Autoconsommation et vente en totalité en 2026 : peut-on encore cumuler ?
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Autoconsommation et vente en totalité en 2026 : peut-on encore cumuler ?

Autoconsommation avec surplus ou vente en totalité en 2026 : les vraies règles de cumul selon la puissance de votre installation solaire.

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Autoconsommation avec revente du surplus ou vente en totalité : depuis l’arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 relatif aux tarifs d’achat photovoltaïque, les règles de cumul entre soutien public et vente intégrale de l’électricité produite ont profondément changé. Ce guide détaille, puissance par puissance, ce qui reste réellement possible en 2026 pour vous aider à choisir la bonne option selon la taille de votre projet.

Ce qui a changé avec la réforme du tarif solaire de 2026

Jusqu’au début de l’année 2026, le soutien public aux installations de moins de 100 kWc combinait deux mécanismes : il se compose actuellement d’une prime à l’investissement et d’un tarif de rachat du surplus injecté, avec des montants distincts selon la puissance. Un arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 a acté cette réforme, dont le principe avait été porté par la suppression de la prime à l’investissement et la définition d’un tarif de soutien identique pour les segments 0-9 kWc et 9-100 kWc, prenant la forme d’un tarif d’achat du surplus de 11 €/MWh. Notre article sur les montants 2026 par puissance et les démarches à suivre détaille la mécanique complète de ce nouveau tarif, et notre comparatif entre l’avant et l’après réforme revient sur les aides qui subsistent malgré la suppression de la prime. Ici, l’angle est différent : que reste-t-il, concrètement, du cumul entre soutien public et vente en totalité de votre production solaire ?

Autoconsommation avec revente du surplus ou vente en totalité : les règles par puissance en 2026

Sur le principe, deux logiques s’opposent. D’un côté, une installation en autoconsommation consomme une partie de sa production et revend le surplus au réseau ; une fiche officielle intitulée Vous souhaitez utiliser toute l’électricité produite décrit même une troisième voie, l’autoconsommation totale sans injection. De l’autre côté, la vente en totalité consiste à injecter l’intégralité de la production sur le réseau contre rémunération, sans en consommer directement une part. Ces choix ne sont pas anecdotiques : 51 GW d’ENR sont connectées au réseau de distribution, produits par 1,3 million de producteurs, et parmi eux, 2/3 de ces producteurs (850 000) sont des autoconsommateurs, selon le bilan d’Enedis publié en avril 2026. Depuis la réforme, le régime applicable dépend étroitement de la puissance de l’installation, comme le résume le tableau ci-dessous.

Puissance de l’installationAutoconsommation avec vente du surplusVente en totalité
Jusqu’à 9 kWcÉligible au guichet ouvert de l’arrêté S21, avec un tarif d’achat du surplus de 11 €/MWh (la prime à l’investissement est supprimée).L’arrêté modificatif du 26 mars 2025 a d’ores et déjà supprimé le soutien aux installations en « vente en totalité » pour le segment de puissance 0-9 kWc, le réservant aux installations en autoconsommation.
De 9 à 100 kWcMême tarif unique de 11 €/MWh, contre 47,3 €/MWh au T2 2026 plus prime auparavant.Le projet d’arrêté prévoit d’étendre cette mesure au segment 9-100 kWc.
Au-delà de 100 kWc (jusqu’à 500 kWc)Plus de guichet ouvert depuis pour les installations de puissance crête comprise entre 100 et 500 kWc : seul l’appel d’offres de la CRE reste accessible.Reste éligible via l’appel d’offres « Petit PV », qui couvre les installations dont la puissance crête est strictement supérieure à 100 kWc et inférieure ou égale à 500 kWc, y compris une part d’autoconsommation.

Pourquoi le cumul entre l’ancienne prime et la vente en totalité n’existe plus

Le mécanisme qui permettait autrefois de conjuguer prime et vente totale n’était déjà plus figé depuis longtemps : les montants des tarifs Tb et TPb et de la prime Pb sont définis, selon les modalités précisées en annexe 1, en fonction du trimestre civil durant lequel le producteur a envoyé la demande complète de raccordement, avec des barèmes applicables aux projets pour lesquels la demande complète de raccordement a été déposée à partir du 1er avril 2025 inclus. Ce système par paliers trimestriels a progressivement réduit l’attractivité du tarif de rachat, avant sa suppression complète par la réforme de 2026.

Comme le montre le tableau ci-dessus, le segment le plus modeste avait déjà perdu ce soutien avant même la réforme de 2026, qui n’a fait qu’étendre le mouvement au segment intermédiaire. Résultat, seules les installations en « vente avec injection du surplus », i.e. les installations en autoconsommation individuelle restent éligibles à un soutien via le guichet ouvert de l’arrêté S21.

