Mis à jour le 18 avril 2026 — MaPrimeRénov’ Copropriété permet à un syndicat de copropriétaires de financer entre 30 % et 45 % des travaux de rénovation énergétique des parties communes, avec un plafond de 25 000 € par logement. Ce dispositif, piloté par l’ANAH, s’accompagne d’une AMO financée et de primes individuelles pour les copropriétaires modestes. Voici le guide complet des démarches en 2026.
Qu’est-ce que MaPrimeRénov’ Copropriété ?
MaPrimeRénov’ Copropriété est un dispositif distinct de MaPrimeRénov’ individuelle, et impose comme cette dernière le passage par Mon Accompagnateur Rénov’ pour les rénovations d’ampleur. Il cible les syndicats de copropriétaires (et non les propriétaires à titre individuel) pour des travaux sur les parties communes et les parties privatives déclarées d’intérêt collectif. L’objectif : permettre aux copropriétés — notamment celles qui peinent à mobiliser des financements et cherchent à financer leur rénovation sans apport — d’engager des rénovations énergétiques ambitieuses. Selon l’ANAH, les copropriétés représentent 30 % du parc résidentiel français et constituent un enjeu majeur de la transition énergétique.
Contrairement aux travaux individuels, les décisions de travaux en copropriété nécessitent un vote en assemblée générale et impliquent l’ensemble des copropriétaires. MaPrimeRénov’ Copropriété est conçue pour faciliter ce processus en réduisant significativement le reste à charge collectif.
Montants et barèmes 2026 : jusqu’à 45 % de prise en charge
Le taux d’aide varie selon l’ambition du gain énergétique obtenu par la rénovation. Le guide des aides financières ANAH de février 2026 précise les barèmes :
| Gain énergétique | Taux d’aide MPR Copropriété | Plafond par logement | Aide max/logement |
|---|---|---|---|
| Gain ≥ 35 % de consommation d’énergie primaire | 30 % | 25 000 € | 7 500 € |
| Gain ≥ 50 % de consommation d’énergie primaire | 45 % | 25 000 € | 11 250 € |
| Bonus copropriété fragile (en complément) | +20 % des travaux | Sous conditions | Variable |
Des primes individuelles viennent compléter la prime collective pour les copropriétaires aux revenus modestes :
| Profil du copropriétaire | Prime individuelle complémentaire |
|---|---|
| Revenus modestes (catégorie jaune) | 1 500 € par logement |
| Revenus très modestes (catégorie bleu) | 3 000 € par logement |
Pour une rénovation visant un gain de 50 % et une copropriété fragile, le taux de prise en charge peut dépasser 65 % des travaux — un niveau exceptionnel qui rend la rénovation collective accessible.
Conditions d’éligibilité
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété en 2026, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Immatriculation obligatoire : la copropriété doit être immatriculée au Registre national des copropriétés (RNC)
- Ancienneté du bâtiment : construction achevée depuis au moins 15 ans
- Usage résidentiel majoritaire : au moins 75 % des lots doivent être à usage d’habitation principale
- Audit énergétique préalable : obligatoire pour définir le programme de travaux — en lien avec le plan pluriannuel de travaux en copropriété — et justifier le gain énergétique
- Artisans RGE : tous les travaux doivent être réalisés par des entreprises certifiées RGE
- Vote en assemblée générale : les travaux doivent être votés selon les règles de la copropriété
- Accompagnement AMO : obligatoire — un opérateur d’assistance à maîtrise d’ouvrage doit accompagner le projet
L’AMO : accompagnement obligatoire et financé
L’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) est une condition sine qua non de MaPrimeRénov’ Copropriété. Elle est financée à hauteur de 50 % du montant de la prestation, avec des plafonds différenciés :
- Copropriétés de plus de 20 logements : plafond de 600 € HT par logement (plancher global de 3 000 €)
- Copropriétés de 20 logements ou moins : plafond de 1 000 € HT par logement (plancher global de 3 000 €)
L’AMO accompagne le syndicat de copropriétaires dans toutes les étapes de la rénovation énergétique en copropriété : audit énergétique, consultation des entreprises, montage du dossier de financement, suivi des travaux. Pour les copropriétés fragiles, des opérateurs spécialisés agréés par l’ANAH peuvent intervenir. Découvrez comment se financer sans apport dans notre article sur les copropriétés fragiles et les aides disponibles.
