Éco-PTZ garanti à 75 % : 35 000 ménages modestes peuvent rénover sans apport dès mai 2026
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Éco-PTZ garanti à 75 % : 35 000 ménages modestes peuvent rénover sans apport dès mai 2026

L’arrêté du 17 avril 2026 relance le FGRE : éco-PTZ garanti à 75 % pour les ménages modestes, 57 M€ de dotation, 35 000 foyers visés par an.

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L’arrêté du 17 avril 2026 publié au Journal officiel du 30 avril relance le Fonds de garantie pour la rénovation énergétique (FGRE) : à compter du 1er mai 2026, les banques partenaires peuvent accorder des éco-PTZ à taux 0 % aux ménages modestes avec une garantie de l’État à hauteur de 75 % de la perte en cas de défaut. Un levier méconnu mais décisif pour financer la rénovation des logements les plus énergivores sans apport.

L’arrêté du 17 avril 2026 : un renouvellement et une mise à jour du dispositif

Le FGRE a été institué par la loi de transition énergétique d’août 2015 et lancé opérationnellement en 2018. Géré par la FGAS (Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l’Accession Sociale, 13 rue Auber, Paris 9e), il fonctionne selon un principe simple : l’État garantit aux banques partenaires qu’elles seront indemnisées en cas de défaut de remboursement d’un ménage modeste, ce qui les encourage à accorder des crédits à des profils qui seraient normalement refusés.

L’arrêté du 17 avril 2026 actualise les conventions-types conclues entre l’État (via la FGAS) et les établissements de crédit, pour les aligner sur les nouveaux plafonds de ressources ANAH mis à jour au 1er janvier 2025 par le décret n°2024-1259 du 30 décembre 2024. Le financement du fonds repose sur une dotation de 57 M€ apportée par EDF via les certificats d’économies d’énergie (programme CEE PRO-FGRE), répartis sur trois ans.

Comment fonctionne la garantie : 75 % du risque pris en charge

Le FGRE n’est pas une aide directe versée aux ménages. C’est un mécanisme de garantie B2B entre l’État et les banques : si un emprunteur éligible ne rembourse pas son éco-PTZ, la FGAS indemnise la banque à hauteur de 75 % de la perte indemnisable pour les éco-PTZ individuels et les prêts avance rénovation (PAR/PAR+). Pour les prêts collectifs destinés aux copropriétés, le taux de contre-garantie est de 50 %.

CompartimentBénéficiairesTaux de garantieProduit concerné
Éco-PTZ individuels ménages modestesPropriétaires résidence principale (plafonds ANAH)75 %Éco-PTZ taux 0 %
Prêt avance mutation PAR/PAR+Ménages modestes, remboursement différé à la vente75 %Prêt avance rénovation
Prêts collectifs copropriétésSyndicats via sociétés de cautionnement (CEGC)50 % (contre-garantie)Prêt collectif copro

Du côté des emprunteurs, la garantie est totalement transparente : la démarche est strictement identique à un éco-PTZ classique. C’est la banque qui active la garantie FGAS en interne, sans aucune démarche supplémentaire pour le ménage.

Qui est éligible et pour quels travaux ?

Le FGRE cible les ménages modestes et très modestes au sens des plafonds de ressources ANAH — les mêmes que pour MaPrimeRénov’. Les conditions cumulatives sont les suivantes :

  • Le logement doit être la résidence principale du propriétaire occupant (ou du locataire pour les bailleurs).
  • Les travaux doivent être réalisés par des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
  • Le prêt doit être accordé par une banque partenaire signataire de la convention FGAS : La Banque Postale, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, CIC, BPCE (pour les éco-PTZ et PAR) ; CEGC pour les prêts collectifs copropriétés.

Les plafonds de l’éco-PTZ s’appliquent identiquement avec ou sans garantie FGRE, selon le type de travaux envisagés dans le cadre d’une rénovation énergétique :

Type de travauxPlafond éco-PTZDurée maxTaux
Rénovation globale (gain ≥ 2 classes DPE)50 000 €20 ans0 %
≥ 3 gestes de travaux30 000 €15 ans0 %
2 gestes de travaux25 000 €15 ans0 %
1 geste de travaux15 000 €10 ans0 %

Impact concret : financer 40 000 € de travaux sans apport

Le FGRE répond à un paradoxe bien documenté : les ménages qui ont le plus à gagner d’une rénovation de leur logement énergivore — propriétaires de passoires thermiques classées F ou G — sont souvent ceux qui ont le moins d’épargne et les plus de difficultés à obtenir un crédit bancaire. En garantissant 75 % du risque, le FGRE lève le principal frein des banques.

