La voiture électrique franchit 27,5 % du marché en France en début 2026
,

La voiture électrique franchit 27,5 % du marché en France en début 2026

Jamais la transition électrique n’avait progressé aussi vite sur le marché automobile français. Sur les deux premiers mois de 2026, 62 677 véhicules 100 % électriques ont été immatriculés en France, portant la part de marché à 27,5 % avec…

·

Jamais la transition électrique n’avait progressé aussi vite sur le marché automobile français. Sur les deux premiers mois de 2026, 62 677 véhicules 100 % électriques ont été immatriculés en France, portant la part de marché à 27,5 % avec une croissance de +38,5 % par rapport à janvier-février 2025. Pendant ce temps, les ventes de voitures à moteur thermique pur s’effondrent à une vitesse historique, redessinant en profondeur le paysage du marché automobile français.

Les chiffres de janvier-février 2026 : un démarrage d’année inédit

En janvier 2026, 33 302 voitures électriques ont été immatriculées, selon le baromètre mensuel publié par l’AVERE-France le 11 février 2026. C’est une hausse de +50 % par rapport à janvier 2025, dans un marché global pourtant en recul de 6,55 %, à son plus bas niveau depuis quinze ans hors crise des semi-conducteurs. Les véhicules électriques représentent ainsi 25,3 % du marché total en janvier, soit 28,6 % des seules voitures particulières.

En février 2026, la dynamique s’est poursuivie : l’AVERE-France recense 35 683 immatriculations électriques (+27,3 % sur un an), dans un contexte de marché global en baisse de 15 %. La part de marché s’établit à 23,8 % tous véhicules confondus. Le cumul janvier-février atteint donc 62 677 unités, pour une part de marché cumulée de 27,5 % — un record historique pour cette période de l’année, confirmé par les données publiées par AAA Data le 1er mars 2026.

Ce qui frappe davantage encore, c’est le revers de la médaille thermique. Sur deux mois, les ventes de voitures à essence et diesel sans motorisation hybride ne représentent plus que 39 155 unités — soit moins que les seules immatriculations électriques. La décarbonation du marché automobile français n’est plus une tendance : c’est une bascule structurelle.

Palmarès des modèles : Renault règne, Tesla revient en force

La Renault 5 E-Tech s’impose comme la voiture électrique la plus vendue sur la période. En janvier, elle totalise 6 591 immatriculations, soit plus de 10 % du marché électrique à elle seule, dopée par les livraisons issues du dispositif de leasing social. Elle devance la Renault Scénic E-Tech (1 945 unités, +87,5 % sur un an) et la Peugeot e-208 (1 666 unités, +28,5 %), vendue à 82 % à des particuliers.

En février, le classement se réorganise : la Tesla Model Y reprend la tête avec 3 036 immatriculations (+53,4 %), devant la Renault 5 (2 666 unités) et le Scénic E-Tech (2 131 unités). La Citroën e-C3 (1 345 unités) confirme son ancrage dans les segments accessibles. À signaler également, la Kia EV2, nouveau SUV urbain lancé à 26 670 euros dont les commandes ont ouvert en mars 2026, qui promet d’intensifier la concurrence sur le segment des petits électriques abordables.

Les marques françaises dominent toujours leur marché domestique : Renault signe à lui seul 6 492 immatriculations en février (+38 %), devant Peugeot (3 896 unités, +36 %) et Tesla (3 715 unités, +55 %). Les marques asiatiques restent marginales en France — environ 2,3 % des immatriculations de particuliers en 2025 —, malgré leur progression en Europe (+80 % sur un an). Les droits de douane compensatoires décidés par la Commission européenne, atteignant 47,6 % pour les véhicules SAIC (MG) et 27,4 % pour BYD, freinent mécaniquement leurs parts de marché sur le sol français.

Le réseau de recharge approche les 200 000 points publics

L’infrastructure de recharge suit une progression parallèle aux ventes. Selon le baromètre conjoint de l’AVERE-France et de GIREVE publié le 10 mars 2026, la France comptait 190 878 points de recharge ouverts au public fin février 2026, contre 159 000 il y a un an — soit une croissance de +20 % en un an. Le seuil symbolique des 200 000 points devrait être franchi d’ici la fin du premier trimestre 2026.

La densité progresse dans toutes les régions : l’Île-de-France mène avec 32 757 points, devant Auvergne-Rhône-Alpes (23 035) et Nouvelle-Aquitaine (19 746). La rapidité de charge s’améliore aussi : 71 % des bornes installées sur les aires d’autoroute délivrent désormais plus de 150 kW, permettant de recharger l’équivalent de 150 km d’autonomie en moins de 15 minutes sur les véhicules compatibles avec le nouveau standard ISO 15118, obligatoire depuis le 8 janvier 2026 pour toute nouvelle installation publique.

