Le prix repère du gaz naturel évolue de nouveau : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le barème applicable pour le mois de septembre 2026, avec une moyenne de 172,05 €/MWh TTC. Voici comment lire cette nouvelle grille et ce qu’elle change concrètement pour un ménage chauffé au gaz.
Les faits
La CRE a mis à jour, le 10 août 2026, la page dédiée au prix repère de vente de gaz naturel à destination des clients résidentiels. Sous les hypothèses actuelles de consommation, le prix repère moyen de septembre 2026 s’établit à 122,16 €/MWh HT, soit 172,05 €/MWh TTC, tous consommateurs confondus. Cette grille de septembre 2026 s’applique à la zone desservie par GRDF, qui couvre de l’ordre de 95 % des clients résidentiels.
Dans le détail, la grille distingue deux usages : la cuisson et l’eau chaude d’une part, le chauffage d’autre part, chacun avec son propre abonnement annuel et son propre prix au kWh.
| Usage | Abonnement annuel HT | Abonnement annuel TTC | Prix moyen du kWh HT | Prix moyen du kWh TTC |
|---|---|---|---|---|
| Cuisson / eau chaude | 112,84 € | 152,46 € | 0,12298 € | 0,16757 € |
| Chauffage | 252,04 € | 360,79 € | 0,09562 € | 0,13474 € |
Le prix repère n’est pas une valeur unique : la CRE encadre chaque usage par une fourchette, qui reflète la diversité des offres commerciales observées sur le marché. Pour l’usage chauffage, le kWh moyen va d’une fourchette basse de 0,08760 € HT à une fourchette haute de 0,11128 € HT selon les fournisseurs et les profils de consommation retenus.
Concrètement, la facture annuelle d’un ménage chauffé au gaz résulte de l’addition de deux composantes : un abonnement fixe, facturé qu’il y ait consommation ou non, et un prix au kWh appliqué à la quantité de gaz réellement consommée. C’est cette architecture à deux étages que reprennent la plupart des offres commerciales du marché, avec des montants qui peuvent s’écarter du prix repère selon le fournisseur retenu, la durée d’engagement ou les services associés au contrat.
Mise en perspective
Chaque mois, la CRE publie les valeurs de son prix repère de vente de gaz naturel pour le mois suivant, à destination des consommateurs résidentiels, dans le contexte de la disparition des tarifs réglementés de vente de gaz le 30 juin 2023. Ce repère ne fixe aucun prix imposé aux fournisseurs : il sert d’indicateur de comparaison, dans un contexte où changer de fournisseur sans tomber dans un piège commercial reste un exercice délicat pour beaucoup de ménages.
Le calcul repose notamment sur une composante approvisionnement qui évolue chaque mois et repose à 80 % sur l’indice MA2 (« month ahead »), complétée par 20 % sur l’indice QA (« Quarter ahead »), ainsi que sur des taxes décidées par l’État : la CTA, la TVA et l’accise sur le gaz naturel. Depuis le 1er février 2026, le calcul intègre la formule finale de composante risque définie par la délibération de la CRE n°2025-238 du 29 octobre 2025, corrigée le 12 janvier 2026.
Cette mécanique explique pourquoi le prix repère peut varier sensiblement d’un mois à l’autre : contrairement à l’ancien tarif réglementé, le PRVG suit de près les cotations observées sur les marchés de gros, qui réagissent elles-mêmes à la météo, à la disponibilité des stocks de gaz en Europe ou aux tensions sur les marchés internationaux de l’énergie. Un hiver rigoureux ou une tension sur les approvisionnements peut ainsi se répercuter en quelques semaines sur le montant affiché sur la grille mensuelle. Certains fournisseurs proposent des offres explicitement indexées sur ce prix repère : leur tarif est recalculé chaque mois pour suivre l’évolution de la grille publiée par la CRE. D’autres offres, dites à prix fixe, garantissent un tarif stable sur une durée déterminée, en échange d’une prime de risque intégrée dès la souscription. Le choix entre ces deux logiques dépend surtout de l’appétence du ménage pour la visibilité budgétaire ou, à l’inverse, pour la possibilité de profiter d’une détente des prix de marché.
