter au changement climatique. Elle cherche à encourager la collaboration et l’innovation pour trouver des solutions transformant la crise en opportunité. C’est un pas important vers un avenir plus résilient et durable. Cependant, l’ampleur du défi climatique nécessite des efforts continus et une mobilisation de tous les acteurs de la société. L’avenir de l’Europe, et du monde, en dépend.

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