éolien offshore France parc en mer
,

Éolien offshore en France : carte des projets et calendrier 2026

Éolien offshore France : état des lieux 2026 avec 1 473 MW opérationnels, carte des 4 parcs en construction, éolien flottant et feuille de route vers 15 GW en 2035. Calendrier détaillé.

·

Mis à jour le 11 avril 2026 — L’éolien offshore en France franchit un cap décisif en 2026 : 1 473 MW sont désormais opérationnels, et plusieurs parcs gigantesques doivent entrer en service d’ici fin d’année. Après un démarrage tardif par rapport à ses voisins européens, la France accélère pour atteindre 15 GW en 2035, puis 45 GW en 2050. Voici l’état complet des projets, la carte des parcs en construction et le calendrier actualisé.

À lire aussi : l’AO10 éolien en mer, 10 GW lancés le 2 avril 2026 — le plus gros appel d’offres jamais ouvert en France.

État des lieux : 1 473 MW opérationnels, cap sur 15 GW en 2035

Longtemps à la traîne de ses voisins britanniques, danois et allemands, la France a enfin mis en service ses premiers parcs éoliens en mer à partir de novembre 2022. Aujourd’hui, trois parcs posés (fixed-bottom) totalisent 1 473 MW de capacité installée. La feuille de route nationale, inscrite dans la PPE3, fixe des jalons ambitieux : 2,5 GW opérationnels fin 2026, 3,5 à 4 GW d’ici 2028, et 15 GW à l’horizon 2035. En 2050, l’objectif est de 45 GW offshore, soit environ 20 % de la production électrique française. Consultez également notre guide complet sur énergie citoyenne renouvelable.

Ces projections s’appuient sur les données de RTE (Réseau de Transport d’Électricité) et sur les orientations du ministère de la Transition écologique. Sur le plan de l’emploi, le secteur vise 20 000 emplois d’ici 2035. Pour une mise en contexte plus large, consultez notre guide complet sur les énergies du futur et notre analyse : la France peut-elle tenir son cap de 15 GW en 2035 ?

Les trois parcs éoliens offshore opérationnels en France

Projet Lieu Capacité Développeur(s) Mise en service
Saint-Nazaire Loire-Atlantique 480 MW EDF Renouvelables + CPP Novembre 2022
Fécamp Normandie 497 MW EDF Renouvelables, Enbridge, wpd Mai 2024
Saint-Brieuc Bretagne 496 MW Iberdrola Mai 2024
Total 1 473 MW

Saint-Nazaire est le parc pionnier français, mis en service en novembre 2022 après plus de dix ans de procédures. Ses 80 éoliennes GE Haliade 6 MW sont implantées entre 12 et 20 km des côtes. Fécamp et Saint-Brieuc ont tous deux été raccordés au réseau en mai 2024, portant la capacité nationale à 1 473 MW. Saint-Brieuc (62 éoliennes Vestas V164) a été au cœur de vives controverses avec la profession de pêche locale, illustrant les défis d’acceptation sociale propres à la France.

Les projets en construction : calendrier 2026–2030

Quatre projets supplémentaires représentant plus de 2 GW de capacité additionnelle sont actuellement en phase de construction ou d’installation.

Projet Capacité Développeur(s) Localisation Mise en service prévue
Dieppe-Le Tréport 496 MW ENGIE / Ocean Winds Normandie (Manche) Fin 2026
Île d’Yeu–Noirmoutier 488 MW Ocean Winds + BdT + Sumitomo Vendée 2025–2026 (phasé)
Courseulles-sur-Mer 450 MW EDF Renouvelables + Enbridge Calvados (Normandie) Second semestre 2027 (retardé)
Dunkerque 600 MW EDF (40 %), Enbridge (30 %), RWE (30 %) Nord 2028–2030

Dieppe-Le Tréport devrait être le prochain parc à entrer en service fin 2026. Courseulles-sur-Mer accuse des retards (initialement prévu 2024, désormais H2 2027). Dunkerque est le projet le plus puissant : 600 MW à un tarif record de 44 €/MWh, le plus bas jamais atteint pour l’éolien offshore en France. Il génèrera à lui seul 850 emplois pendant la construction et 50 postes permanents. Pour plus de contexte sur les appels d’offres qui encadrent ces projets, voir notre article sur la PPE3 et les 10 GW d’éolien offshore lancés.

Éolien flottant : Provence Grand Large et le futur gigantesque

Provence Grand Large constitue la vitrine mondiale de l’éolien flottant français. Ce démonstrateur de 25 MW, composé de trois turbines Siemens Gamesa 8,4 MW, est opérationnel depuis juin 2025 à 17 km de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Il s’appuie sur la technologie TLP (Tension Leg Platform) développée par SBM Offshore et IFP Energies Nouvelles — une première mondiale pour l’éolien flottant. France Énergies Marines accompagne le suivi scientifique du site.

Au-delà du démonstrateur, la France a lancé en 2026 les appels d’offres AO9-AO10, prévoyant 5 GW flottant + 5 GW posé à attribuer début 2027. Si ces projets se concrétisent, le flottant deviendra une composante majeure du mix offshore français dès les années 2030, notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique profond.

