Les prix négatifs font l’objet d’une note de la CRE intitulée « Les prix négatifs, signal des besoins croissants de flexibilité ». Selon la CRE, « Avec 568 heures constatées au 8 octobre 2026, l’année 2026 a déjà dépassé le record de 2025 ». La note détaille aussi la formation du prix dans l’enchère journalière et les actions de la CRE.
Les faits
Sur le contexte général des prix, voir aussi le guide complet des prix de l’énergie. Cette section reprend ce que disent la note de la CRE et le communiqué qui l’accompagne.
Les heures à prix strictement négatifs
Le communiqué de la CRE donne la série des heures à prix strictement négatifs en France : 147 heures en 2023, 361 en 2024, 513 en 2025. Il indique aussi que le nombre d’heures où les prix ont été strictement négatifs a fortement progressé en France, comme ailleurs en Europe.
Pour l’année en cours, la CRE écrit : « Avec 568 heures constatées au 8 octobre 2026, l’année 2026 a déjà dépassé le record de 2025 ». La même phrase se poursuit ainsi : « malgré une hausse générale des prix durant l’été ».
Dans son résumé, la note formule la comparaison en ces termes : 568 heures constatées au 08 octobre 2026 contre 513 heures sur l’ensemble de l’année 2025.
D’autres mesures, exprimées autrement
La note emploie aussi des mesures qui ne sont pas des nombres d’heures. L’une est une part des pas de temps : « Le phénomène est en hausse, mais ne représente que 4,1 % des pas de temps en 2024, 5,9 % en 2025 et 6,9 % sur les 12 derniers mois ».
Une autre mesure porte, en moyenne, sur le volume de production vendu autour de zéro : l’équivalent de 33% du volume de production était vendu autour de 0 €/MWh en 2023, contre 34% en 2024, 36% en 2025, puis déjà 44% au premier semestre 2026, avec une accélération importante enregistrée en mai et juin 2026.
Le moment de la journée et les niveaux atteints
Pour la période de la journée, la note retient la plage en milieu de journée entre 12h et 16h, en raison de la filière solaire qui atteint son pic de production au même moment dans toute la France mais aussi dans les pays voisins. Elle ajoute : « Au premier semestre 2026, le prix journalier à 14h était négatif 37% du temps ».
Sur les niveaux atteints, la note relève : « En avril et mai 2026, les prix négatifs ont atteint des valeurs extrêmes jamais atteintes en Europe avec -412 €/MWh en moyenne sur une heure le 26 avril à 14h et -497 €/MWh le 1er mai à 13h ». Sur le mécanisme des prix négatifs, voir cet article sur les prix négatifs de l’électricité.
Mise en perspective
La formation du prix dans l’enchère journalière
La note décrit le marché journalier comme une enchère unique organisée chaque jour à 12h, pour une livraison durant la journée suivante. Elle décrit aussi le principe de formation des prix : « Ainsi, intrinsèquement lié à l’existence d’un marché dans lequel les producteurs peuvent décider librement de leur production et échanger de l’électricité avec d’autres acteurs, ce mécanisme conduit à aligner le prix de marché avec le coût marginal de l’ensemble du parc de production ».
Le mécanisme se décrit ainsi dans la note : la centrale de production la plus chère nécessaire pour satisfaire la demande fixe le prix de marché. Quant au passage sous zéro, elle écrit : « Le prix de marché devient négatif lorsque la dernière offre nécessaire pour équilibrer le système est proposée à un prix négatif ».
Pour la note, un prix négatif traduit généralement une surabondance de production non flexible ou peu flexible sur certaines heures par rapport à la consommation. Elle mentionne aussi un cadre contractuel n’exposant pas le producteur au prix de marché et n’incitant pas à arrêter la production en période de prix négatif, par exemple dans le cas de certains contrats d’obligation d’achat. Sur l’obligation d’achat des installations solaires, voir cet article sur l’obligation d’achat.
Un signal et non un dysfonctionnement technique
La note formule ainsi sa lecture : « La formation de prix négatifs constitue donc, avant tout, un signal envoyé par le marché et ne relève pas d’un dysfonctionnement technique du marché journalier ou du système électrique ».
Le communiqué de la CRE reprend cette lecture en indiquant que, dans la note, la situation ne traduit pas un dysfonctionnement technique du marché, mais reflète les tensions croissantes du système et envoie un signal du besoin croissant de flexibilités de court terme, encore insuffisamment développées.
La note poursuit : « La fréquence et l’amplitude croissantes de ces épisodes traduisent toutefois un besoin renforcé de développement proactif des flexibilités, tant du côté de l’offre que de la demande ». Sur la flexibilité électrique en France, voir cet article sur la flexibilité électrique ; sur l’effacement, voir aussi l’article consacré à l’effacement électrique.
Les spécificités françaises et la comparaison avec l’Allemagne
La note décrit deux situations. Pour la France, elle écrit : « En France, les mécanismes de prime de prix négatif et de la perte de rémunération en cas de production pendant les périodes de prix négatifs incitent les acteurs à interrompre leur production dès lors que le prix du marché journalier devient inférieur à 0 €/MWh ».
