Centrale photovoltaique en toiture de batiment commercial, illustrant l appel d offres solaire 100-500 kWc
,

Solaire 100-500 kWc : la 2e période de l’appel d’offres CRE close le 31 juillet

La deuxième période de candidature de l’appel d’offres simplifié pour le solaire de 100 à 500 kWc s’est achevée fin juillet 2026, après une première période marquée par une nette sous-souscription. Tour d’horizon du dispositif, de son prix plafond et…

·

Après une première période nettement sous-souscrite, la deuxième période de candidature de l’appel d’offres simplifié portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations solaires de puissance supérieure à 100 kWc et inférieure à 500 kWc s’est refermée le 31 juillet 2026 à 23h59. Ce dispositif reste l’une des principales voies de financement public pour les projets solaires de moyenne puissance : grandes toitures d’entreprise, bâtiments agricoles, ombrières de parking et, désormais, installations au sol.

Une deuxième période de candidature refermée le 31 juillet

Sur le site de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la page de l’appel d’offres portant sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire affiche désormais le statut « Fermé », avec les étiquettes Électricité, Métropole, PV. Cette page a été mise à jour le 20 juillet 2026, date d’ouverture de la seconde période de candidature, elle-même ouverte du 20 juillet 2026 à 11h au 31 juillet 2026 à 23h59.

Le périmètre visé n’a pas changé depuis l’ouverture de cette deuxième période : des installations de production d’électricité à partir de l’énergie solaire de puissance strictement supérieure à 100 kWc et inférieure à 500 kWc, situées sur bâtiments, ombrières ou au sol, en France métropolitaine continentale. Le cahier des charges applicable à cette seconde période confirme ce même champ d’application, avec un seuil identique de 100 à 500 kWc.

Une évolution mérite d’être signalée : l’intitulé de l’appel d’offres tel qu’il figurait dans la délibération de la CRE du 29 juillet 2025 ne mentionnait que les installations « sur bâtiments ou ombrières », sans référence au sol. Ce n’est que dans la délibération du 21 mai 2026, qui intègre la mention « ou au sol » dans l’intitulé du projet de cahier des charges, que cette extension apparaît — signe que l’éligibilité des centrales au sol a été ajoutée entre ces deux dates, une ouverture bienvenue pour les porteurs de projets qui ne disposent pas de toiture ou d’ombrière exploitable.

Le prix plafond au-delà duquel une offre est automatiquement éliminée reste fixé à 95 €/MWh, un niveau identique pour la première et la seconde période. Sur le plan juridique, ce dispositif s’appuie sur la section 3 du chapitre 1er du titre 1er du livre III de la partie législative du code de l’énergie, et sur la section 2 du chapitre 1er du même titre de la partie réglementaire. Les candidats retenus sont désignés par le ministre chargé de l’énergie et bénéficient d’un contrat de complément de rémunération établi selon les articles L. 311-13-2 à L. 311-13-4 du code de l’énergie, dispositif lancé par avis publié au Journal officiel de l’Union européenne le 6 août 2025.

Une première période marquée par une sous-souscription

Les résultats de la première période, close en octobre 2025, donnent la mesure du segment. Selon le rapport de synthèse publié par la CRE à l’issue de l’instruction, la première période de candidature était ouverte du 22 septembre 2025 à 11h00 au 2 octobre 2025 à 23h59. Sur 291 dossiers déposés, 192 ont été jugés conformes : ils proposaient un prix inférieur au prix plafond et une évaluation carbone simplifiée respectant le plafond fixé par le cahier des charges.

Ces 192 dossiers conformes représentaient une puissance cumulée de 54,60 MWc, pour une puissance appelée de 192 MWc : la CRE a explicitement qualifié cette période de « sous-souscrite ». Au final, la CRE a proposé de retenir 157 dossiers lauréats, avec un prix moyen pondéré de 88,73 €/MWh pour les dossiers retenus, contre 90,17 €/MWh pour l’ensemble des dossiers déposés. Ces 157 lauréats représentent une puissance cumulée de 43,54 MWc, soit 22,7 % de la puissance appelée de 192 MWc — un écart qui illustre combien l’offre est restée en retrait de l’objectif fixé pour cette première période.