La contrepartie est un coût encore élevé : les tarifs de rachat de l’AO6 pour le flottant se situent entre 85,9 et 106 €/MWh, contre 44 à 60 €/MWh pour le posé. Ce différentiel devrait se réduire au fur et à mesure de la montée en puissance industrielle. Selon les analyses d’Enerdata sur la PPE3, un objectif de 60–70 €/MWh pour le flottant n’est pas irréaliste à l’horizon 2032-2035.

Éolien posé vs éolien flottant : tableau comparatif

Critère Posé (Fixed-bottom) Flottant
Profondeur d’eau Moins de 60 m 60 m et plus
Coût indicatif (€/MWh) 44–60 €/MWh 85–106 €/MWh
Distance à la côte 11–20 km > 20 km
Impact visuel Plus visible depuis le littoral Moins visible (horizon plus lointain)
Maturité technologique Mature, industrialisée En déploiement commercial
Capacité France (2026) 1 473 MW opérationnels 25 MW pilote
Zones adaptées en France Manche, Atlantique Nord Méditerranée, Atlantique profond
Potentiel PPE3 ~5 GW (AO9-AO10) ~5 GW (AO9-AO10)

Coûts et compétitivité : l’éolien offshore devient rentable

Lors des premiers appels d’offres en 2012-2014, les tarifs de rachat atteignaient 220 €/MWh. En 2026, Dunkerque a été attribué à 44 €/MWh, soit un coût inférieur à celui de nombreuses centrales à gaz en exploitation. Cette baisse résulte de la montée en puissance des turbines (de 3,6 MW en 2012 à 14-15 MW), de l’industrialisation des fondations et de la concurrence entre développeurs dans les appels d’offres.

L’éolien offshore est devenu compétitif en France. Le vrai enjeu n’est plus le coût mais la vitesse : chaque année de retard administratif coûte des centaines de millions et reporte la décarbonation du système électrique.

— Analyse SER / France Énergies Marines, 2025

Sur la question des prix de l’énergie en général, notre guide complet sur les prix de l’énergie offre un éclairage utile. Pour en savoir plus sur les renouvellements d’installations existantes, consultez notre article sur le repowering éolien terrestre.

FAQ — Éolien offshore en France

Combien y a-t-il de parcs éoliens offshore opérationnels en France en 2026 ?
Il y a actuellement trois parcs éoliens offshore opérationnels en France : Saint-Nazaire (480 MW, novembre 2022), Fécamp (497 MW) et Saint-Brieuc (496 MW), ces deux derniers entrés en service en mai 2024. Ils totalisent 1 473 MW de capacité installée.
Quand le prochain parc éolien offshore français sera-t-il mis en service ?
Le parc de Dieppe-Le Tréport (496 MW, ENGIE/Ocean Winds) est le prochain attendu, avec une mise en service prévue pour fin 2026. Le parc d’Île d’Yeu–Noirmoutier fait l’objet d’une mise en service phasée en 2025-2026. Courseulles-sur-Mer ne devrait pas être opérationnel avant le second semestre 2027 en raison de recours judiciaires.
Quelle est la différence entre l’éolien offshore posé et l’éolien flottant ?
L’éolien posé utilise des fondations ancrées directement dans le fond marin (profondeur < 60 m). L'éolien flottant repose sur des plateformes amarrées par des câbles, permettant le déploiement en eaux profondes (60 m+). Le flottant est plus coûteux aujourd'hui (85–106 €/MWh vs 44–60 €/MWh), mais ouvre l'accès à des zones bien plus vastes, notamment en Méditerranée.
Quel est l’objectif de la France pour l’éolien offshore à l’horizon 2035 ?
La France vise 15 GW d’éolien offshore installés d’ici 2035, dont environ la moitié pourrait être flottant (PPE3). Le gouvernement a lancé en 2026 les appels d’offres AO9-AO10, portant sur 5 GW posé + 5 GW flottant, avec attribution prévue début 2027. À plus long terme, l’objectif est de 45 GW en 2050, représentant environ 20 % de la production électrique nationale.
Quel est le coût de l’éolien offshore en France en 2026 ?
Les coûts ont chuté radicalement depuis les premiers appels d’offres à 220 €/MWh en 2012. En 2026, le tarif le plus bas atteint est 44 €/MWh pour le parc de Dunkerque (600 MW). Les autres parcs posés récents se situent entre 44 et 60 €/MWh. Pour l’éolien flottant, les coûts actuels sont de 85,9 à 106 €/MWh, avec une baisse attendue au fur et à mesure de l’industrialisation.
Pourquoi la France a-t-elle pris autant de retard sur l’éolien offshore ?
Plusieurs facteurs expliquent ce retard : des procédures administratives et judiciaires exceptionnellement longues (Saint-Nazaire : 10 ans entre attribution et mise en service), une opposition locale et des conflits d’usage avec la pêche professionnelle plus marqués qu’en Europe du Nord, et un contexte politique historiquement marqué par la priorité nucléaire. La réforme des procédures de recours en 2023-2024 a commencé à accélérer les choses.

Pour aller plus loin

Partager cet article

📖 Sommaire


📂 Catégorie

,

Articles similaires