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Marché de gros électricité : la CRE publie son bulletin du 2e trimestre 2026

La CRE publie son bulletin trimestriel du marché de gros de l’électricité pour le 2e trimestre 2026 : 476 TWh échangés, lien avec votre facture.

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Marché de gros de l’électricité : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier son bulletin trimestriel consacré au 2e trimestre 2026. 476 TWh ont été échangés durant cette période, en baisse de 21 % par rapport aux 597 TWh échangés au premier trimestre 2026. Un repli qui s’inscrit pourtant dans une dynamique de croissance sur un an, alors que la France vient d’établir un nouveau record dans cet article d’exportations d’électricité.

Ce document, publié chaque trimestre par le régulateur, est devenu un outil de suivi essentiel depuis la fin de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) : il permet de suivre, indicateur par indicateur, comment se comportent les acteurs qui achètent et vendent de l’électricité par blocs, avant que celle-ci n’arrive chez le consommateur final via son fournisseur.

Un repli trimestriel qui n’efface pas la croissance annuelle

Les volumes échangés durant cette période ont atteint 476 TWh, en baisse de 21 % par rapport aux 597 TWh échangés au premier trimestre 2026, un trimestre que la CRE qualifiait déjà de particulièrement actif. La baisse la plus marquée concerne les échanges d’avril et mai portant sur les produits annuels et trimestriels — des produits qui permettent aux fournisseurs de sécuriser à l’avance une partie de leur approvisionnement, quand les marchés de court terme servent surtout à ajuster l’équilibre entre production et consommation heure par heure. Mais la comparaison sur un an nuance ce repli : le deuxième trimestre 2026 affiche une hausse de 4 % (18 TWh) par rapport au deuxième trimestre 2025. La CRE résume elle-même la tendance dans la synthèse de son bulletin trimestriel : après un début d’année particulièrement actif, le deuxième trimestre 2026 marque un léger repli par rapport au premier trimestre, mais les volumes échangés poursuivent leur croissance d’une année sur l’autre, et l’activité au mois de juin a été particulièrement soutenue.

Sur le détail des canaux de négociation, les volumes échangés directement sur les bourses ont baissé de 31 % au T2 2026 par rapport au T1 2026, et les volumes financiers enregistrés de 17 %, tandis que les autres échanges sont restés relativement stables. À l’inverse, le marché de court terme accélère nettement : 216 TWh ont été échangés au comptant en moyenne mensuelle au premier semestre 2026, contre 161 TWh en 2025. Autre signal relevé par le régulateur, les échéances lointaines gagnent en attractivité : les échanges à horizon Y+4 sont passés de 1,1 TWh au premier trimestre 2026 à 1,8 TWh ce trimestre, soit une progression de 63,6 %.

Positions ouvertes : les acteurs se projettent déjà sur les prochaines années

Le bulletin documente aussi les positions ouvertes sur les produits calendaires à horizon pluriannuel — un indicateur de la façon dont fournisseurs, producteurs et acteurs financiers couvrent leurs risques de prix pour les années à venir. Le produit ayant la position ouverte de loin la plus élevée est le produit annuel Y_2027, suivi par les produits trimestriels à échéance plus proche Q4_2026 et Q3_2026, ce dernier ayant vu ses positions baisser depuis le trimestre précédent. Sur les échéances plus lointaines, les positions ouvertes sur le produit calendaire 2027 atteignent 20,5 GW, celles sur le produit 2028 s’élèvent à 7,0 GW, et celles sur 2029 totalisent 1,9 GW. Ces indicateurs intéressent avant tout les professionnels du secteur, mais ils donnent aussi une indication indirecte de la confiance du marché dans la stabilité des prix à moyen terme : plus les positions sur les échéances lointaines sont importantes, plus les acteurs s’engagent tôt sur des prix qu’ils jugent acceptables.

Ce suivi n’est pas un exercice technique isolé. La CRE publie ce bulletin trimestriel pour accompagner le développement des marchés de gros de l’électricité et renforcer leur transparence, en particulier dans le cadre de la fin du dispositif d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) — un changement de contexte réglementaire majeur pour la formation des prix.

Pourquoi ce marché pèse désormais directement sur votre facture

Avec la fin de l’ARENH le 31 décembre 2025, le marché de gros de l’électricité joue désormais un rôle prépondérant dans la formation du prix de l’électricité pour les consommateurs ; si la baisse des prix en sortie de crise a atténué les effets de cette transition vers des prix de détail sans ARENH, les consommateurs se trouvent désormais davantage exposés aux prix du marché de gros, souligne la CRE dans son rapport de surveillance annuel des marchés, publié un mois plus tôt.

Le bilan 2025 donne la mesure de cette exposition accrue à la volatilité. 513 heures de prix strictement négatifs ont été enregistrées en 2025, soit 46 % de plus qu’en 2024, et 219 heures de prix nuls, soit 11 % de plus qu’en 2024 — des records qui traduisent les tensions entre une production bas-carbone abondante et une demande qui ne suit pas toujours. Autre record : la France a réalisé en 2025 un nouveau record de solde exportateur net, à 92,3 TWh, dépassant le précédent record de 89,0 TWh. Un pays exportateur net d’électricité vend habituellement son surplus aux prix du marché de gros européen interconnecté, ce qui bénéficie aux producteurs tout en pesant, à la marge, sur les prix domestiques lors des pics de demande chez les voisins européens.