Pour l’Allemagne, elle écrit : « En Allemagne, l’absence de pénalité comparable laisse chaque acteur déterminer son propre optimum économique et son seuil d’arrêt, en fonction des caractéristiques et contraintes de son parc ».
Côté chiffres européens, la note indique : « A date en 2026, l’Allemagne a enregistré 472 heures à prix négatif, les Pays-Bas 389 heures et l’Espagne 812 heures, contre respectivement 576, 584 et 574 heures sur l’ensemble de l’année 2025 ».
Les grandeurs citées, selon le document
| Grandeur | Ce que dit le document | Document |
|---|---|---|
| Heures à prix strictement négatifs en France | 147 heures en 2023, 361 en 2024, 513 en 2025 | Communiqué de la CRE |
| Heures constatées à prix négatifs, comparaison avec le record | 568 heures constatées au 08 octobre 2026 contre 513 heures sur l’ensemble de l’année 2025 | Note de la CRE |
| Part des pas de temps | 4,1 % des pas de temps en 2024, 5,9 % en 2025 et 6,9 % sur les 12 derniers mois | Note de la CRE |
| Part moyenne du volume de production vendu autour de zéro | 33% du volume de production était vendu autour de 0 €/MWh en 2023, contre 34% en 2024, 36% en 2025, puis déjà 44% au premier semestre 2026 | Note de la CRE |
Les actions de la CRE et les évolutions de contrats
La note cite, à titre d’exemples et dans un encadré, des actions de la CRE et des évolutions de contrats.
| Thème | Ce que dit le document | Document |
|---|---|---|
| Tarifs réglementés de vente d’électricité | la CRE veille également à maintenir des signaux tarifaires encourageant le décalage des consommations et le développement des usages flexibles | Note de la CRE |
| Gestionnaires de réseaux et heures creuses | la CRE a introduit des incitations favorisant le recours aux flexibilités par les gestionnaires de réseaux ainsi qu’une évolution du positionnement des heures creuses afin de mieux refléter les besoins du système électrique | Note de la CRE |
| Contrats de complément de rémunération | Les contrats de complément de rémunération, qui remplacent progressivement les dispositifs d’obligation d’achat, intègrent depuis 2015 une incitation financière à l’arrêt de production en cas de prix strictement négatifs | Note de la CRE |
| Contrats d’obligation d’achat éoliens et solaires | les contrats d’obligation d’achat applicables aux installations éoliens (terrestres et en mer) et solaires de plus de 10 MWc ont été progressivement adaptés en 2025 et 2026 afin de permettre leur arrêt en cas de prix strictement négatifs | Note de la CRE |
| Modulation à la baisse de la production | Les mécanismes de modulation à la baisse de la production ont été déployés progressivement entre avril et juin 2026 | Note de la CRE |
Sur l’arrêt des centrales solaires en cas de prix négatifs, voir cet article sur l’arrêt des centrales solaires.
Impact concret : ce que la note dit de la flexibilité
La note associe les variations de prix à des flexibilités. Pour elle, les variations observées envoient un signal économique important en faveur du développement des flexibilités, comme le stockage d’électricité, les batteries ou le déplacement de certaines consommations vers les heures où l’électricité est abondante et moins chère.
Pour les tarifs réglementés de vente d’électricité, elle indique : « Dans le cadre des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE), la CRE veille également à maintenir des signaux tarifaires encourageant le décalage des consommations et le développement des usages flexibles ». Sur ce point, voir cet article sur la tarification dynamique de l’électricité.
Perspectives
La conclusion de la note est formulée ainsi : « Le phénomène de prix négatifs restera structurellement fréquent tant que des moyens de flexibilité ne seront pas davantage développés ».
Elle indique aussi que l’augmentation de la fréquence et de la variabilité des prix négatifs renforce l’intérêt économique des systèmes de stockage, et précise que le développement de la filière batteries stationnaires se poursuit avec 2,1 GW installés au 1er juillet 2026, chiffre dont une note de bas de page de la note précise le périmètre. Sur les batteries associées au solaire, voir cet article sur les batteries solaires ; sur le dimensionnement d’une batterie domestique, voir l’article sur la batterie domestique.
Sources officielles
- CRE — note Eclairage sur les prix négatifs et les besoins de flexibilité
- CRE — communiqué de publication de la note sur les prix négatifs
Questions fréquentes
Que dit la CRE sur la nature des prix négatifs ?
La note de la CRE écrit : « La formation de prix négatifs constitue donc, avant tout, un signal envoyé par le marché et ne relève pas d’un dysfonctionnement technique du marché journalier ou du système électrique ».
Comment le prix devient-il négatif sur le marché journalier ?
La note décrit ce marché comme une enchère unique organisée chaque jour à 12h, pour une livraison durant la journée suivante. Elle écrit : « Le prix de marché devient négatif lorsque la dernière offre nécessaire pour équilibrer le système est proposée à un prix négatif ».
Quelles actions la CRE mentionne-t-elle face aux prix négatifs ?
Pour les tarifs réglementés de vente d’électricité, la note indique : « Dans le cadre des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE), la CRE veille également à maintenir des signaux tarifaires encourageant le décalage des consommations et le développement des usages flexibles ». Elle mentionne aussi que « Les mécanismes de modulation à la baisse de la production ont été déployés progressivement entre avril et juin 2026 ».

