Marché des pompes à chaleur 2025 : -1,8 % après le plongeon de 2024 — les trois catalyseurs du rebond 2026
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Marché des pompes à chaleur 2025 : -1,8 % après le plongeon de 2024 — les trois catalyseurs du rebond 2026

Le marché PAC affiche -1,8 % en 2025 selon Uniclima, une quasi-stabilisation après -38 % en 2024. Hausse des prix du gaz (+15,4 % en mai), CEE P6 renforcé, MaPrimeRénov’ stabilisée : le rebond 2026 prend forme.

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Le marché des pompes à chaleur en France affiche une baisse limitée de -1,8 % en 2025 selon les données Uniclima publiées en février 2026 — une quasi-stabilisation après le plongeon historique de 2024. Les conditions d’un rebond en 2026 sont désormais réunies : hausse des prix du gaz, bonifications CEE renforcées et stabilisation des démarches MaPrimeRénov’. Décryptage d’un marché à la croisée des chemins.

Bilan 2025 : -1,8 % — la chute est endiguée

Chaque année en février, Uniclima (Union des syndicats du génie climatique) et l’AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur) publient les statistiques définitives de l’année écoulée. Le bilan 2025 révèle une stabilisation après deux années de turbulences :

  • Marché global PAC résidentiel et petit tertiaire : -1,8 % en volume par rapport à 2024
  • Après un recul estimé à -38 % en 2024, la correction 2025 est significativement plus contenue
  • Le marché se stabilise autour de 400 000 à 450 000 PAC air/eau vendues, contre un pic de 700 000 en 2022
  • Segment PAC air/air (climatisation réversible) : légère hausse, portée par les vagues de chaleur estivales et la double fonction confort été/hiver
  • PAC géothermique (eau/eau et sol/eau) : marché toujours contraint par les coûts d’installation élevés

Comprendre le cycle : du boom 2022 au creux 2024, vers le rebond 2026

Le marché des pompes à chaleur a suivi une trajectoire en montagnes russes depuis la crise énergétique :

Année Évolution Facteur principal
2022 +45 % Crise gaz, flambée des prix fossiles, MaPrimeRénov’ accessible
2023 +8 % Maintien des aides, effet de rattrapage post-Covid
2024 -38 % Réforme MaPrimeRénov’ complexifiée, baisse des prix gaz, attentisme
2025 -1,8 % Stabilisation, reprise en seconde partie d’année
2026 (prévision) +10 à +15 % attendu Hausse prix gaz, CEE P6 renforcé, MaPrimeRénov’ stabilisée

Le recul de 2024 était principalement dû à la réforme de MaPrimeRénov’, qui a rendu les démarches plus complexes (obligation de rendez-vous France Rénov’, délais allongés). La filière s’est adaptée en 2025 : les délais de traitement se sont réduits, les artisans RGE ont intégré les nouvelles procédures, et la demande a repris son rythme en seconde partie d’année.

La France à contre-courant de l’Europe en 2025

Alors que la France reculait encore légèrement, le marché européen des PAC a amorcé sa reprise dès 2025. Selon les données de l’European Heat Pump Association (EHPA), les ventes ont rebondi en Allemagne, aux Pays-Bas et en Scandinavie, portées par des politiques d’aides stables et des prix de l’énergie orientés à la hausse. Le marché européen total dépasse les 3,5 millions d’unités annuelles en 2025, avec une croissance annuelle moyenne projetée à 10 % d’ici 2030.

Cette divergence entre la France et ses voisins illustre l’impact des choix réglementaires sur les décisions d’investissement. La combinaison d’aides simplifiées et de prix de l’énergie fossile élevés crée un différentiel de compétitivité favorable aux marchés qui ont maintenu un cadre stable.

Les trois catalyseurs du rebond attendu en 2026

1. La hausse structurelle des prix du gaz

La flambée du prix du gaz au 1er mai 2026 (+15,4 % TTC, soit 160,54 €/MWh) remet mécaniquement en question la compétitivité de la chaudière gaz. Pour un foyer consommant 15 100 kWh/an, la facture annuelle gaz dépasse désormais 1 900 €. Une PAC air/eau avec un COP de 3,5 consomme ~4 300 kWh d’électricité pour le même résultat thermique, soit une facture de ~835 € au tarif bleu. Le différentiel atteint plus de 1 060 € par an — un argument économique massif qui accélère les décisions de remplacement.

2. Le renforcement des CEE Période 6

Les nouvelles bonifications Coup de pouce PAC de la 6e période CEE (×5 à ×6 selon les revenus, depuis le 1er avril 2026) renforcent significativement l’attractivité financière des installations. Cumulées à MaPrimeRénov’, elles permettent de couvrir 40 à 90 % du coût de remplacement d’une chaudière fossile selon le profil du ménage. Notre guide de la rénovation énergétique détaille les modalités de cumul des aides.

