Granulés de bois pellets dans un sac en toile de jute devant un poêle à bois moderne - marché du pellet et EO2 en 2026
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EO2 et le marché du pellet en 2026 : pourquoi le granulé de bois va exploser

Analyse approfondie du Groupe EO2 (ALEO2), 3e producteur français de granulés, et du marché du pellet en pleine explosion. Avec un pétrole à 104 $/baril, un gaz en hausse de 20 % et un fioul à +61 %, le granulé…

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Mis à jour le 2 avril 2026 — Alors que le pétrole dépasse les 100 dollars le baril, que le gaz naturel flambe à 55 EUR/MWh sur le marché TTF et que le fioul domestique a bondi de 60 % en trois mois, une énergie de chauffage tire son épingle du jeu : le granulé de bois. Avec un coût de 7 centimes le kWh — deux à trois fois moins cher que le gaz ou l’électricité —, le pellet s’impose comme l’alternative la plus compétitive et la plus stable du marché. Au coeur de cette révolution, une entreprise française cotée en Bourse attire l’attention des investisseurs avisés : EO2 (Euronext Growth, ticker ALEO2), 3e producteur national de granulés, dont la capitalisation boursière de 7 millions d’euros semble dérisoire au regard de ses actifs et de son potentiel.

Le contexte énergétique d’avril 2026 : la tempête parfaite pour les énergies fossiles

Le printemps 2026 marque un tournant historique sur les marchés de l’énergie. Le conflit au Moyen-Orient, avec les frappes américano-israéliennes sur l’Iran depuis début mars, a provoqué le blocage partiel du détroit d’Ormuz — par lequel transitent 20 % du pétrole et du GNL mondial. Les conséquences sont immédiates et brutales.

Pétrole : le Brent au-dessus de 100 dollars

Le cours du Brent a bondi de 34 % sur le seul mois de mars 2026, la plus forte hausse mensuelle depuis 1988 selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Au 31 mars, le baril s’échangeait à 104,24 USD. Goldman Sachs anticipe un maintien au-dessus de 110 USD au deuxième trimestre, avec un scénario extrême à 180 USD si les perturbations persistent sur les infrastructures saoudiennes.

Gaz naturel : retour aux niveaux de crise

Le prix du gaz TTF européen a atteint 65 EUR/MWh début mars — des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis la crise de 2022-2023. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une hausse de 19,67 % du prix repère du gaz en mai 2026. Les stocks européens sont à seulement 28,4 % de capacité — bien en dessous de la moyenne quinquennale. Plusieurs fournisseurs français (Mint Énergie, Octopus Energy, Ohm Énergie) ont suspendu leurs offres à prix fixe, signe de la gravité de la situation.

Fioul domestique : le coup de massue

Le fioul domestique a atteint 1 785 EUR les 1 000 litres au 2 avril 2026, contre 1 108 EUR en janvier — soit une hausse de 61 % en trois mois selon PrixFioul.fr. Dix pour cent des stations-service françaises sont en rupture d’au moins un carburant. À cela s’ajoutent le doublement de la TICGN (de 8,37 à 16,37 EUR/MWh), la hausse de la TICPE au 1er février 2026, et l’augmentation de 27 % des obligations CEE depuis janvier.

En résumé : les trois principales énergies fossiles de chauffage (gaz, fioul, propane) sont simultanément en crise de prix et d’approvisionnement, dans un contexte géopolitique qui ne montre aucun signe d’apaisement à court terme.

Le granulé de bois : l’énergie de chauffage la moins chère de France

Face à cette flambée des fossiles, le granulé de bois affiche une stabilité remarquable. Selon Propellet France, le prix du pellet au T2 2025 s’établissait à 7,50 centimes/kWh en vrac et 7,56 centimes/kWh en sacs — l’énergie de chauffage la moins chère du marché, et de très loin.

