Le tarif réglementé de l’électricité (TRV) reste en 2026 la référence de facturation pour des millions de foyers, mais qui peut encore y souscrire, quel est le barème exact par puissance souscrite, et vaut-il mieux rester au tarif bleu ou basculer vers une offre de marché ? Ce guide détaille l’éligibilité, les prix par kVA en option Base et Heures Creuses, et les démarches pour changer d’offre ou revenir au tarif réglementé.
Comprendre le tarif réglementé de l’électricité en 2026
Le tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) — appelé couramment tarif bleu pour les particuliers — est une offre de fourniture d’électricité sous la forme d’un contrat unique comprenant les coûts d’acheminement. Concrètement, vous ne payez qu’une seule facture, qui regroupe la fourniture d’énergie et le transport sur les réseaux publics. Ce tarif est proposé par les fournisseurs historiques, c’est-à-dire EDF et les entreprises locales de distribution (ELD) : aucun fournisseur alternatif ne peut le commercialiser.
Les TRVE doivent être proposés aux consommateurs domestiques, y compris les propriétaires uniques et les syndicats de copropriétaires d’un immeuble unique à usage d’habitation. Côté professionnels, seuls les consommateurs non domestiques qui emploient moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 2 millions d’euros restent éligibles. Dans les deux cas, la puissance souscrite conditionne le tarif applicable : le tarif bleu s’applique aux sites dont la puissance maximale souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, au-delà c’est le tarif jaune, hors périmètre de ce guide centré sur le résidentiel.
En France métropolitaine continentale, les TRVE sont maintenus pour les seuls consommateurs résidentiels et une partie des clients professionnels souscrivant une puissance inférieure ou égale à 36 kVA. Leur construction obéit à une règle précise : conformément à l’article L. 337-6 du code de l’énergie, les TRVE sont construits selon une méthode dite d’« empilement des coûts », qui additionne les coûts d’approvisionnement, d’acheminement, de commercialisation et les taxes. Cette méthode a changé en 2026 : après la fin de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) le 31 décembre 2025, notre analyse sur la fin de l’ARENH et les limites du VNU en 2026 détaillait déjà les conséquences attendues sur les prix. Depuis 2026, la totalité de l’approvisionnement en énergie des TRVE est réalisée à un coût représentatif des marchés de gros, contre environ 56,2 % auparavant, ce qui explique la plus forte sensibilité du tarif bleu aux prix de gros.
Les TRVE évoluent deux fois par an, en février et en août. Nous détaillons plus loin le barème et le calendrier 2026 ; pour la révision d’août, lisez notre article sur la CRE qui relève sa proposition de hausse à +2,5 % au 1er août 2026.
TRV ou offre de marché : le comparatif chiffré
Le tarif bleu et les offres de marché ne fonctionnent pas de la même manière. Le tableau ci-dessous résume les différences structurelles avant d’entrer dans les chiffres.
| Critère | TRV (tarif bleu) | Offre de marché fixe | Offre de marché indexée |
|---|---|---|---|
| Qui fixe le prix | La CRE, prix public encadré | Le fournisseur, prix contractuel bloqué | Le fournisseur, indexé sur le TRV avec remise ou majoration |
| Fréquence de révision | deux fois par an (en février et en août) | Aucune pendant la durée du contrat | Suit les révisions du TRV |
| Profil plutôt adapté | Ceux qui préfèrent un prix public sans démarche de comparaison | Ceux qui recherchent une visibilité budgétaire garantie | Ceux qui veulent une remise immédiate tout en gardant le TRV comme repère |
| Effet d’une hausse des prix de gros | Répercuté avec un décalage, deux fois par an | Nul jusqu’au renouvellement du contrat | Répercuté au même rythme que le TRV |
Sur le terrain, le tarif réglementé reste ultra-dominant mais recule progressivement. Le nombre de sites résidentiels aux TRVE a diminué de 174 000 par rapport au 31 décembre 2025, pour atteindre 19,37 millions de sites. Notre décryptage de l’Observatoire des marchés de détail T1 2026 de la CRE confirme cette tendance. Elle s’inscrit dans un mouvement de fond : en 2025, notre article sur Français qui ont quitté le TRV posait déjà la question de savoir s’il fallait en faire autant.
Faut-il pour autant migrer systématiquement vers le marché ? Les données de la CRE incitent à la nuance. Environ sept consommateurs résidentiels d’électricité sur dix sont au TRVE ou ont souscrit une offre indexée à celui-ci, et un consommateur sur deux en offre de marché fait des économies par rapport au TRVE, et, plus largement, 70 % des consommateurs résidentiels d’électricité ont souscrit un contrat dont le prix est inférieur ou proche du TRVE. En pratique, une offre de marché n’est ni systématiquement plus chère ni systématiquement moins chère : tout dépend du fournisseur choisi et du moment de la souscription. Fin mars 2026, à Paris, le prix moyen des dix offres les moins chères (hors offre Tempo), pour un client type en option Heures Pleines/Heures Creuses à 9 kVA consommant 8,5 MWh par an, était 5 % moins élevé que le niveau des TRVE TTC — un écart réel, mais qui suppose de choisir activement l’une des offres les plus compétitives du marché.
