Les entreprises de rénovation énergétique et de travaux publics vont devoir composer avec des devis revus à la hausse. En juin 2026, l’index qui mesure spécifiquement les travaux d’isolation thermique affiche une progression sensible, dans un contexte où les prix des hydrocarbures utilisés sur les chantiers connaissent eux-mêmes des évolutions provisoires marquées. Publiés fin d’été par la statistique publique, ces index servent de référence à l’actualisation des marchés de construction et de rénovation partout en France.
Les faits : des index de la construction à la hausse
Un avis publié au Journal officiel détaille les valeurs retenues pour le mois de juin 2026. Premier motif d’attention pour les professionnels de l’isolation : en juin 2026, l’index BT55 Isolation Thermique par l’Extérieur – Enduit sur isolant 141,0 illustre la progression du coût de cette technique très répandue en réhabilitation énergétique.
Au-delà de ce focus isolation, l’indicateur généraliste du secteur confirme la tendance : en juin 2026, BT01 Tous corps d’état 138,3. Cet index BT01, qui synthétise l’ensemble des corps de métier du bâtiment, sert de référentiel à la majorité des clauses de révision de prix inscrites dans les marchés de travaux.
Du côté des travaux publics, la statistique officielle retient un niveau tout aussi orienté à la hausse, avec en juin 2026 TP01 Index général tous travaux 140,4, un indicateur utilisé pour actualiser les marchés de voirie, de réseaux et d’infrastructures.
Ces Index BT – Référence 100 en 2010 restent calculés sur la même base historique depuis leur création, ce qui permet de comparer les évolutions dans la durée. À ces indices s’ajoute un indicateur distinct, destiné aux professionnels qui doivent réévaluer la valeur de leurs équipements : en juin 2026, IM Indice de réactualisation des actifs matériels dans la construction 1,4140.
Ces chiffres ont été rendus publics par la statistique nationale : L’INSEE a publié les valeurs des indices et index de la construction le 14 août 2026.
Pris ensemble, ces trois index couvrent l’essentiel des postes concernés par un chantier de rénovation énergétique : l’isolation proprement dite avec le BT55, l’ensemble du bâtiment avec le BT01, et les travaux annexes de voirie ou de réseaux avec le TP01. Une entreprise qui répond à un marché public ou qui établit un devis pluriannuel a donc intérêt à suivre ces trois références simultanément plutôt qu’à ne retenir qu’un seul chiffre isolé.
Pourquoi ces indices comptent pour les chantiers de rénovation
Ces index ne sont pas de simples statistiques : ils servent de référence contractuelle. De nombreux marchés de travaux intègrent une clause de révision de prix indexée sur le BT01 ou le TP01, ce qui permet aux entreprises de réactualiser leurs devis en cours de chantier sans renégocier l’intégralité du contrat. Pour les particuliers qui engagent des travaux, il reste possible de réduire une partie de la facture grâce aux certificats d’économies d’énergie, ou de coordonner plusieurs postes de travaux au sein d’un même chantier pour amortir la hausse du coût des matériaux via des bouquets de travaux coordonnés.
Face à des devis révisés à la hausse, il reste également recommandé de vérifier que le contrat conserve les garanties légales qui protègent le maître d’ouvrage en cas de malfaçon, quelle que soit l’évolution du prix final du chantier.
Concrètement, un maître d’ouvrage qui a signé un marché de travaux avant la publication de ces nouveaux index peut voir sa facture finale ajustée si le contrat prévoit une clause de révision de prix. À l’inverse, une entreprise qui a sous-évalué cette clause dans son devis initial peut se retrouver à devoir absorber elle-même une partie du différentiel. D’où l’intérêt, pour les deux parties, de bien relire les modalités de révision inscrites au contrat avant d’engager un chantier de rénovation énergétique de grande ampleur.
