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Vagues de chaleur : le plan de l’État pour rafraîchir logements et bâtiments

Face aux vagues de chaleur qui se multiplient, l’État dévoile un plan d’action pour adapter logements et bâtiments. Présenté par les ministères de la Transition écologique et du Logement dans le cadre du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3),…

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Face aux vagues de chaleur qui se multiplient, l’État dévoile un plan d’action pour adapter logements et bâtiments. Présenté par les ministères de la Transition écologique et du Logement dans le cadre du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), il combine baisses de TVA ciblées, vote simplifié en copropriété et soutien aux solutions de rafraîchissement les plus sobres. Dans le parc locatif, ces arbitrages posent une question très concrète : qui paie la climatisation réversible en location. Tour d’horizon des mesures concrètes pour les ménages.

Pourquoi un plan dédié à la chaleur dans le bâtiment

Le constat qui justifie ce plan est sans appel. D’après le dossier de presse gouvernemental, la France a connu quatre fois plus de jours de canicule cette décennie que dans les années 1980 : la France a connu quatre fois plus de jours de canicule cette décennie que dans les années 1980, et cette tendance va se poursuivre. Le bilan humain est lourd, avec 11 700 décès liés aux canicules entre 2017 et 2024. Et le bâti est en première ligne, puisque le pays compte 1/3 de logements « bouilloires » thermiques. Ce risque, nous l’avions documenté en montrant qu’un logement classé D peut être plus dangereux qu’un G en cas de canicule.

Le gouvernement structure sa réponse autour d’une logique claire : le plan repose sur trois piliers, qui sont ceux de notre stratégie face aux fortes chaleurs : rafraîchir les villes, limiter la surchauffe des bâtiments, les refroidir en privilégiant les solutions les plus performantes.

Pilier 1 : rafraîchir des villes devenues des fournaises

En milieu urbain, l’effet d’îlot de chaleur aggrave fortement les températures ressenties : les températures peuvent grimper jusqu’à 10 °C de plus dans les zones denses. Un écart confirmé par l’ADEME, qui rappelle que pour une grande agglomération, la différence peut atteindre 5 à 10 °C en période de canicule : pour une grande agglomération comme Paris, lors d’un été classique, la différence de température est de l’ordre de 3 à 4 °C, mais cet écart peut être beaucoup plus élevé en période de canicule : de 5 à 10 °C.

Pour y répondre, l’État mise sur la renaturation. Le Fonds vert a accordé 223 M€ ces deux dernières années pour contribuer à financer 1 100 hectares de renaturation de cours d’école, de projets de forêts urbaines, de réouverture de cours d’eau, bénéficiant à près de 6,4 millions d’habitants. Plus largement, l’État a mobilisé en 2024 près de 500 M€ d’investissement en faveur de projets environnementaux portés par les collectivités.

Pilier 2 : limiter la surchauffe des logements

C’est le volet qui concerne le plus directement les particuliers. La première arme est passive et peu coûteuse : une bonne gestion des occultations permet de réduire de 30 à 50 % l’inconfort thermique. C’est exactement la logique des solutions que nous détaillons dans notre guide des solutions pour rafraîchir son logement sans climatisation.

Sur le plan fiscal, un coup de pouce existe déjà : depuis le 1er janvier 2025, les protections solaires et brasseurs d’air bénéficient d’un taux de TVA réduit à 5,5 % dans le cadre d’une rénovation. Et la rénovation énergétique intègre de plus en plus le confort d’été : en 2025, plus d’un tiers des dossiers comprennent des gestes identifiés comme concourant à la lutte contre la chaleur.

Nouveauté majeure pour l’habitat collectif : dans les copropriétés, l’installation de ces équipements sera désormais adoptée à la majorité simple et pourra intégrer les financements en prêt collectif. Une simplification qui devrait débloquer bien des projets — un sujet que nous abordons dans notre dossier sur la rénovation énergétique en copropriété, par où commencer. Du côté des bâtiments publics, depuis 2025, l’éligibilité au Fonds vert des projets de rénovation des bâtiments publics locaux (dont les écoles) est conditionnée à la prise en compte de la problématique de la chaleur, et en 2025, plus de 1 230 projets concernant des bâtiments publics ont été soutenus par 208 M€ de subventions pour près de 1,55 Md€ de travaux générés.