Exemple concret : un propriétaire modeste voulant financer une rénovation globale à 40 000 € (isolation des murs et de la toiture + remplacement d’une vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur) peut mobiliser :

  • MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur : jusqu’à 70 % du montant selon les revenus (soit 28 000 €)
  • Certificats d’économies d’énergie — Coup de pouce rénovation : prime complémentaire variable
  • Éco-PTZ FGRE : jusqu’à 50 000 € à taux 0 %, accessible même sans apport ni épargne grâce à la garantie de 75 %, remboursable sur 20 ans

Ce cumul peut permettre de ramener le reste à charge effectif à quelques milliers d’euros — voire zéro pour les ménages très modestes — sur un chantier qui améliorerait significativement la performance énergétique du logement et réduirait la facture annuelle de chauffage.

Le Prêt Avance Rénovation : rembourser à la vente du logement

Le FGRE couvre également le Prêt Avance Rénovation (PAR et PAR+), un mécanisme particulièrement adapté aux propriétaires âgés ou à ceux dont les revenus ne permettent pas de supporter des mensualités supplémentaires. Le principe : aucune mensualité pendant la durée d’occupation du logement. Le capital et les intérêts accumulés ne sont remboursés qu’au moment de la vente du bien, de la succession ou du changement de résidence principale.

Ce produit permet à des propriétaires aux revenus fixes (retraités, par exemple) de rénover leur logement sans peser sur leur budget mensuel. La garantie FGAS à 75 % permet aux banques d’accorder ces prêts à des profils sans garanties patrimoniales suffisantes — une configuration fréquente chez les propriétaires occupants âgés de passoires thermiques.

Copropriétés : une garantie spécifique via CEGC

Pour les syndicats de copropriétés souhaitant financer des travaux collectifs (isolation de la façade, remplacement de la chaufferie collective, installation d’une ventilation double flux dans les parties communes), le FGRE propose un mécanisme de contre-garantie à 50 % via la CEGC (Compagnie Européenne de Garanties et Cautions). Ce dispositif s’articule avec les obligations réglementaires des copropriétés en matière de plan pluriannuel de travaux (PPT) et de DPE collectif.

Le fonds cible environ 6 500 éco-PTZ collectifs copropriétés par an — un volume modeste au regard des centaines de milliers de copropriétés énergivores recensées en France, mais qui devrait progresser avec la montée en puissance des obligations réglementaires.

Perspectives 2026-2029 : un dispositif inscrit dans la 6e période CEE

Le FGRE s’inscrit dans le cadre de la 6e période des CEE (2026-2030), qui alloue environ 26,7 % des volumes à des actions en faveur de la précarité énergétique. Combiné aux programmes FEEBAT 3 et PROFEEL 3 créés le 7 mai 2026 pour former les artisans RGE, et aux bonifications Coup de pouce rénovation d’ampleur prolongées par l’arrêté du 7 janvier 2026, il constitue l’un des piliers du plan de montée en puissance de la rénovation énergétique résidentielle voulu par l’ANAH, qui vise 120 000 rénovations d’ampleur en 2026.

Pour les particuliers concernés, la démarche est simple : identifier une banque partenaire FGAS, choisir ses travaux avec un professionnel RGE, et déposer une demande d’éco-PTZ classique. Le reste — activation de la garantie, indemnisation éventuelle — est géré en B2B entre la banque et la FGAS, sans aucune complexité supplémentaire côté emprunteur. Dans la perspective d’une transition énergétique qui suppose de rénover massivement le parc résidentiel, le FGRE est l’un des rares outils conçus précisément pour les profils qui en ont le plus besoin.

Quelle différence entre un éco-PTZ classique et un éco-PTZ FGRE ?

Du point de vue de l’emprunteur, les conditions sont strictement identiques : taux 0 %, mêmes plafonds selon le type de travaux (jusqu’à 50 000 € pour une rénovation globale), même durée maximale (20 ans), même obligation d’entreprises RGE. La garantie FGAS est un mécanisme entre la banque et l’État : la banque est assurée d’être indemnisée à 75 % en cas de défaut de paiement, ce qui l’encourage à accorder le prêt à des ménages sans apport ou sans patrimoine immobilier comme garantie.

Qui gère le Fonds de garantie rénovation énergétique ?

Le FGRE est géré par la FGAS (ex-SGFGAS), société spécialisée dans les financements et garanties liés à l’accession sociale à la propriété, placée sous tutelle du ministère du Logement. Elle administre également la garantie du Prêt Social Location-Accession (PSLA). Son financement provient d’une dotation de 57 M€ apportée par EDF via les certificats d’économies d’énergie (CEE). Ni l’ANAH ni Bpifrance ne gèrent ce fonds.

Comment faire une demande d’éco-PTZ garanti FGRE ?

La démarche est identique à un éco-PTZ classique : contacter une banque partenaire ayant signé la convention FGAS (La Banque Postale, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, CIC, BPCE), fournir un devis détaillé d’une entreprise certifiée RGE, justifier ses revenus au regard des plafonds de ressources ANAH. La banque active la garantie FGAS directement en interne — aucune démarche spécifique n’est requise de la part du demandeur.

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