Énergie Prix EUR/kWh (2026) Budget annuel (maison 100 m²) Écart vs granulés
Granulés de bois (vrac) 0,07 – 0,08 1 050 – 1 200 EUR Référence
Gaz naturel 0,11 – 0,14 1 650 – 2 100 EUR +57 à +75 %
Fioul domestique 0,11 – 0,18 1 650 – 2 700 EUR +57 à +125 %
Gaz propane 0,16 – 0,18 2 400 – 2 700 EUR +129 %
Électricité 0,19 – 0,27 2 850 – 4 050 EUR +171 à +237 %

Pour une maison de 100 m², se chauffer aux granulés coûte entre 1 050 et 1 200 EUR par an, contre 1 650 à 2 700 EUR au gaz ou au fioul, et jusqu’à 4 050 EUR à l’électricité. L’écart s’est encore creusé avec la flambée de mars-avril 2026 : un ménage chauffé au fioul paie désormais plus du double de ce qu’il paierait aux granulés.

Un bilan carbone imbattable

Au-delà du prix, le granulé bois est aussi l’une des énergies les plus propres. Selon l’ADEME, les émissions sur cycle de vie sont de 30 à 42 g CO2eq/kWh pour les granulés, contre 222 g pour le gaz et jusqu’à 466 g pour le fioul — soit 5 à 11 fois moins. Et contrairement aux fossiles, le bois est neutre en carbone : le CO2 émis à la combustion est celui absorbé par l’arbre pendant sa croissance. En France, la forêt croît de +0,7 % par an — il pousse plus de bois qu’on n’en coupe.

Énergie g CO2eq/kWh Ratio vs granulés
Granulés de bois 30 – 42 Référence
Électricité (mix FR) 105 – 180 x 2,5 à x 4
Gaz naturel 205 – 222 x 5 à x 7
Fioul domestique 324 – 466 x 8 à x 11

De plus, les appareils modernes à granulés émettent jusqu’à 400 fois moins de particules fines qu’un foyer ouvert à bûches. Le chauffage aux granulés, c’est le meilleur des deux mondes : économique et écologique.

Le marché du pellet en France : une filière solide en pleine expansion

La France est le 2e producteur européen de granulés de bois, derrière l’Allemagne. La filière nationale est structurée, mature et en croissance.

Production et consommation

Année Production (Mt) Consommation (Mt) Nb usines
2021 1,8 1,9 ~60
2022 2,2 2,5 ~65
2023 2,36 2,4 ~70
2024 2,12 2,3 ~73
2025 2,2 2,4 ~75
2028 (objectif) 3,0 – 4,0 3,5+ 135

Avec 135 sites de production recensés (atlas Bioénergie International), dont 10 dépassant 100 000 tonnes/an, la France couvre 85 % de sa consommation par la production nationale. La filière emploie plus de 20 000 personnes et vise un doublement de capacité d’ici 2028.

Un parc d’appareils en forte croissance

Fin 2025, plus de 2 millions de foyers français se chauffent aux granulés (poêles + chaudières). La filière a traversé une crise de confiance en 2023-2024 (effondrement des ventes de 63 % pour les poêles et 75 % pour les chaudières après la spéculation de 2022), mais la reprise est amorcée : au premier semestre 2025, les ventes de poêles progressent de 35 % et celles de chaudières de 22 % selon Propellet France. L’objectif pour 2030 est de 3,2 millions de poêles et 400 000 chaudières installés.

Les collectivités, relais de croissance massif

Au-delà du résidentiel, les collectivités locales sont un moteur puissant de la demande. La France comptait fin 2023 plus de 2 500 chaufferies collectives aux granulés et 1 451 chaufferies biomasse de plus d’1 MW (14 845 MW thermiques cumulés). Le nombre de chaufferies de 70 à 150 kW a doublé entre 2019 et 2023, et celui des 150 à 300 kW a été multiplié par cinq.