L’objectif national — 400 000 points de recharge publics d’ici 2030, dont 50 000 bornes à charge rapide — reste atteignable si la dynamique actuelle se maintient. Au-delà du réseau public, l’installation d’une borne de recharge à domicile bénéficie d’un crédit d’impôt de 500 euros, cumulable avec les aides à l’achat.

Aides à l’achat en 2026 : le bonus et le leasing social

Plusieurs dispositifs financiers soutiennent l’accélération des ventes. Depuis juillet 2025, le bonus écologique est financé par les Certificats d’économies d’énergie (CEE), le déconnectant du budget de l’État. Selon le ministère de la Transition écologique, les montants applicables en 2026 sont :

  • 5 700 euros pour les ménages aux revenus très modestes ;
  • 4 700 euros pour les ménages modestes ;
  • 3 500 euros pour les autres ménages.

Un surbonus batterie européenne — entre 1 200 et 2 000 euros supplémentaires — est cumulable pour les véhicules équipés de batteries fabriquées en Europe. Un ménage à revenus très modestes peut ainsi bénéficier jusqu’à 7 700 euros d’aide totale. Ces montants s’appliquent aux voitures dont le prix est inférieur à 47 000 euros, le poids inférieur à 2 400 kg et le score environnemental supérieur à 60 points — un critère qui favorise les productions européennes et pénalise les importations chinoises.

Une troisième édition du leasing social est opérationnelle depuis le 30 septembre 2025, avec des loyers mensuels dès 82 euros (Citroën e-C3) ou 120 euros (Renault 5 E-Tech). Réservé aux actifs parcourant plus de 8 000 km par an à titre professionnel ou plus de 15 km de trajet domicile-travail, ce dispositif cible prioritairement les ménages modestes et les zones rurales : 55 % des bénéficiaires de l’édition précédente résidaient hors des zones urbaines denses, et 45 % appartenaient aux trois premiers déciles de revenus. Le bonus et le leasing social ne sont pas cumulables — il faut choisir le dispositif le plus avantageux selon sa situation.

La France en tête en Europe, cap sur 50 % d’électrique d’ici 2030

Les données publiées par l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) le 24 mars 2026 placent la France parmi les marchés les plus dynamiques d’Europe : avec +38,5 % sur janvier-février 2026, elle devance tous les grands marchés du continent. La moyenne européenne s’établit à 18,8 % de part de marché BEV sur la même période — soit 9 points de moins que la France.

Le recul des motorisations thermiques pures est encore plus marqué en France qu’ailleurs : les ventes d’essence sans hybridation ont chuté de 48,5 % sur un an, un record parmi les grandes économies européennes. Conjuguée à la baisse du marché global (-11 %), cette évolution traduit un report massif vers l’électrique, accéléré par les dispositifs d’aide et la compétitivité croissante des modèles disponibles. Le prix moyen d’un véhicule électrique neuf en France s’établissait à 41 137 euros en janvier 2026, selon AAA Data — soit une baisse de 3 % par rapport à janvier 2025, portée notamment par l’essor de modèles d’entrée de gamme.

Le Plan National Énergie-Climat vise 50 à 66 % d’électrique dans les immatriculations d’ici 2030, avant la fin des ventes de véhicules thermiques neufs fixée à 2035 par le règlement européen. Du point de vue du coût total, la bascule est déjà rentable pour les grands rouleurs : à domicile en heures creuses, le coût kilométrique en électricité tombe à environ 2,50 euros pour 100 km, contre 12 euros pour un moteur essence à 1,72 euro le litre — soit une économie d’environ 1 900 euros par an à 15 000 km selon les calculs de l’ADEME. Notre guide sur les prix de l’énergie détaille les méthodes pour optimiser ses contrats et réduire sa facture.

Pour les propriétaires souhaitant coupler la recharge de leur véhicule à une production solaire domestique, l’autoconsommation photovoltaïque offre des synergies croissantes : notre guide sur les panneaux solaires en autoconsommation présente les solutions disponibles en 2026. Et pour comprendre les grandes tendances qui façonnent la mobilité de demain — smart grids de recharge, technologie V2G, batteries solides —, notre panorama des énergies du futur offre des éclairages complémentaires.

Ce dynamisme du marché s’appuie sur une infrastructure de recharge en France qui dépasse désormais 185 501 points publics (+20 % en un an), avec l’obligation ISO 15118 depuis janvier 2026 et les nouveaux barèmes du programme Advenir dès avril.

Depuis, la progression s’est encore accélérée : en mars 2026, la voiture électrique a établi un nouveau record historique à 28,5 % de part de marché, avec près de 50 000 unités vendues en un seul mois.

📖 Sommaire


📂 Catégorie

,

Articles similaires