Barème 2026 : le prix de l’électricité par puissance souscrite
Le barème détaillé, publié par la CRE dans son annexe des tarifs réglementés de vente d’électricité 2026, se décline par puissance souscrite et par option horaire. Il faut d’abord noter un changement de fond : dans le barème CRE au 1er février 2026, l’option Base Résidentiel du tarif bleu est en extinction — fermée à la nouvelle souscription — pour les puissances de 9, 12 et 15 kVA, et elle est mise en suppression à partir du 1er février 2026 pour les puissances de 18, 24, 30 et 36 kVA. Les clients n’ayant pas modifié leur option tarifaire avant le 1er février 2027 seront basculés dans l’option Heures Creuses résidentiel, tout en conservant leur puissance souscrite. En pratique, l’option Heures Creuses devient donc la référence pour la quasi-totalité des puissances moyennes et hautes. Cette bascule programmée s’ajoute à la hausse du TURPE que nous avions détaillée dans notre article sur les raisons pour lesquelles votre facture d’électricité va remonter.
Voici le barème hors taxes de l’option Base Résidentiel, applicable au 1er février 2026 :
| Puissance souscrite | Abonnement annuel HT | Prix du kWh HT |
|---|---|---|
| 3 kVA | 109,92 €/an | 13,08 c€/kWh |
| 6 kVA | 141,60 €/an | non détaillé dans notre relevé |
| 9 à 30 kVA (en extinction ou en suppression selon la puissance) | de 176,16 € à 402,36 €/an selon la puissance | 12,97 c€/kWh |
| 36 kVA | 465,00 €/an | 12,97 c€/kWh |
Et voici le barème hors taxes de l’option Heures Creuses Résidentiel, celle vers laquelle basculeront automatiquement les clients n’ayant pas choisi une autre option avant février 2027 :
| Puissance souscrite | Abonnement annuel HT | Prix heures pleines HT | Prix heures creuses HT |
|---|---|---|---|
| 6 à 36 kVA | abonnement identique à l’option Base, de 141,60 €/an à 6 kVA à 465,00 €/an à 36 kVA | 14,12 c€/kWh | 10,07 c€/kWh |
Ce barème correspond à la révision de février, plutôt clémente : la CRE a proposé de maintenir les TRVE stables au 1er février 2026, avec une légère baisse de -0,83 % TTC en moyenne. La photographie change pour la révision suivante : la CRE a proposé le 16 juillet 2026 une évolution du niveau moyen des TRVE de +2,5 % TTC au 1er août 2026, une proposition que nous détaillions dans notre article sur la fin des baisses du tarif réglementé de l’électricité.
Le niveau moyen des TRVE se décompose en trois blocs : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), l’approvisionnement en électricité et les taxes (accise, CTA et TVA). Sur ce dernier poste, l’accise sur l’électricité baisse au 1er août 2026, pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh — une baisse qui ne suffit pas à compenser le reste. Au global, la hausse des TRVE proposée au 1er août 2026 se traduit par une augmentation nette de la facture d’environ 26 € TTC par an pour un client résidentiel moyen.
Qui peut souscrire ou revenir au tarif réglementé ?
L’accès au tarif bleu n’est pas universel. Les TRVE doivent être proposés aux consommateurs domestiques, y compris les propriétaires uniques et les syndicats de copropriétaires d’un immeuble unique à usage d’habitation, sans condition de revenu. Côté professionnels, seuls les consommateurs non domestiques qui emploient moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 2 millions d’euros peuvent y souscrire — une très petite entreprise au sens strict, pas une PME de taille intermédiaire.
Le périmètre s’est élargi récemment : la loi n°2024-330 du 11 avril 2024 a élargi, à compter du 1er février 2025, l’éligibilité aux TRVE en supprimant le plafond de 36 kVA pour les sites résidentiels, les micro-entreprises et les collectivités. Concrètement, un propriétaire d’un grand logement ou une petite collectivité qui souscrivait plus de 36 kVA — et se retrouvait de fait orienté vers le marché — peut désormais également accéder au tarif réglementé, sous réserve d’entrer dans les catégories visées par la loi. Nous vous recommandons de vérifier votre situation précise auprès de votre fournisseur historique, ce dispositif concernant un périmètre spécifique au-delà de 36 kVA qui sort du barème résidentiel standard détaillé plus haut.
Si vous avez quitté le tarif bleu pour une offre de marché et souhaitez y revenir, la règle de fond reste la même : les TRVE sont maintenus, en France métropolitaine continentale, pour les seuls consommateurs résidentiels et une partie des clients professionnels souscrivant une puissance inférieure ou égale à 36 kVA, ce qui inclut les anciens clients ayant changé de fournisseur. En pratique, le retour au tarif réglementé passe par une nouvelle souscription auprès du fournisseur historique — EDF ou l’entreprise locale de distribution de votre zone —, seul habilité à le proposer. Nous vous recommandons de vous adresser directement à ce fournisseur pour connaître les modalités exactes applicables à votre logement.