Cette bascule n’est pas cosmétique pour tout le monde. La suppression de la vente en totalité sur le segment 9-100 kWc devrait principalement influer sur le développement des installations de la tranche 36-100 kWc, où la pratique était largement répandue : environ 70-80 % des DCR déposées sur ce segment entre le T2 2023 et le T1 2026 représentaient des projets en injection en totalité (contre 30 % pour le segment 9-36 kWc). Un hangar agricole ou un petit bâtiment tertiaire qui, il y a peu, pouvait viser la vente en totalité pour capter un tarif de rachat attractif doit désormais composer avec l’autoconsommation s’il veut conserver un soutien public sur ce segment de puissance.

Ce recentrage répond à un objectif assumé par les pouvoirs publics : le projet d’arrêté modificatif vise à ralentir le développement des installations PV via le guichet ouvert et à le réorienter vers l’autoconsommation, comme l’explique la délibération de la Commission de régulation de l’énergie du 29 avril 2026. Le dossier n’est pas né du jour au lendemain : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a été saisie par courriel reçu le 25 mars 2026 d’un neuvième projet d’arrêté modificatif de l’AT S21 Bâtiment, signe d’une réforme discutée par étapes successives — un mouvement que nous avions déjà identifié dans notre article sur l’annonce initiale de Bercy sur la fin de la prime et la division du tarif de rachat.

La vente en totalité pour les grandes installations : l’appel d’offres de la CRE

La vente en totalité n’a pas disparu pour autant : elle change simplement de guichet dès que la puissance dépasse le seuil couvert par l’arrêté S21. L’arrêté du 26 mars 2025 a notamment modifié les conditions d’éligibilité au guichet ouvert en la limitant aux installations de puissance crête inférieure ou égale à 100 kWc, les installations plus puissantes basculant vers un appel d’offres dédié. La période de candidature à cette première période s’est déroulée du 22 septembre au 2 octobre 2025, et depuis, c’est cette procédure qui prévaut pour ce segment, comme le montre le tableau ci-dessus.

Le périmètre de cet appel d’offres, baptisé « Petit PV », est large : il couvre l’ensemble du segment intermédiaire, qu’il s’agisse de vente en totalité ou d’autoconsommation partielle. La délibération de la CRE du 21 mai 2026 détaille les modalités de la deuxième période : la période de dépôt des offres est prévue du 20 juillet au 31 juillet 2026, pour un volume appelé de 288 MWc. Une candidature retenue à cet appel d’offres reste donc, à ce jour, la seule voie de soutien public pour vendre l’intégralité de sa production solaire au-delà de ce seuil.

Pour les installations au sol, le régime est encore différent : les installations au sol de puissance inférieure à 500 kWc ne bénéficient pas aujourd’hui d’opportunité de soutien tandis que les installations de puissance comprise entre 500 kWc et 1 MWc peuvent actuellement participer à l’appel d’offres « Centrales au sol » (PV Sol). Un porteur de projet au sol de taille intermédiaire doit donc composer avec cette absence de soutien dédié, contrairement à un projet sur toiture ou ombrière.

Comment choisir entre autoconsommation et vente en totalité selon votre projet

Le choix ne se limite pas à une question de tarif : il dépend aussi de votre profil de consommation, de la puissance envisagée et de votre appétence pour les démarches administratives. Pour un particulier avec une petite toiture, l’autoconsommation avec vente du surplus reste la voie la plus simple à mettre en œuvre et la seule qui conserve un accès au guichet ouvert sur les segments jusqu’à 100 kWc. Notre guide pour débuter en autoconsommation solaire détaille les étapes pour un premier projet, et notre article sur la différence entre taux d’autoconsommation et taux d’autoproduction aide à évaluer le potentiel réel de votre toiture avant de trancher.

Pour une petite entreprise ou un exploitant agricole avec une installation de taille intermédiaire (grange, hangar, ombrière de parking), la question est plus stratégique : rester en autoconsommation pour conserver l’accès au tarif unique du guichet ouvert, ou viser la vente en totalité en acceptant de candidater à l’appel d’offres de la CRE au-delà de 100 kWc. Dans les deux cas, ce service est payant et son coût varie selon les caractéristiques de votre installation pour le raccordement, un paramètre à intégrer dans le calcul de rentabilité — voir notre méthode pour calculer sa rentabilité réelle en autoconsommation.