3. La stabilisation de MaPrimeRénov’

Après les turbulences de 2024, le dispositif MaPrimeRénov’ a retrouvé une trajectoire prévisible. Les barèmes 2026 sont connus des artisans RGE et des ménages, réduisant l’attentisme observé lors de la phase de transition. La filière dispose désormais d’une meilleure visibilité pour planifier les chantiers et dimensionner les équipes.

Que faut-il savoir avant d’investir dans une PAC en 2026 ?

Si vous envisagez l’installation d’une pompe à chaleur en 2026, notre comparatif des marques de PAC air-eau 2026 vous aidera à faire le bon choix. Voici également les points de vigilance essentiels :

  • Bilan thermique préalable obligatoire : pour une maison de plus de 15 ans, vérifier que le logement est suffisamment isolé pour accueillir une PAC basse température. Une PAC mal dimensionnée sur un logement mal isolé génère peu d’économies.
  • Choix du type de PAC : air/eau pour la majorité des logements existants, géothermique pour les propriétés avec espace extérieur disponible. Consultez notre guide comparatif complet pour choisir la bonne solution.
  • Compatibilité avec les émetteurs existants : radiateurs à eau chaude, plancher chauffant, ventilo-convecteurs — la PAC fonctionne à des températures de départ plus basses (45–55 °C au lieu de 70–80 °C). Un audit de l’installation existante est recommandé.
  • Synergie avec le solaire : une installation photovoltaïque couplée à une PAC permet de réduire la facture électrique, la PAC consommant de préférence lorsque les panneaux produisent. Pour rentabiliser davantage votre installation, vous pouvez également choisir le tarif Tempo EDF avec une pompe à chaleur. Le COP saisonnier (SCOP) peut ainsi dépasser 5 dans des conditions optimales.
  • Anticiper les délais : en période de forte demande, les délais de chantier peuvent s’allonger à 2–4 mois. Engager la démarche tôt permet de bénéficier des barèmes d’aides en vigueur.

La filière PAC a également investi dans la formation RGE, avec un nombre d’artisans certifiés en hausse de 12 % en 2025 — un facteur clé de qualité d’installation et de satisfaction client sur le long terme.

Le marché des PAC va-t-il revenir à son niveau record de 2022-2023 ?

Un retour immédiat au pic de 2022 (700 000+ unités/an) n’est pas attendu. Les projections sectorielles misent sur une progression de 10 à 15 % par an jusqu’en 2027-2028, portant le marché vers 550 000 à 600 000 unités. La combinaison hausse des prix fossiles, aides renforcées (CEE P6) et amélioration de la qualité d’installation joue en faveur d’une reprise progressive et durable.

Une PAC air/eau est-elle moins chère à l’usage qu’une chaudière gaz en 2026 ?

Oui, dans la majorité des cas. Avec le gaz à 0,126 €/kWh TTC (prix repère mai 2026) et l’électricité au tarif bleu à 0,194 €/kWh, une PAC avec un COP de 3,5 revient à chauffer à ~0,055 €/kWh thermique, contre 0,126 €/kWh pour la chaudière gaz — soit 56 % d’économie sur le coût d’usage. Pour une consommation annuelle de 15 000 kWh thermiques, cela représente ~1 060 € d’économie par an.

Quelles sont les aides disponibles pour une PAC air/eau en 2026 ?

Plusieurs dispositifs sont cumulables : MaPrimeRénov’ (30 à 90 % du coût selon les revenus, plafonnée à 12 000 € pour la PAC), CEE Coup de pouce (coefficient ×5 ou ×6 selon le profil), TVA à 5,5 % sur la fourniture et l’installation, et l’Éco-PTZ pour financer le reste à charge sans intérêts. Un conseiller France Rénov’ (0 808 800 700, gratuit) peut calculer l’enveloppe personnalisée.

La question de la qualité de l’air intérieur distingue nettement la pompe à chaleur de ses alternatives : contrairement au chauffage bois, elle n’émet aucune particule fine au point d’usage — un avantage confirmé par le rapport Anses 2026 sur le chauffage au bois et la qualité de l’air, qui révèle que 40 % des PM2.5 hivernales proviennent des foyers domestiques.

Mise à jour avril 2026 : parmi les catalyseurs du rebond 2026, EDF a annoncé le 8 avril une prime forfaitaire de 1 000 € destinée à 80 000 ménages modestes remplaçant une chaudière fossile par une PAC, cumulable avec MaPrimeRénov’ et le Coup de pouce CEE.

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