L’accise sur l’électricité — l’ancienne TICFE — connaît une trajectoire de baisse programmée jusqu’en 2027 : 24,69 €/MWh au 1er août 2026, puis 24,38 €/MWh au 1er janvier 2027 pour les ménages. Ce paramètre s’ajoute à la grille tarifaire propre à l’option Tempo, qui influence elle aussi fortement le montant final de la facture. Inscrite dans la loi de finances pour 2026 (article 18), cette réduction génère 16 à 29 € d’économies annuelles, automatiques, sans aucune démarche. Voici ce qui change et pourquoi.
Ce que prévoit la loi de finances 2026 pour l’accise
Adoptée le 2 février 2026 via l’article 49.3, la loi de finances pour 2026 modifie les articles L312-37 et L312-37-1 du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) pour inscrire une trajectoire pluriannuelle de baisse de l’accise sur l’électricité. Consultable sur Légifrance, ce texte acte deux paliers successifs :
| Période | Taux ménages (hors ZNI) | Taux entreprises (hors ZNI) |
|---|---|---|
| Août 2025 – juillet 2026 | 29,98 €/MWh | 25,79 €/MWh |
| 1er août 2026 | 24,69 €/MWh | 20,42 €/MWh |
| 1er janvier 2027 | 24,38 €/MWh | 20,04 €/MWh |
La réduction cumulée représente -5,60 €/MWh sur deux ans pour les ménages (-0,5 €/MWh en 2026, -0,4 €/MWh en 2027). Pour les logements en zones non interconnectées (ZNI) — Corse, DOM, collectivités d’outre-mer —, une majoration de +5,66 €/MWh s’applique en 2026 conformément à l’article L312-37-1 du CIBS. La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), qui surveille la bonne répercussion de ces taux sur les tarifs réglementés, a par ailleurs indiqué que la révision du TRV au 1er août 2026 intégrera cette nouvelle composante.
Cinq ans d’histoire : du bouclier tarifaire à la normalisation
Pour comprendre l’ampleur de ces chiffres, un rappel historique s’impose. Entre 2016 et 2021, l’accise (alors appelée CSPE, puis TICFE) était fixée à 22,5 €/MWh pour les ménages — un niveau considéré comme le plancher « normal » de la fiscalité énergétique française. La crise des prix de l’énergie de 2022 a conduit le gouvernement à instaurer un bouclier tarifaire historique : l’accise est temporairement ramenée à 1 €/MWh (ménages) et 0,5 €/MWh (professionnels) entre janvier 2022 et janvier 2025. Ce gel a représenté environ 37 milliards d’euros de manque à gagner pour les finances publiques sur trois ans.
La sortie progressive du bouclier s’est effectuée en deux temps : en février 2025, l’accise est remontée à 33,70 €/MWh — au-dessus de son niveau pré-crise — avant de redescendre à 29,98 €/MWh en août 2025. La trajectoire programmée par la LF 2026 poursuit ce mouvement descendant, mais les taux 2026-2027 restent encore 8 à 9 % supérieurs aux 22,5 €/MWh d’avant la crise. Pour un décryptage complet de la composition de votre facture, notre guide sur les prix de l’énergie détaille chaque composante.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de marché favorable : les prix de l’électricité ont baissé de 24 % en Europe en deux ans sous l’effet du déploiement des énergies renouvelables, ce qui crée une pression supplémentaire sur les gouvernements pour ajuster la fiscalité à la baisse des coûts de production. La Commission européenne a elle-même intégré cet enjeu dans son Citizens Energy Package du 30 avril 2026, qui pousse les États membres à réduire la pression fiscale sur l’énergie propre pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages.
Combien vais-je économiser sur ma facture ?
La bonne nouvelle pour les consommateurs : aucune démarche n’est requise. La baisse s’applique automatiquement sur chaque facture d’électricité à compter du 1er août 2026. Elle apparaît comme une ligne « accise sur l’électricité » dont le montant est calculé sur la base du nouveau taux.
- Ménage type (4 500 kWh/an) : économie d’environ 16 € TTC/an dès août 2026, portée à 18 € TTC/an à partir de 2027
- Maison avec pompe à chaleur (8 000 kWh/an) : économie d’environ 29 € TTC/an en 2026, jusqu’à 33 € TTC/an en 2027
- Petite entreprise (30 000 kWh/an) : économie de 160 € HT/an dès le 1er août 2026
Ces calculs incluent la TVA à 20 % appliquée sur l’accise. Pour les ménages abonnés au tarif réglementé (tarif bleu EDF), la baisse sera intégrée dans le calcul du TRV. Si vous êtes en offre à prix variable indexée sur le TRV, l’ajustement sera automatique. Pour les offres à prix fixe, vérifiez vos conditions générales : certains fournisseurs intègrent l’accise dans leur prix TTC garanti.