Enfin, si vous envisagez de consommer la totalité de votre production sans rien injecter sur le réseau — une troisième voie souvent confondue avec la vente en totalité alors qu’elle en est l’exact opposé — la démarche est spécifique : il faut accepter les termes de la CACSI qui formalise votre engagement à ne pas injecter sur le réseau auprès d’Enedis, comme détaillé dans la fiche Enedis dédiée à l’autoconsommation totale. Ce choix n’a de sens que si votre profil de consommation absorbe déjà l’essentiel de votre production ; pour vendre le surplus plutôt que de le perdre, consultez notre article sur la revente du surplus solaire à EDF OA, tarifs et démarches. Quelle que soit l’option retenue, l’obtention d’une attestation de conformité, délivrée par le Consuel, est obligatoire pour la mise en service : ce point ne dépend ni de la puissance ni du mode de valorisation choisi. Pour approfondir les fondamentaux avant d’arbitrer, notre guide complet sur l’autoconsommation solaire reste la référence.

Démarches selon l’option choisie

Les démarches administratives diffèrent selon que vous restez sur le guichet ouvert de l’arrêté S21 ou que vous basculez vers l’appel d’offres de la CRE. Le tableau suivant résume les points de passage obligés pour chaque option.

ÉtapeAutoconsommation (guichet ouvert, jusqu’à 100 kWc)Vente en totalité (appel d’offres CRE, au-delà de 100 kWc)
Raccordement EnedisService payant, coût variable selon l’installation (voir la fiche Enedis sur le raccordement d’une installation de production).Raccordement Enedis identique, précédé d’une candidature retenue à l’appel d’offres.
Convention spécifiqueNon requise pour la vente du surplus (uniquement pour l’autoconsommation totale sans injection, via la convention CACSI décrite plus haut).Contrat conclu dans le cadre du complément de rémunération issu de l’appel d’offres.
Attestation ConsuelObligatoire pour toute installation raccordée, quelle que soit la puissance.Identique : obligatoire quelle que soit la puissance.
Mise en serviceLa mise en service de vos panneaux solaires sera effectuée après réception de la convention signée, envoyée de préférence par lettre recommandée avec avis de réception (cas de l’autoconsommation totale sans injection).Mise en service après validation du raccordement et du contrat issu de l’appel d’offres.
Injection avant mise en serviceL’injection d’énergie avant la mise en service par Enedis est interdite et ne sera pas rémunérée.Identique : interdite et non rémunérée dans tous les cas.

Questions fréquentes

Peut-on encore cumuler une aide publique et la vente en totalité de sa production solaire ?

Non, plus pour les installations relevant du guichet ouvert de l’arrêté S21. Seules les installations en « vente avec injection du surplus », i.e. les installations en autoconsommation individuelle restent éligibles à un soutien sur ce guichet. La vente en totalité ne redonne accès à un soutien public qu’au-delà du seuil de puissance couvert par ce guichet, via l’appel d’offres de la CRE.

La vente en totalité de l’électricité solaire existe-t-elle toujours ?

Oui, mais uniquement pour les installations dépassant le seuil de puissance du guichet ouvert. Les installations dont la puissance crête est strictement supérieure à 100 kWc et inférieure ou égale à 500 kWc peuvent candidater à l’appel d’offres « Petit PV » de la CRE pour valoriser toute leur production, y compris en vente en totalité.

Qu’est-ce que l’appel d’offres de la CRE pour les installations solaires de taille intermédiaire ?

C’est la procédure qui a remplacé le guichet ouvert pour les installations les plus puissantes, pour les installations de puissance crête comprise entre 100 et 500 kWc. Sa deuxième période prévoit un dépôt des offres du 20 juillet au 31 juillet 2026, pour un volume appelé de 288 MWc.

Faut-il signer une convention avec Enedis pour ne rien injecter sur le réseau ?

Oui, si vous optez pour l’autoconsommation totale sans injection : il faut accepter les termes de la CACSI qui formalise votre engagement à ne pas injecter sur le réseau. La mise en service intervient ensuite après validation par Enedis, comme rappelé dans le tableau des démarches ci-dessus.

Quelle est la différence entre autoconsommation totale et vente en totalité ?

Ce sont deux logiques opposées. L’autoconsommation totale consiste à ne rien injecter sur le réseau et à consommer l’intégralité de sa production, via une convention CACSI. La vente en totalité consiste au contraire à injecter l’intégralité de la production sur le réseau contre rémunération, sans en consommer directement une part.

Une petite entreprise peut-elle candidater à l’appel d’offres de la CRE ?

L’éligibilité dépend de la puissance du projet, pas du statut du porteur de projet : comme le montre le tableau des règles par puissance ci-dessus, toutes les installations du segment intermédiaire peuvent candidater, qu’elles soient portées par un particulier, une entreprise agricole ou une PME.

Que se passe-t-il si l’on injecte de l’électricité avant la mise en service par Enedis ?

C’est interdit dans tous les cas de figure, que l’installation soit destinée à l’autoconsommation avec vente du surplus ou à la vente en totalité, comme rappelé dans le tableau des démarches ci-dessus.

Sources officielles

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