Le vote en AG : les règles de majorité
Les travaux de rénovation énergétique en copropriété nécessitent un vote en assemblée générale. Les majorités requises varient selon la nature des travaux :
- Audit énergétique : majorité simple (art. 24 — majorité des voix des copropriétaires présents et représentés)
- Travaux d’économies d’énergie : majorité absolue (art. 25 — majorité de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents)
- Passerelle art. 25-1 : si la majorité absolue n’est pas atteinte mais que le projet obtient 1/3 des voix, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement
- Travaux d’utilité commune urgents : le syndic peut parfois agir sans vote préalable
Pour convaincre les copropriétaires réticents, il est essentiel de présenter un plan de financement clair montrant le reste à charge par logement après toutes les aides. Dans certains cas, un contrat de performance énergétique peut garantir les économies attendues et rassurer les copropriétaires les plus sceptiques.
Les démarches étape par étape
- Immatriculation au RNC : vérifier que la copropriété est immatriculée (obligatoire depuis 2017)
- Sélectionner un opérateur AMO : via la plateforme France Rénov’ ou sur recommandation d’un Espace Conseil France Rénov’
- Réaliser un audit énergétique collectif : l’AMO commande l’audit, qui définit le programme de travaux et les gains énergétiques attendus
- Présenter le projet en AG : l’AMO prépare le dossier de présentation, incluant le plan de financement détaillé par copropriétaire
- Voter les travaux en AG : majorité de l’article 25 (ou 25-1 si premier vote insuffisant)
- Déposer la demande MPR Copropriété : le syndic dépose la demande via la plateforme ANAH, au nom du syndicat des copropriétaires
- Sélectionner les entreprises RGE : appel d’offres, au moins 3 devis obligatoires
- Réaliser les travaux : selon les préconisations de l’audit et sous la supervision de l’AMO
- Réception des travaux : vérification de la conformité, livraison des attestations RGE
- Versement de la subvention : l’ANAH verse la prime directement au syndicat, qui la répartit selon les tantièmes
Cumul avec d’autres aides : l’éco-PTZ collectif
MaPrimeRénov’ Copropriété se cumule avec l’éco-PTZ collectif, qui permet au syndicat d’emprunter jusqu’à 30 000 € par lot d’habitation sans intérêts pour financer le reste à charge. Ce dispositif est particulièrement important pour les copropriétés fragiles qui ne peuvent pas mobiliser des fonds propres importants. Pour les copropriétaires individuels, des éco-PTZ individuels peuvent également être souscrits pour couvrir leur quote-part. La TVA à 5,5 % s’applique automatiquement sur toutes les factures de travaux éligibles.
Pour les copropriétés qui développent aussi de la production solaire, l’autoconsommation collective en copropriété constitue un complément intéressant pour réduire les charges communes à long terme.
Retour sur investissement pour une copropriété type
Pour une copropriété de 20 logements réalisant une rénovation avec un gain de 50 % de consommation d’énergie primaire :
- Coût total des travaux : 500 000 € HT (25 000 €/logement)
- MPR Copropriété à 45 % : 225 000 € de subvention
- Primes individuelles (10 copropriétaires modestes) : 10 × 1 500 € = 15 000 €
- TVA 5,5 % (vs 20 %) : économie de 72 500 €
- Éco-PTZ collectif (reste à charge) : 260 000 € sans intérêts sur 15 ans
- Économies annuelles sur les charges : 1 500 à 2 500 €/logement/an selon l’état initial
- Retour sur investissement : 8 à 12 ans selon les scénarios
FAQ — MaPrimeRénov’ Copropriété 2026
Qui peut déposer la demande MaPrimeRénov’ Copropriété ?
L’audit énergétique est-il obligatoire ?
Quelle majorité faut-il pour voter les travaux en AG ?
Peut-on bénéficier de MPR Copropriété pour une copropriété de moins de 5 lots ?
Qu’est-ce qu’une copropriété fragile et quel avantage en tire-t-elle ?
Un copropriétaire peut-il refuser les travaux et ne pas payer ?
Le bailleur peut-il récupérer sa quote-part d’aide sur son locataire ?
Pour aller plus loin
- → Guide complet de la rénovation énergétique 2026
- Copropriétés fragiles : financer la rénovation sans apport
- Contrat de performance énergétique en copropriété
- Autoconsommation collective en copropriété 2026
- Éco-PTZ 2026 : guide du prêt à taux zéro
- Cumul des aides rénovation 2026
- MaPrimeRénov’ 2026 : bilan et turbulences
Sources officielles :
- France Rénov’ — MaPrimeRénov’ Copropriété
- ANAH — Guide des aides financières 2026 (PDF officiel)
- ANAH — MaPrimeRénov’ : mode d’emploi mars 2026
- Mes Aides Réno — Simulateur officiel des aides
Pour optimiser le poste eau chaude sanitaire en parallèle des travaux d’enveloppe, consultez notre guide dédié au chauffe-eau solaire ou thermodynamique, deux solutions éligibles à MaPrimeRénov’ qui réduisent jusqu’à 70 % la facture ECS.