Cette dynamique exportatrice s’est encore renforcée au premier semestre 2026, dans le prolongement de ce record d’exportations d’électricité au premier semestre 2026 que nous détaillions début juillet. Le solde des exports d’électricité français a atteint un niveau record de 51 TWh au premier semestre 2026, porté par le rétablissement du nucléaire, la croissance des renouvelables et des coûts marginaux bas-carbone particulièrement compétitifs, rapportait RTE début juillet. Pour Thomas Veyrenc, directeur général Économie, stratégie et finance de RTE, ces exports illustrent l’abondance et la compétitivité sur les marchés de la production d’électricité bas carbone française, prérequis nécessaire pour envisager une électrification sans conflit d’usages.

Ce que cela change concrètement pour votre facture

Deux mouvements réglementaires viennent objectiver ce lien entre marché de gros et facture des ménages. D’une part, comme nous le détaillions dans notre analyse de la prochaine hausse du TURPE, au 1er août 2026, les tarifs TURPE évoluent en moyenne de +3,04 % pour le réseau de distribution HTA-BT et de +3,34 % pour le réseau de transport HTB. Selon la CRE, dans sa page consacrée à l’évolution annuelle des tarifs de réseaux, cette augmentation des tarifs de réseaux induit, toutes choses égales par ailleurs, une hausse d’environ 1 % TTC des tarifs réglementés de vente de l’électricité (TRVE) — un effet mécanique qui s’ajoute aux mouvements du marché de gros documentés par le bulletin trimestriel. Cette hausse accompagne d’ailleurs la revalorisation du tarif réglementé de l’électricité qui marque la fin d’un cycle de baisses.

D’autre part, l’observatoire des marchés de détail de la CRE dresse un état des lieux de la concurrence sur les offres. À fin mars 2026, sur 35,08 millions de sites résidentiels, 19,37 millions étaient encore aux tarifs réglementés de vente de l’électricité (TRVE), soit 55,2 %, en baisse de 174 000 clients sur le trimestre. Côté entreprises, le mouvement est plus marqué : le taux de switch en électricité s’établit à 14,8 % au premier trimestre 2026, porté par un fort développement des fournisseurs alternatifs, qui gagnent 258 000 sites supplémentaires par rapport au trimestre précédent, si bien que 70,8 % des clients non résidentiels sont désormais en offre de marché, soit 3,83 millions sur 5,41 millions, contre 1,58 million restés aux TRVE. Pour approfondir ces mécanismes, notre décryptage du rapport CRE 2025 sur la protection des consommateurs détaille les recours possibles en cas de litige avec un fournisseur.

Concrètement, si vous êtes resté aux tarifs réglementés de vente, votre facture suit un mécanisme de calcul encadré par la CRE, qui intègre notamment les coûts de réseau (TURPE) et un complément reflétant les prix de marché. Si vous avez souscrit une offre de marché chez un fournisseur alternatif, votre facture peut suivre plus directement les variations du marché de gros documentées par ce bulletin — à la hausse comme à la baisse. Comparer régulièrement les offres et vérifier l’indexation exacte de son contrat reste la meilleure protection contre une exposition excessive à cette volatilité.

Prochaines échéances à surveiller

Le prochain rendez-vous CRE à surveiller est la publication du bulletin du 3e trimestre 2026, généralement diffusée en tout début de trimestre suivant. D’ici là, les ménages verront l’effet de la hausse du TURPE évoquée plus haut se répercuter sur leur facture cet été, tandis que les acteurs de marché continueront d’ajuster leurs positions sur les produits calendaires à plus long terme, déjà activement négociés. Pour situer ces évolutions dans la durée, notre guide complet des prix de l’énergie en France récapitule les mécanismes de fixation des tarifs, du marché de gros à la facture finale.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le marché de gros de l’électricité ?

C’est le marché sur lequel producteurs, fournisseurs et acteurs financiers échangent de l’électricité par blocs, avant qu’elle n’arrive chez le consommateur final. Depuis la fin de l’ARENH, ses prix influencent plus directement les tarifs réglementés de vente.

Pourquoi les volumes échangés ont-ils baissé au 2e trimestre 2026 ?

Cette baisse concerne surtout les produits annuels et trimestriels échangés en avril et mai, après un premier trimestre 2026 particulièrement actif. Sur un an, la tendance reste toutefois positive, comme détaillé plus haut dans cet article.

La hausse du TURPE va-t-elle faire grimper ma facture d’électricité ?

Oui, dans une mesure limitée : la hausse des tarifs de réseau prévue par la CRE se traduit par un effet mécanique modéré sur les tarifs réglementés de vente, comme détaillé plus haut dans cet article.

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