Autre indication utile pour les porteurs de projets : la date moyenne de mise en service prévisionnelle déclarée par les candidats retenus se situe au 31 décembre 2026. Ce segment de moyenne puissance n’est pas le seul totem des politiques de soutien au solaire : il coexiste avec l’appel d’offres neutre technologiquement, qui cible des projets de plus grande taille.

Pour qui ce dispositif est-il pertinent ?

Ce format d’appel d’offres s’adresse aux porteurs de projets solaires de taille intermédiaire : grandes toitures d’entreprise, bâtiments agricoles, ombrières de parking, bâtiments tertiaires ou, pour les copropriétés qui disposent d’une surface suffisante, projets collectifs. Pour ceux qui n’ont pas de toiture disponible ou préfèrent valoriser une parcelle, l’ouverture récente aux installations au sol élargit sensiblement le champ des projets éligibles.

Le mécanisme de soutien reste identique à celui de la première période. Les candidats retenus sont rémunérés pendant vingt ans à hauteur du prix de référence proposé dans leur offre, via un complément de rémunération qui s’ajoute aux revenus tirés de la vente de leur électricité sur le marché. Un propriétaire de toiture qui ne souhaite pas porter lui-même le projet peut aussi choisir de louer sa toiture à un producteur qui candidatera en son nom à ce type d’appel d’offres.

Avant de candidater, mieux vaut anticiper deux points techniques qui conditionnent la faisabilité du projet : l’état du réseau électrique face à la demande de raccordement solaire, et la procédure de raccordement auprès d’Enedis, qui peut allonger sensiblement le calendrier d’un projet. Pour les entreprises, la question de la rentabilité se pose aussi en dehors du complément de rémunération : optimiser la rentabilité d’une installation solaire en autoconsommation reste une option complémentaire à ce dispositif de vente avec complément de rémunération.

Ce qu’il faut surveiller pour la suite

Le rythme de développement du solaire donne une indication du contexte dans lequel s’inscrit ce dispositif. Selon la conjoncture énergétique trimestrielle publiée par le SDES, la production d’électricité d’origine photovoltaïque a augmenté de 22,6 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025, portée par la poursuite du développement des capacités installées et des conditions d’ensoleillement favorables — voir aussi le détail de la production solaire du dernier trimestre.

Pour les porteurs de projets, la question n’est plus seulement de savoir si le complément de rémunération sera au rendez-vous, mais si leur dossier passera le double filtre de la conformité administrative et de la compétitivité du prix proposé. Le précédent de la première période, largement sous-souscrite malgré un prix plafond identique, suggère que la sélectivité ne tient pas tant à un excès de candidatures qu’à la difficulté, pour une partie des porteurs de projets, de boucler un dossier complet et conforme dans les délais impartis. Un accompagnement en amont du dépôt — dimensionnement de l’installation, choix du prix de référence proposé, vérification du bilan carbone simplifié — reste donc déterminant pour transformer une candidature en contrat effectif de vingt ans.

Les porteurs de projets devront aussi tenir compte des nouvelles obligations applicables au photovoltaïque entrées en vigueur récemment, ainsi que des certifications requises pour la mise en service d’une installation solaire, deux prérequis qui conditionnent souvent le respect du calendrier promis aux candidats. Reste à voir si les prochaines périodes de candidature confirmeront la tendance à la sous-souscription observée en première période, ou si l’ouverture aux installations au sol suffira à combler l’écart avec les objectifs fixés par les pouvoirs publics.

Questions fréquentes

Quel est le prix plafond applicable à cet appel d’offres ?

Le prix plafond au-delà duquel une offre est éliminée est fixé à 95 €/MWh pour la première comme pour la seconde période.

Les installations au sol sont-elles éligibles à la seconde période ?

Oui : le cahier des charges en vigueur couvre désormais les installations sur bâtiments, ombrières ou au sol, en France métropolitaine continentale, alors que l’intitulé de la délibération du 29 juillet 2025 ne mentionnait que les bâtiments ou ombrières.

Pendant combien de temps les lauréats sont-ils rémunérés ?

Les candidats retenus perçoivent un complément de rémunération pendant vingt ans, calculé sur la base du prix de référence proposé dans leur offre, en plus des revenus tirés de la vente de leur électricité sur le marché.

Partager cet article

📖 Sommaire


📂 Catégorie

,

Articles similaires