Comment changer d’offre : les étapes concrètes
Que vous partiez du TRV vers le marché ou l’inverse, voici, concrètement, la marche à suivre que nous vous recommandons :
- Comparez d’abord le barème du tarif bleu détaillé plus haut avec les offres de marché disponibles pour votre puissance souscrite et votre profil de consommation (Base ou Heures Creuses).
- Contactez ensuite le fournisseur de votre choix : le fournisseur historique — EDF ou l’ELD locale de votre commune — pour revenir au TRV, ou un fournisseur alternatif pour une offre de marché.
- Munissez-vous de votre numéro de point de livraison (PDL), disponible sur votre facture actuelle, pour faciliter l’instruction de votre demande auprès du nouveau fournisseur.
- Si vous optez pour le TRV, gardez en tête que les TRVE évoluent deux fois par an, en février et en août : le prix affiché au moment de la souscription n’est pas figé sur la durée du contrat.
En pratique, aucune démarche administrative nationale centralisée ne documente précisément les délais de bascule : nous vous recommandons donc de faire confirmer par le fournisseur choisi la date exacte de prise d’effet de votre nouveau contrat avant de considérer le changement comme acquis.
Ce que vous gagnez ou perdez selon votre profil
Sur la seule révision d’août 2026, l’addition reste modeste mais réelle pour un client résidentiel moyen resté au TRV : la hausse des TRVE proposée au 1er août 2026 se traduit par une augmentation nette de la facture d’environ 26 € TTC par an. Cette évolution est tirée par des composantes qui jouent en sens opposé : la hausse du TURPE au 1er août 2026 induit à elle seule une hausse d’environ 1 % TTC des TRVE, alors que l’accise sur l’électricité baisse, pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh — une baisse insuffisante pour compenser le reste. Notre article sur le rapport de surveillance 2025 de la CRE sur les prix de gros de l’électricité explique la mécanique de fond de cette évolution.
Si vous consommez beaucoup et habitez une zone où les offres de marché sont particulièrement compétitives, l’écart peut être significatif : fin mars 2026, à Paris, le prix moyen des dix offres les moins chères (hors offre Tempo), pour un client type en option Heures Pleines/Heures Creuses à 9 kVA consommant 8,5 MWh par an, était 5 % moins élevé que le niveau des TRVE TTC. À l’inverse, si vous préférez la stabilité d’un tarif public sans y consacrer de temps de comparaison, le TRV reste un choix rationnel : un consommateur sur deux en offre de marché fait des économies par rapport au TRVE, et, plus largement, 70 % des consommateurs résidentiels d’électricité ont souscrit un contrat dont le prix est inférieur ou proche du TRVE — ce qui signifie aussi qu’une part significative des offres de marché n’apporte pas de gain déterminant par rapport au tarif réglementé. Pour resituer cette évolution dans l’ensemble des prix de l’énergie, consultez notre guide complet des prix de l’énergie en 2026.
Questions fréquentes
Qui gère et propose le tarif réglementé de l’électricité ?
Le tarif bleu est proposé par les fournisseurs historiques, c’est-à-dire EDF et les entreprises locales de distribution (ELD). Aucun fournisseur alternatif ne peut le commercialiser.
Quelle puissance souscrite donne accès au tarif bleu ?
Le tarif bleu s’applique aux sites dont la puissance maximale souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA. Au-delà, c’est le tarif jaune qui s’applique.
Les professionnels peuvent-ils bénéficier du tarif réglementé ?
Oui, mais sous condition : seuls les consommateurs non domestiques qui emploient moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 2 millions d’euros y sont éligibles.
À quelle fréquence le tarif réglementé change-t-il de prix ?
Les TRVE évoluent deux fois par an, en février et en août. Le barème présenté dans ce guide correspond à la révision du 1er février 2026.
L’option Base du tarif bleu va-t-elle disparaître ?
Oui, progressivement. Elle est en extinction pour les puissances de 9, 12 et 15 kVA et mise en suppression depuis le 1er février 2026 pour les puissances de 18, 24, 30 et 36 kVA. Les clients n’ayant pas changé d’option avant le 1er février 2027 seront basculés vers l’option Heures Creuses en conservant leur puissance souscrite.
Une offre de marché est-elle toujours moins chère que le tarif réglementé ?
Non. Un consommateur sur deux en offre de marché fait des économies par rapport au TRVE, et 70 % des consommateurs résidentiels ont un contrat à un prix inférieur ou proche du TRVE : l’écart dépend fortement du fournisseur et du moment de la souscription.
Comment revenir au tarif réglementé après l’avoir quitté ?
Il faut souscrire un nouveau contrat directement auprès du fournisseur historique de votre zone, EDF ou l’ELD locale, seul habilité à proposer le TRV. Les TRVE restent maintenus, en France métropolitaine continentale, pour les consommateurs résidentiels souscrivant une puissance inférieure ou égale à 36 kVA, y compris ceux qui l’ont quitté puis souhaitent y revenir.
Sources officielles
- CRE — comprendre les tarifs réglementés de vente d’électricité
- CRE — bilan des mesures de protection des consommateurs
- Service-public.gouv.fr — fiche sur les tarifs réglementés de l’électricité

