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Éolien offshore : RTE boucle les 9 premiers parcs raccordés — bilan 3 GW

Avec la mise à disposition du raccordement du parc Dieppe-Le Tréport en avril 2026, RTE a finalisé les 9 premiers parcs éoliens offshore français. Bilan chiffré, enjeux réseau et trajectoire vers 18 GW en 2035.

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La France vient de franchir une étape structurante dans son déploiement de l’éolien offshore. Selon le communiqué de RTE, le raccordement est désormais mis à la disposition du producteur pour le parc éolien en mer de Dieppe–Le Tréport, achevant ainsi la séquence des 9 premières infrastructures de raccordement offshore confiées à RTE depuis 2019. Cette complétion de l’infrastructure réseau intervient dans un contexte de montée en puissance rapide du mix électrique français, illustré par le lancement de l’enquête publique du raccordement de Centre-Manche 2 par RTE, porté par des ambitions renouvelables sans précédent dans la PPE3.

Le raccordement Dieppe–Le Tréport : caractéristiques techniques

Une fois que ses éoliennes seront en service, le parc de Dieppe–Le Tréport alimentera environ 850 000 personnes — soit la population de deux départements normands. L’infrastructure de raccordement construite par RTE comprend notamment une double ligne électrique sous-marine de 225 000 volts de 23 km, reliant le parc en mer au poste de Grande-Sole à Petit-Caux, lui-même connecté au réseau 400 kV de Penly.

Ce chantier s’est étendu sur plusieurs années, mobilisant des équipes de génie civil sous-marin et terrestre. Il s’inscrit dans la stratégie de RTE de préparer le réseau avant même que les éoliennes soient installées, garantissant une mise en service rapide une fois le parc construit. La production effective sur Dieppe–Le Tréport est attendue pour fin 2026.

9 parcs raccordés : le bilan de la vague pionnière

Les 9 premiers parcs éoliens offshore français correspondent aux appels d’offres AO1, AO2 et aux projets pilotes flottants de Méditerranée. Ils représentent collectivement une puissance installée ou en cours d’installation avoisinant 3 GW. Parmi les sites déjà producteurs : Saint-Nazaire (480 MW, premier parc commercial français, opérationnel depuis 2022), Fécamp (497 MW), Saint-Brieuc (496 MW), Yeu-Noirmoutier (500 MW, opérationnel depuis fin avril 2026) et les trois pilotes flottants méditerranéens (Provence-Grand-Large, Eolmed/Gruissan, EFGL).

Dieppe–Le Tréport (496 MW) et Courseulles-sur-Mer viennent compléter ce tableau, avec leurs raccordements réseau prêts côté RTE, en attente de la mise en service des éoliennes. Pour les acteurs de l’appel d’offres AO10 récemment approuvé par la CRE, ce bilan démontre la capacité industrielle française à tenir ses engagements de raccordement.

Un réseau en pleine transformation sous tension financière

Ce déploiement offshore s’inscrit dans un programme d’investissements massif de RTE. Selon les résultats annuels 2025 de RTE, l’opérateur a dépensé 3 346 M€ en 2025, en hausse de 29 % par rapport à 2024, et RTE a ainsi plus que doublé ses investissements en 4 ans (+112 %). Ces montants reflètent non seulement les raccordements offshore, mais aussi le renforcement du réseau terrestre pour absorber les énergies renouvelables.

Sur le versant électrification industrielle, plus de 200 projets d’électrification dans la grande industrie ou les centres de données ont déjà sécurisé leur accès au réseau, représentant une puissance cumulée de 33 GW. Ce chiffre illustre l’ampleur de la transformation du mix énergétique français, qui dépasse le seul secteur éolien. Pour aller plus loin, lisez notre analyse sur les l’investissement de la Caisse des Dépôts dans le réseau RTE.

Le bilan électrique 2025 : un socle solide pour la transition

Ce déploiement offshore s’inscrit dans un contexte de mix électrique français historiquement décarboné. Selon le bilan électrique 2025 de RTE, la production totale d’électricité en France a légèrement crû en 2025 (547,5 TWh) et la part d’électricité bas-carbone dans le mix français se maintient donc à plus de 95 %. Résultat : la France a enregistré un nouveau record d’exportation en 2025 (+92,3 TWh), se positionnant pour la deuxième année consécutive comme le premier exportateur net d’électricité en Europe.

Cette abondance d’électricité décarbonée constitue le socle sur lequel s’appuient les objectifs PPE3 pour l’éolien offshore : 18 GW en 2035, 45 GW en 2050. Avec 3 GW raccordés (ou en passe de l’être) aujourd’hui, la France est encore loin de son objectif long terme. La trajectoire est exigeante mais le cadre industriel, financier et réglementaire est désormais en place. Consultez notre guide sur les énergies du futur pour une vue d’ensemble.

Mise en perspective : la France est-elle dans les temps ?

Avec 9 parcs raccordés sur la période de déploiement pionnière, le rythme de déploiement reste largement insuffisant face aux 18 GW cibles de 2035. Les pays pionniers comme le Royaume-Uni, le Danemark ou les Pays-Bas disposent de flottes offshore nettement plus importantes. La France souffre d’un retard historique lié à des procédures administratives et contentieuses longues, partiellement corrigées par le décret 2026-302 sur l’accélération des recours.

Le défi est désormais clairement posé : pour atteindre 18 GW en 2035, il faudra raccorder l’équivalent de 15 GW supplémentaires en 9 ans — soit environ 1,7 GW par an — contre un rythme de 0,4 GW/an observé sur la vague pionnière. Les appels d’offres AO10 (10 GW), AO11 et les projets de grande envergure constituent le pipeline nécessaire. Pour suivre l’évolution des projets en cours, consultez notre carte des projets éoliens offshore et leur calendrier.

Questions fréquentes

Pourquoi tous les 9 parcs raccordés ne produisent-ils pas encore ?

Le raccordement réalisé par RTE est l’infrastructure réseau côté terre : sous-station électrique, câbles sous-marins et souterrains. Cette infrastructure peut être prête avant que les éoliennes elles-mêmes soient installées en mer. C’est le cas pour le parc de Dieppe–Le Tréport, dont les éoliennes sont en cours d’installation et dont la production est attendue fin 2026. RTE «met à disposition» le raccordement quand l’infrastructure réseau est opérationnelle, quelle que soit l’avancée du parc éolien proprement dit.

Comment la France compte-t-elle atteindre 18 GW d’éolien offshore en 2035 ?

La PPE3 (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) publiée en février 2026 fixe un objectif de 18 GW en 2035. Pour y parvenir, la France s’appuie sur les appels d’offres lancés ou en cours (AO10 avec 10 GW approuvés par la CRE en mai 2026), la simplification des recours contre les projets (décret 2026-302), et le développement industriel de la filière. RTE planifie les raccordements nécessaires dans son schéma décennal.

Quels sont les impacts des parcs éoliens offshore sur le réseau électrique ?

L’intégration de l’éolien offshore dans le réseau nécessite des investissements majeurs dans les liaisons sous-marines (à haute tension) et les sous-stations terrestres. RTE doit également anticiper les périodes de forte production éolienne pour éviter les congestions, en développant des interconnexions et des flexibilités de consommation. Les projections de RTE prévoient des investissements colossaux pour les raccordements à venir.

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