Défi climatique : le pari risqué du BECCS au Royaume-Uni

La stratégie énergétique du Royaume-Uni fait face à un défi majeur, mettant en avant la technologie du Biomass with Carbon Capture and Storage (BECCS) comme solution potentielle aux émissions de CO2. Cette approche, qui prétend utiliser la combustion de biomasse…

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La stratégie énergétique du Royaume-Uni fait face à un défi majeur, mettant en avant la technologie du Biomass with Carbon Capture and Storage (BECCS) comme solution potentielle aux émissions de CO2. Cette approche, qui prétend utiliser la combustion de biomasse pour créer des émissions négatives, soulève des questions cruciales sur la viabilité et l’intégrité de ses méthodes de comptabilisation du carbone. Des groupes environnementaux, sceptiques face à cette affirmation, ont engagé une action en justice contre le gouvernement britannique, contestant la logique sous-jacente de cette technologie.

Le BECCS se base sur une hypothèse simple : les arbres et les plantes absorbent le CO2 de l’atmosphère lors de leur croissance. Ainsi, en brûlant de la biomasse pour produire de l’électricité et en capturant les émissions associées pour les stocker sous terre, on créerait des émissions négatives. Toutefois, cette théorie est remise en question par de nombreux scientifiques et écologistes. Ils soulignent que les émissions négatives ne se concrétiseront que lorsque de nouveaux arbres seront plantés et auront suffisamment grandi pour absorber une quantité de dioxyde de carbone équivalente – un processus connu sous le nom de période de remboursement du carbone, qui peut prendre plusieurs décennies.

La stratégie biomasse du gouvernement britannique, publiée en août, souligne que de véritables suppressions de carbone ne sont possibles que si la biomasse est « bien réglementée », c’est-à-dire si elle est obtenue de manière durable avec une certification appropriée pour éviter la déforestation. Cependant, les militants affirment que le BECCS ne peut au mieux être compté que comme zéro émission et ne peut certainement pas contribuer à des émissions négatives à court terme.

Selon les règles comptables de l’ONU, la récolte du bois est considérée comme une source de carbone qui ajoute du CO2 à l’atmosphère et est traitée comme zéro dans le secteur de l’énergie pour éviter une double comptabilisation des émissions. Compter à nouveau les émissions lorsque la biomasse est brûlée est donc soit une erreur mathématique, soit une astuce de comptabilité carbone.

Les répercussions de cette affaire légale au Royaume-Uni pourraient aller au-delà des frontières britanniques, ayant des conséquences à travers la Manche, où l’Union européenne promeut le BECCS comme une technologie à émissions négatives. La Commission européenne a présenté un projet visant à certifier les suppressions de dioxyde de carbone de l’atmosphère avec de nouvelles règles européennes pour la vérification par des tiers, la gestion des systèmes de certification et le fonctionnement des registres.

Le promoteur du projet BECCS de Stockholm, Stockholm Exergi, n’a pas répondu à la demande de commentaire d’Euractiv. Cependant, la controverse entourant le BECCS souligne le besoin urgent d’une évaluation approfondie et transparente des technologies de capture et de stockage du carbone, en particulier lorsqu’elles sont présentées comme des solutions au changement climatique.

Les Enjeux du BECCS au Royaume-Uni : Vers une Énergie Durable ou un Mirage Environnemental ?

Le Royaume-Uni, engagé dans une transition énergétique, mise actuellement sur le Bioenergy with Carbon Capture and Storage (BECCS) pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO2. Cette technologie, bien que présentée comme une solution prometteuse, suscite un débat animé et controversé.

Développement du BECCS et Controverses

Récemment, le gouvernement britannique a confirmé son engagement envers le BECCS, avec notamment le projet de la station de Drax, un investissement de 2 milliards de livres sterling. Cependant, ce projet a été mis en pause en attendant plus de clarté de la part du gouvernement. En parallèle, des groupes environnementaux ont entamé des procédures judiciaires contre le gouvernement britannique. La Lifescape Project, appuyée par le Partnership for Policy Integrity (PPI), conteste les calculs sur lesquels repose la technologie BECCS, arguant que les processus censés aboutir à des émissions nettes zéro dépendent fortement des types de produits biologiques utilisés.

Violation des Protocoles Internationaux

Les plaignants affirment que la stratégie biomasse du gouvernement, qui repose sur le BECCS pour générer des émissions négatives, viole les protocoles internationaux de comptabilité carbone, notamment ceux de l’Accord de Paris. Ce désaccord soulève des questions sur la validité des affirmations du gouvernement selon lesquelles le BECCS pourrait non seulement atteindre le net-zéro, mais aussi générer des émissions négatives.

La Problématique du Délai de Retour du Carbone

Des scientifiques s’interrogent sur la durée nécessaire pour que les émissions négatives deviennent une réalité, le soi-disant « délai de retour du carbone ». Ils mettent en doute la capacité de la technologie BECCS à avoir un impact tangible sur les objectifs de net-zéro pour 2050, vu que le délai pour compenser le carbone émis pourrait être trop long pour rester significatif dans les efforts climatiques actuels.

Liens avec la Déforestation et le Greenwashing

Des preuves suggèrent que certains granulés de bois utilisés pour la bioénergie sont liés à la déforestation en Amérique du Nord. Cette réalité contredit les conseils du panel consultatif du gouvernement, qui reconnaît que de véritables suppressions de carbone ne sont possibles que si la biomasse est « bien réglementée » et durablement source. De plus, l’utilisation de la bioénergie a été critiquée pour du greenwashing et des dommages environnementaux sérieux, comme le souligne une enquête d’Ofgem, le régulateur de l’énergie au Royaume-Uni, sur la conformité de Drax aux règles de durabilité.

Impact Potentiel au-delà des Frontières Britanniques

Les plaignants espèrent que l’issue du cas aura des répercussions sur le continent européen, où l’UE promeut également le BECCS comme une forme d’énergie à émissions négatives. Cependant, des doutes subsistent quant à la capacité réelle de cette technologie à produire des émissions négatives, plutôt que simplement zéro émission.

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