Attention à l’effet TURPE : ces économies sur l’accise seront partiellement compensées par la hausse du TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité). Comme l’explique notre analyse détaillée du TURPE 2026 et de son impact sur la facture au 1er août, cette composante réseau progresse quasi-simultanément. L’effet net pour un ménage moyen sera modeste, mais peut varier selon votre profil de consommation.
Par ailleurs, les 10 principes directeurs de la CRE pour les tarifs réglementés 2026 précisent les modalités de répercussion des variations de coûts — dont l’accise — dans le calcul du TRV révisé trimestriellement. Pour les ménages qui ont opté pour le tarif réglementé expérimental CRE à modulation saisonnière, la baisse de l’accise s’applique uniformément sur toutes les heures.
Budget 2027 : vers une réduction supplémentaire de la taxe ?
La LF 2026 programme la trajectoire jusqu’au 1er janvier 2027, mais le gouvernement a relancé ces dernières semaines les discussions sur la fiscalité de l’énergie pour le projet de loi de finances 2027 (PLF 2027), dont le texte sera présenté à l’automne 2026. Plusieurs pistes seraient à l’étude, notamment un rapprochement des taux vers les 22,5 €/MWh d’avant la crise, voire en dessous, pour accélérer la transition vers le chauffage électrique et récompenser les ménages ayant investi dans des pompes à chaleur ou d’autres usages électriques décarbonés.
Les enjeux budgétaires restent significatifs : chaque réduction d’1 €/MWh sur l’accise électricité représente environ 550 millions d’euros de manque à gagner annuel pour l’État. Une baisse vers 22,5 €/MWh (soit -1,88 €/MWh supplémentaires en 2027) coûterait environ 1 milliard d’euros, à mettre en regard d’une éventuelle hausse symétrique de la fiscalité sur les énergies fossiles.
Pour les ménages souhaitant anticiper : chaque tranche de -1 €/MWh de baisse d’accise équivaut à environ 3,30 € TTC/an d’économies pour une consommation de 4 500 kWh/an (6 €/an pour 8 000 kWh). Ces ordres de grandeur permettent d’estimer rapidement l’impact de toute future décision fiscale sur votre budget énergétique. L’initiative AccelerateEU de la Commission européenne encourage par ailleurs les États membres à exploiter la baisse des prix de marché pour alléger durablement la facture des consommateurs vulnérables.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’accise sur l’électricité, et en quoi diffère-t-elle de la TICFE ?
L’accise sur l’électricité est le terme officiel depuis la réforme de la fiscalité énergétique opérée par l’ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021. Elle remplace et fusionne plusieurs taxes antérieures, dont la TICFE (Taxe intérieure sur la consommation finale d’énergie) et la CSPE (Contribution au service public de l’électricité). Le mécanisme est identique : une taxe prélevée en €/MWh sur chaque kilowattheure consommé, intégrée dans votre facture avant TVA. Le terme « TICFE » est donc obsolète depuis 2022, même s’il reste utilisé dans le langage courant.
La baisse de l’accise est-elle automatique ou faut-il contacter son fournisseur ?
La baisse est entièrement automatique : votre fournisseur d’électricité répercute le nouveau taux dès le 1er août 2026 sans qu’aucune action soit requise de votre part. Sur votre facture, la ligne « accise sur l’électricité » affichera le montant recalculé. Pour les abonnés au tarif réglementé EDF, la révision intégrera automatiquement ce nouveau paramètre lors de l’ajustement trimestriel du 1er août.
L’accise sur l’électricité va-t-elle continuer à baisser après 2027 ?
La loi de finances pour 2026 ne programme la trajectoire que jusqu’au 1er janvier 2027 (taux de 24,38 €/MWh pour les ménages hors ZNI). Les taux au-delà de 2027 dépendront du projet de loi de finances 2027, dont l’examen parlementaire est prévu à l’automne 2026. Des discussions sont en cours pour explorer un rapprochement vers les 22,5 €/MWh pré-crise, mais aucune décision n’est arrêtée à ce stade. Le Sénat avait voté en décembre 2025 en faveur d’une baisse de la taxation de l’électricité en contrepartie d’une hausse de celle sur le gaz.

