L’Algérie, un acteur majeur du marché gazier, fournit une part significative du gaz consommé en Europe. La France, bien qu’ayant diversifié ses sources, conserve des liens énergétiques avec ce pays d’Afrique du Nord. Une interruption des livraisons gazières algériennes, bien que peu probable, mérite une analyse détaillée de ses impacts économiques potentiels sur l’Hexagone. Cet article examine les différents aspects de cette problématique, en s’appuyant sur des données récentes et chiffrées.
Une dépendance française limitée, mais réelle
Le gaz algérien représente une portion limitée des importations gazières françaises. Il constitue environ 8 % du total. Cette proportion, bien qu’inférieure à celle d’autres fournisseurs, reste notable.
La France a néanmoins pris des mesures pour diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment depuis la crise ukrainienne. Elle importe du gaz de Norvège, des États-Unis et d’autres pays producteurs.
Cette stratégie réduit la vulnérabilité face à une éventuelle coupure. En 2023, l’Algérie a exporté 52 milliards de m3 de gaz naturel, dont 18 milliards de m3 sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Elle vise à porter ses exportations à 100 milliards de m3, ce qui démontre son ambition sur ce marché.
Fluctuations des prix et recherche d’alternatives coûteuses
Une interruption des livraisons algériennes entraînerait probablement une hausse des prix du gaz sur le marché français. La loi de l’offre et de la demande dicterait cette augmentation. Les consommateurs français, particuliers comme entreprises, subiraient cette hausse.
La recherche de sources alternatives d’approvisionnement engendrerait des coûts supplémentaires. Ces coûts se répercuteraient inévitablement sur la facture énergétique. Toutefois, la diversification déjà amorcée par la France atténuerait cet impact.
Les contrats à long terme avec d’autres fournisseurs garantiraient un certain niveau de sécurité. L’Algérie représentait 10 % des importations européennes de GNL en 2023, contre 8 % en 2022. Elle est devenue le premier fournisseur de gaz naturel de l’Europe, avec une part de marché de 21 %.
Répercussions pour les entreprises françaises et la balance commerciale
Des entreprises françaises, notamment TotalEnergies et Engie, ont des intérêts dans le secteur gazier algérien. Une rupture des approvisionnements pourrait affecter leurs activités et leurs revenus.
Des pertes financières seraient envisageables. D’autres entreprises françaises présentes en Algérie pourraient rencontrer des difficultés accrues. Les relations commerciales franco-algériennes, qui s’élèvent à environ 11 milliards d’euros, seraient impactées.
Une crise dans le secteur gazier pourrait déborder sur d’autres domaines économiques. La balance commerciale entre les deux pays s’en trouverait modifiée. En septembre 2024, l’Algérie a exporté 9 715 gigawattheures (GWh) de gaz vers l’Espagne. Sur les 9 premiers mois de 2024, ce chiffre atteint 93 990 GWh pour l’Espagne.
Une rupture peu probable au vu des intérêts mutuels
Malgré les tensions diplomatiques ponctuelles, une coupure brutale des livraisons de gaz algérien à la France semble improbable. L’Algérie a tout intérêt à respecter ses engagements contractuels. Elle préserve ainsi sa crédibilité sur le marché international de l’énergie. Les intérêts économiques mutuels entre la France et l’Algérie constituent un garde-fou important. Ces liens forts incitent à privilégier le dialogue et la coopération.
La France a des arguments pour négocier. La diversification de ses sources d’approvisionnement lui confère une marge de manœuvre appréciable. L’Algérie, quant à elle, a besoin des revenus générés par ses exportations de gaz. La production de gaz de l’Algérie a atteint 136 milliards de m3 en 2023, contre 132,7 milliards de m3 en 2022. Son objectif est d’augmenter encore ses exportations dans les années à venir.