Pilier 3 : refroidir, mais avec les solutions les plus sobres

Quand la climatisation devient nécessaire, l’État veut orienter vers les équipements les plus efficaces. Les réseaux de froid sont mis en avant : les réseaux de froid ont un rendement énergétique de 1,5 à 3 fois supérieur aux installations autonomes, avec pour objectif : doubler la capacité d’ici 2030 et la tripler d’ici 2035. Pour les soutenir, les réseaux de froid bénéficient du taux de TVA réduit à 5,5 %, décidé en loi de finances 2026, depuis le 1er mars.

La mesure la plus attendue concerne les pompes à chaleur réversibles : au plus tard d’ici septembre, les PAC air-air réversibles bénéficieront du tarif réduit de TVA à 5,5 %, décidé en loi de finances 2026. Ce tarif sera réservé aux installations les plus performantes, selon un arrêté qui sera publié d’ici là. Avant de vous équiper, il est utile de comprendre les différences techniques que nous comparons dans notre article PAC contre climatisation réversible. Pour les collectivités, enfin, pour les bâtiments publics des collectivités, l’éligibilité au Fonds vert intégrera les solutions de rafraîchissement actif performantes (géothermie, pompes à chaleur réversibles) si elles sont prévues dans le cadre d’une opération de rénovation.

Un plan qui s’inscrit dans une stratégie de long terme

Ces mesures ne sortent pas de nulle part. Elles prolongent le PNACC-3 : publié le 10 mars 2025, le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) est l’outil pour préparer la France à vivre dans un monde qui se réchauffe. Sa mise en œuvre est bien engagée selon la synthèse d’avancement publiée début 2026 : depuis mars 2025, 80 % des actions préconisées par le PNACC ont été lancées, avec 18 ministères et 25 directions générales mobilisés pour piloter les 340 sous-actions du PNACC.

Surtout, la France a inscrit dans le marbre une hypothèse de réchauffement : le 23 janvier 2026, la France a franchi une étape décisive en intégrant, pour la première fois, la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) dans le cadre juridique national. Cette trajectoire vise + 2 °C en 2030, + 2,7 °C en 2050 et + 4 °C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle pour la France hexagonale et la Corse. Les futures règles de construction suivront : une concertation sera ouverte avec la filière en juillet pour l’adoption d’un décret avant le 1er janvier 2027, afin d’intégrer pleinement le confort d’été dans les bâtiments neufs. Le détail des arbitrages est consultable sur la page du ministère consacrée à l’adaptation de la France au changement climatique.

Ce qu’il faut retenir si vous voulez agir

Pour un propriétaire ou un locataire, la marche à suivre est désormais plus lisible : commencer par les solutions passives (volets, stores, brasseurs d’air) déjà éligibles à la TVA réduite, intégrer le confort d’été à tout projet de rénovation, et n’envisager la climatisation active qu’avec un équipement performant qui bénéficiera bientôt du taux réduit. En copropriété, le passage à la majorité simple lève un frein de longue date. Pour aller plus loin dans le rafraîchissement de votre intérieur, consultez nos conseils pour le confort d’été en appartement, notre dossier complet sur la climatisation et le confort d’été et notre guide de référence sur la pompe à chaleur.

Questions fréquentes

Quelles aides existent pour rafraîchir son logement face à la chaleur ?

Depuis le 1er janvier 2025, les protections solaires et brasseurs d’air bénéficient d’un taux de TVA réduit à 5,5% dans le cadre d’une rénovation. Le plan prévoit en outre d’étendre, au plus tard d’ici septembre, ce même taux réduit aux pompes à chaleur air-air réversibles les plus performantes.

La copropriété facilite-t-elle l’installation de protections solaires ?

Oui. Désormais, dans les copropriétés, l’installation de ces équipements sera adoptée à la majorité simple et pourra intégrer un financement en prêt collectif, ce qui simplifie nettement la prise de décision en assemblée générale.

Qu’est-ce qu’un réseau de froid et pourquoi l’État le favorise-t-il ?

Un réseau de froid distribue de l’eau glacée produite de façon centralisée pour rafraîchir plusieurs bâtiments. Il affiche un rendement énergétique 1,5 à 3 fois supérieur aux installations autonomes et de très faibles émissions, ce qui explique l’objectif public de doubler sa capacité d’ici 2030.

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