Voici quelques exemples concrets de bâtiments publics chauffés aux granulés :

  • Collège des Aiguerelles + écoles, Montpellier (34) — Chaufferie granulés 300 kW remplaçant 3 chaudières gaz, alimentant 8 611 m². Résultat : 91 tonnes de CO2 évitées par an, coût de 358 000 EUR HT dont 270 000 EUR de subventions.
  • Morlaix Communauté (29) — Achat groupé de pellets pour les bâtiments publics de 26 communes (mairies, écoles, EHPAD). 200 000 EUR de pouvoir d’achat économisés, jusqu’à 20 % d’économies sur les coûts de chauffage.
  • Lycée Jacques Brel, Saint-Pons-de-Thomières (34) — 2 chaudières biomasse de 150 kW alimentant l’internat, les classes et la cuisine.
  • Grenoble-Alpes Métropole — L’un des plus grands réseaux de chaleur urbain de France : 7 villes, plus de 100 000 logements, dont 39 % de l’énergie provient de la biomasse.
  • Campus ENAC Toulouse — Chaufferie granulés/bois déchiqueté, réseau de chaleur de 2,3 km couvrant 41 % des besoins (5,7 GWh/an).

Les trois quarts des chaufferies biomasse en France relèvent de collectivités locales ou d’établissements publics, selon l’ADEME.

Le marché européen : une demande structurelle en hausse

L’Europe représente 72,4 % de la demande mondiale de granulés de bois. Plus de 5,6 millions de ménages européens se chauffent aux pellets. Le marché européen est estimé à 13,29 milliards de dollars en 2026, avec une croissance de 30 à 40 % prévue entre 2021 et 2026 selon Mordor Intelligence.

Plusieurs facteurs structurels alimentent cette demande :

  • Réglementation allemande : interdiction des chaudières fioul dès 2026 dans les villes de plus de 100 000 habitants.
  • Taxe carbone européenne (ETS2) prévue pour 2027-2028 : elle taxera directement les émissions CO2 du chauffage des bâtiments. À 60 EUR/tonne, l’impact sera de +12 EUR/MWh sur le gaz. À 200-300 EUR/t (projection 2030), jusqu’à +1 400 EUR/an pour un logement chauffé au gaz selon la Fondation Bertelsmann. Le granulé bois, classé renouvelable et neutre en carbone, est exempté de cette taxe.
  • PPE3 en France (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, publiée le 13 février 2026) : elle vise 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable d’ici 2035, contre 172 TWh en 2023. La biomasse est un pilier central de cette stratégie.

EO2 : radiographie d’un acteur sous-évalué du pellet français

Dans ce paysage, le Groupe EO2 (Euronext Growth Paris, code ALEO2, ISIN FR0010465534) mérite une analyse approfondie. Fondée en 2006 par Guillaume Poizat et Grégoire Detraux, cette société anonyme basée à Malakoff est le 3e producteur français de granulés de bois.

Un modèle intégré sur 4 métiers

EO2 ne se contente pas de produire : elle opère sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  1. Production industrielle — Usine de Saint-Germain-près-Herment (Puy-de-Dôme), capacité de 80 000 à 90 000 tonnes/an, certification DINplus. Investissement initial de 9,3 millions d’euros.
  2. Trading et import — Accord de distribution exclusif avec un producteur espagnol, permettant d’atteindre plus de 200 000 tonnes commercialisées par an (production + négoce).
  3. Réseau de distribution — 250 distributeurs à travers la France (négociants fioul, vendeurs de bois, revendeurs de poêles).
  4. Services énergétiques (WEYA) — Installation, maintenance et financement de chaudières bois, créée en 2009 en partenariat avec Bernard Leblanc, ancien DG délégué de GDF.

Deux marques, deux segments

Marque Positionnement Produits Certification
EO2 Premium / qualité traçable Granulés sacs 10 et 15 kg, vrac, bûches densifiées Jour et Nuit DINplus 7A106
PIKS Rapport qualité-prix Granulés sacs 15 kg DINplus

Les spécifications techniques des granulés EO2 dépassent les normes : humidité de 6-7 % (norme : ≤10 %), durabilité de 98-98,6 % (norme : >97,5 %), pouvoir calorifique de 4,6-5,3 kWh/kg. Chaque sac est tracé par numéro d’identification, avec des contrôles quotidiens internes et externes par laboratoire certifié indépendant.