Hydrocarbures : une flambée provisoire qui pourrait renchérir les chantiers
Le même avis publié au Journal officiel détaille aussi des évolutions provisoires de prix qui pèsent directement sur le poste énergie des chantiers. Pour le gazole non routier, carburant utilisé par les engins de travaux publics, l’évolution retenue à titre provisoire pour juillet 2026 est de gazole non routier pour les travaux publics : + 9,4 %. Le bitume, matériau clé de la réfection des chaussées, afficherait quant à lui bitume : + 1,1 %, tandis que le gaz vendu en gros sur les marchés spot : + 2,8 % renchérit indirectement l’énergie consommée par certains procédés de chantier.
Cette dynamique dépasse le seul secteur du BTP. D’après une note de conjoncture de l’Insee, la hausse de l’inflation observée à l’échelle nationale s’expliquerait en partie par celle des prix de l’énergie, tirée par la hausse des prix du gaz et des produits pétroliers.
Sur un chantier de rénovation, ces postes énergétiques ne se limitent pas au seul carburant des engins : le transport des matériaux d’isolation, le fonctionnement des équipements de chantier et, plus largement, la logistique associée à un projet de travaux publics dépendent eux aussi du prix des hydrocarbures. Une évolution, même provisoire, de ces indices se répercute donc potentiellement sur plusieurs lignes budgétaires d’un même chantier, au-delà du seul poste isolation thermique.
Vigilance sur les devis et prochaine échéance de publication
Le texte publié au Journal officiel le précise lui-même : ces évolutions restent provisoires. Des révisions sont possibles d’ici la prochaine publication des index BTP le 15 septembre 2026. Les entreprises et les particuliers doivent donc considérer ces chiffres comme des tendances déjà observées, mais susceptibles d’ajustements techniques avant la publication définitive.
Dans ce contexte de révision des coûts, la vigilance sur les devis reste de mise : les sanctions prononcées contre des artisans RGE rappellent l’intérêt de vérifier la validité du label affiché sur un devis, notamment en comparant les différents labels RGE existants avant de signer un contrat de travaux.
Pour les professionnels comme pour les particuliers qui pilotent un projet de rénovation énergétique, la période qui sépare la publication de juin 2026 de la prochaine échéance de septembre reste donc une fenêtre de vigilance : les devis en cours de négociation peuvent intégrer ces nouvelles références, sans pour autant considérer les évolutions des prix des hydrocarbures comme définitivement figées.
Mini-FAQ
Qu’est-ce que l’index qui mesure l’isolation thermique par l’extérieur ?
L’index BT55 mesure l’évolution du coût des travaux d’isolation thermique par l’extérieur avec enduit sur isolant. En juin 2026, il s’établit ainsi : BT55 Isolation Thermique par l’Extérieur – Enduit sur isolant 141,0.
Que mesure l’index général des travaux publics ?
L’index général des travaux publics sert à actualiser les marchés de voirie, de réseaux et de terrassement. En juin 2026, il s’établit ainsi : TP01 Index général tous travaux 140,4.
Pourquoi le prix du gazole non routier augmente-t-il autant sur les chantiers ?
L’avis publié au Journal officiel retient, pour ce carburant largement utilisé par les engins de travaux publics et de terrassement, une évolution provisoire entre juin et juillet 2026 de gazole non routier pour les travaux publics : + 9,4 %.
Les évolutions de prix des hydrocarbures récemment annoncées sont-elles définitives ?
Non. Le texte officiel précise que « des révisions sont possibles d’ici la prochaine publication des index BTP le 15 septembre 2026 ». Les évolutions relatives au gazole non routier, au bitume et au gaz de gros restent donc provisoires à ce stade.
Quand seront publiés les prochains index du bâtiment et des travaux publics ?
Des révisions sont possibles d’ici la prochaine publication des index BTP le 15 septembre 2026.
Sources officielles
- Journal officiel — avis relatif aux index nationaux de la construction
- Insee — note de conjoncture sur l’inflation