Résultats financiers : un creux conjoncturel, pas structurel

Comme l’ensemble de la filière, EO2 a subi le contrecoup de la crise de 2022-2023 (spéculation sur les prix des pellets suivie d’un effondrement de la demande). Les chiffres annuels (source : Boursorama) reflètent cette dynamique sectorielle :

Exercice CA (M EUR) EBITDA (M EUR) Résultat net (M EUR) Commentaire
2020-2021 25 3 ~0 Croissance régulière
2021-2022 31 3 1 Accélération
2022-2023 40 9 5 Année exceptionnelle (crise énergétique)
2023-2024 34 4 1 Normalisation
2024-2025 30,2 0,7 -0,1 Point bas du cycle

L’exercice 2024-2025 (clos au 28 février 2025) a été le plus difficile : CA en baisse de 11,5 % à 30,2 M EUR, EBITDA de seulement 0,7 M EUR et résultat net quasi nul (-93 000 EUR). L’activité granulation a reculé de 21,6 % en chiffre d’affaires, principalement à cause de la baisse des prix de vente dans un marché très concurrentiel. La dépréciation d’un actif de la filiale C3L (1,3 M EUR) a pesé sur le résultat d’exploitation, qui ressort à -1,5 M EUR.

Semestre 1 2025-2026 : les premiers signes de reprise

Les résultats semestriels publiés le 30 décembre 2025 montrent une stabilisation encourageante :

Indicateur S1 2025-2026 S1 2024-2025 Évolution
CA total 16,6 M EUR 16,7 M EUR Stable
CA Granulation 13,3 M EUR 13,8 M EUR -4,1 %
CA Services énergétiques 3,4 M EUR 2,9 M EUR +17 %
EBITDA 1,7 M EUR 1,2 M EUR +42 %
Résultat d’exploitation 0,3 M EUR Retour au bénéfice
Free cash flow +0,4 M EUR Positif

L’EBITDA a bondi de 42 % à 1,7 M EUR. Le résultat d’exploitation est redevenu positif à 0,3 M EUR (marge de 1,7 %). Les services énergétiques (WEYA) progressent de 17 %. Le free cash flow est positif à 0,4 M EUR. C’est le signal d’un retournement.

Un bilan solide et une décote boursière massive

C’est ici que l’analyse devient particulièrement intéressante pour l’investisseur :

Indicateur Valeur
Capitaux propres (part du groupe) 19,7 M EUR
Valeur comptable par action 8,48 EUR
Cours de bourse 2,76 EUR
Capitalisation boursière ~6,6 M EUR
Trésorerie brute 4,2 M EUR
Dettes financières brutes 11,4 M EUR (dont 5,8 M EUR crédit-bail)
Endettement net 7,2 M EUR
Nombre d’actions 2 404 148
Price/Book 0,33x
Trésorerie par action 1,61 EUR

Le marché valorise EO2 à seulement 0,33 fois ses capitaux propres. Autrement dit, on achète 1 EUR d’actif net pour 33 centimes. La valeur comptable par action est de 8,48 EUR — soit plus de 3 fois le cours actuel de 2,76 EUR. La seule trésorerie brute (4,2 M EUR, soit 1,61 EUR par action) représente déjà 58 % du cours de bourse. C’est une décote exceptionnelle, même pour une microcap sur Euronext Growth.

Des catalyseurs de croissance identifiés

Plusieurs éléments pourraient déclencher une revalorisation significative du titre :

  1. Projet d’usine dans le Jura — Capacité prévue de 120 000 tonnes/an, en cours d’instruction. Ce projet doublerait quasiment la capacité de production propre d’EO2.
  2. Ambition de 7 usines supplémentaires sur les grands massifs forestiers français — un plan industriel de long terme qui positionne EO2 comme un futur leader national.
  3. Nouvelle presse de production prévue pour des gains de productivité, avec un plein bénéfice attendu en 2026.
  4. Croissance du pôle Services énergétiques (+17 % au S1) — diversification vers un modèle récurrent (maintenance, financement de chaudières).
  5. Contexte énergétique exceptionnel d’avril 2026 qui rend le pellet massivement plus attractif que les fossiles, tant pour les particuliers que pour les collectivités.

Points de vigilance

Tout investissement comporte des risques, et EO2 n’échappe pas à la règle :

  • Liquidité faible — Micro-capitalisation sur Euronext Growth, volumes d’échanges limités. Il peut être difficile de constituer ou de liquider une position importante.
  • Aucune couverture analyste — Pas de consensus, pas d’objectif de cours publié. Le titre évolue sous les radars.
  • Concurrence des pompes à chaleur (PAC) — Les PAC captent une part croissante du marché de la rénovation énergétique.
  • Baisse des aides publiques en 2026 — MaPrimeRénov’ n’est plus éligible pour la chaudière à granulés en mono-geste, les CEE ont été divisés par 3.
  • Restructuration de WEYA en cours — La filiale services énergétiques fait l’objet d’une revue stratégique dont l’issue est incertaine.
  • Gouvernance — Un membre du forum Boursorama signalait en février 2026 un manque de diligence des dirigeants dans la déclaration de leurs opérations sur titres à l’AMF.

Pourquoi le pellet va connaître une explosion massive

L’analyse convergente des facteurs macroéconomiques, réglementaires et géopolitiques pointe vers une conclusion claire : le granulé de bois est au début d’un supercycle de croissance. Voici les sept raisons fondamentales :

1. La hausse structurelle des fossiles

Ce n’est pas un accident conjoncturel. Entre le conflit Iran-Israël, la fin des achats de gaz russe par l’UE (interdiction du GNL russe prévue pour janvier 2027), les stocks européens historiquement bas (28,4 %), et l’indexation automatique des taxes sur l’inflation, les prix des énergies fossiles sont structurellement orientés à la hausse. La volatilité est devenue la norme.

2. La taxe carbone ETS2 : le game changer

À partir de 2027-2028, le système ETS2 va directement taxer les émissions CO2 du chauffage des bâtiments. À 60 EUR/t CO2, un ménage chauffé au gaz paiera 12 EUR/MWh de plus. À 200-300 EUR/t (projection 2030), c’est jusqu’à 1 400 EUR/an de surcoût. Le granulé bois, classé neutre en carbone, est exempté. C’est un avantage compétitif structurel et durable.

3. La RE2020 interdit les chaudières gaz dans le neuf

Depuis les seuils 2025, les chaudières gaz seules ne peuvent plus respecter le plafond de 4 kg CO2/m²/an en construction neuve. La réglementation s’étend à 10 nouvelles typologies de bâtiments tertiaires depuis janvier 2026. Les poêles à granulés Flamme Verte 7 étoiles, eux, sont conformes RE2020 pour des surfaces allant jusqu’à 100 m².

4. Une filière souveraine à 85 % nationale

Contrairement au gaz (importé à 99 %) et au pétrole (importé à 100 %), le granulé bois est produit à 85 % sur le territoire français. Dans un contexte où l’indépendance énergétique est devenue une priorité absolue (la France dépense plus de 60 milliards EUR/an en importations de fossiles), le pellet coche toutes les cases de la souveraineté.

5. La PPE3 mise sur la biomasse

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie publiée le 13 février 2026 vise 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable d’ici 2035, contre 172 TWh en 2023. Le bois représente déjà 40 % des énergies renouvelables en France et plus de 60 % de la chaleur renouvelable. L’objectif est de créer 120 000 emplois supplémentaires d’ici 2030.

6. Le marché mondial explose

Le marché mondial du pellet est passé de 10,5 milliards de dollars en 2020 à un estimé de 15,6 milliards en 2026, avec un taux de croissance annuel de 7,28 %. La consommation mondiale a atteint 43 millions de tonnes en 2024, en hausse de 28 % depuis 2020. L’Europe, qui représente 72 % de la demande, porte cette croissance.

7. Les collectivités accélèrent

Avec 2 500 chaufferies collectives déjà en service et un doublement des installations moyennes (70-300 kW) en 4 ans, le segment collectif/tertiaire est le plus dynamique. Les achats groupés de pellets par les intercommunalités (comme à Morlaix) démontrent la pertinence économique à grande échelle. C’est un marché qui n’en est qu’à ses débuts.

EO2 : synthèse d’investissement

EO2 coche un nombre inhabituel de cases pour une microcap française :

Critère EO2
Secteur Énergie renouvelable / chauffage bois
Position concurrentielle 3e producteur français, modèle intégré production-trading-distribution-services
Capacité de production 80-90 000 t/an (propre) + 120 000 t en projet (Jura) + 7 usines en ambition
Réseau de distribution 250 distributeurs en France
Valorisation (Price/Book) 0,33x — décote de 67 % sur les capitaux propres
Trésorerie par action 1,61 EUR (58 % du cours)
Partenaires stratégiques ONF (10 % du capital historiquement), BPI France
Éligibilité PEA-PME, FCPI
Catalyseur court terme Crise énergétique mars-avril 2026, reprise S1
Catalyseur moyen terme Usine Jura (120 000 t), taxe carbone ETS2, RE2020

Avec des capitaux propres de 19,7 M EUR pour une capitalisation de 6,6 M EUR, une trésorerie de 4,2 M EUR, et un contexte macro inédit de hausse durable des fossiles combiné à l’essor réglementaire de la biomasse, EO2 présente le profil d’une valeur potentiellement très sous-évaluée. La reprise du premier semestre 2025-2026 (+42 % d’EBITDA, retour au bénéfice d’exploitation) pourrait n’être que le début d’un cycle haussier si le contexte énergétique actuel se confirme — ce que tout indique.

Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital, en particulier sur les microcapitalisations à faible liquidité. Consultez un conseiller financier avant toute décision d’investissement.

FAQ — Granulés de bois et EO2

Le granulé de bois est-il vraiment moins cher que le gaz en 2026 ?
Oui, et l’écart s’est creusé avec la crise d’avril 2026. Le pellet coûte 7 à 8 centimes/kWh, contre 11 à 14 centimes pour le gaz naturel et jusqu’à 18 centimes pour le fioul. Pour une maison de 100 m², cela représente une économie de 600 à 1 500 EUR par an selon l’énergie remplacée.
Qu’est-ce que EO2 et pourquoi cette société est-elle intéressante ?
EO2 est le 3e producteur français de granulés de bois, coté sur Euronext Growth Paris (ticker ALEO2). La société est intéressante car elle se négocie à seulement 0,33 fois ses capitaux propres (décote de 67 %), dans un contexte de marché très porteur pour les granulés. Elle dispose d’un modèle intégré (production + trading + distribution + services) et de projets d’expansion ambitieux (usine dans le Jura, 7 usines supplémentaires en projet).
Le pellet va-t-il augmenter en 2026 ?
Les prévisions tablent sur une stabilisation entre 360 et 390 EUR/tonne en 2026 (vrac), avec une hausse saisonnière possible de 5 à 10 % entre novembre 2026 et janvier 2027. La filière française dispose de capacités de production excédentaires, ce qui limite le risque de flambée. En comparaison, le fioul a augmenté de 61 % en trois mois et le gaz va augmenter de 20 % en mai 2026.
Quelles aides pour installer une chaudière à granulés en 2026 ?
Depuis janvier 2026, MaPrimeRénov’ n’est plus éligible pour une chaudière à granulés en mono-geste. Elle ne peut être financée que dans le cadre d’une rénovation d’ampleur (2 gestes minimum + audit). Les CEE ont été divisés par 3 (800 à 1 500 EUR). L’éco-PTZ (jusqu’à 50 000 EUR) et la TVA à 5,5 % restent disponibles. Le coût d’une chaudière granulés pose comprise est de 12 000 à 20 000 EUR.
Y a-t-il un risque de pénurie de pellets ?
Le risque est faible à court terme. Les capacités de production françaises sont excédentaires par rapport à la demande actuelle (2,2 Mt produites pour 2,4 Mt consommées, le solde étant couvert par l’import). La filière vise 3 à 4 Mt de capacité d’ici 2028. La situation n’a rien à voir avec la panique de l’automne 2022.

Pour aller plus loin

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Sources et références :

Ce rebond du marché professionnel et industriel intervient dans un contexte réglementaire contraignant pour le résidentiel : la suppression des aides MaPrimeRénov’ pour les chaudières à granulés en parcours geste depuis janvier 2026 a accentué la contraction du marché domestique, mais les usages collectifs restent porteurs.

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