Par ailleurs, la loi de finances 2026 a introduit une péréquation tarifaire sur la partie distribution des coûts d’infrastructure de gaz, mais cette péréquation ne s’applique pas à la partie transport et stockage, ce qui explique pourquoi le tarif d’acheminement appliqué par le gestionnaire de réseau continue de peser différemment selon les zones du territoire.
Le mois précédent illustre bien cette volatilité mensuelle : la CRE avait annoncé que le prix repère de vente de gaz augmente de 7,4 % TTC au 1er juillet 2026, soit une augmentation moyenne de 2,7 euros TTC sur la facture de juillet. Concrètement, le PRVG était passé à 164,21 €/MWh TTC au 1er juillet 2026, contre 152,86 €/MWh TTC au 1er juin 2026, une évolution que la CRE avait évaluée à +2,7 € TTC en moyenne sur la facture des consommateurs dont les offres sont indexées au PRVG. Cette hausse de juillet tenait à la fois à l’augmentation de la part fourniture (coûts d’approvisionnement de marché, CEE, coûts commerciaux) et à l’évolution de la part acheminement, actée par la délibération de la CRE du 7 mai 2026 relative au tarif de distribution de gaz.
Impact concret
Au 31 décembre 2025, 10,34 millions de ménages en France disposaient d’un contrat de fourniture de gaz naturel. Tous ne sont pas concernés de la même façon par cette nouvelle grille : environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz ont souscrit une offre à prix fixe, non indexée sur les variations mensuelles du prix repère. Ces ménages restent toutefois soumis à l’évolution de la part acheminement, qui s’applique à l’ensemble des consommateurs, quel que soit le type de contrat souscrit.
Les copropriétés chauffées au gaz collectif et les petits professionnels du bâtiment suivent une logique comparable, bien que leurs contrats relèvent souvent de conditions négociées directement avec leur fournisseur plutôt que d’une offre grand public standard. Le prix repère leur sert néanmoins de point de comparaison utile pour évaluer si le contrat en cours reste compétitif face aux prix de marché du moment, en particulier à l’approche de la saison de chauffe.
- Relever le prix du kWh indiqué sur son contrat actuel, pour l’usage chauffage ou pour l’usage cuisson/eau chaude selon le cas.
- Comparer ce prix avec les valeurs de la grille repère correspondant à sa zone de desserte.
- Vérifier si le contrat est à prix fixe ou indexé sur un prix repère ou un indice de marché ; l’information figure normalement sur la facture ou dans les conditions générales de vente.
- Anticiper l’évolution de la part acheminement, qui s’applique indépendamment du type d’offre souscrite.
- Solliciter plusieurs devis avant l’entrée dans la saison de chauffe, période où la consommation de gaz augmente fortement.
Pour évaluer sa propre facture, un ménage chauffé au gaz doit combiner l’abonnement annuel et le prix au kWh correspondant à l’usage chauffage indiqués plus haut, puis comparer ce total avec les conditions inscrites sur son contrat en cours. Avant de signer une nouvelle offre, il reste utile de vérifier la grille officielle de prix repère de vente de gaz naturel mise à jour chaque mois, et de comparer les offres de fourniture de gaz actuellement disponibles sur le marché.
Perspectives
À moyen terme, le débat porte surtout sur le financement des infrastructures gazières : plusieurs analyses évoquent l’effet ciseau qui pèse sur le tarif de réseau, à mesure que le nombre de consommateurs de gaz diminue alors que les coûts d’infrastructure restent en grande partie fixes. Cette trajectoire fait écho à l’évolution contrastée des prix de l’énergie observée sur la période récente, avec un gaz orienté à la hausse quand l’électricité a suivi une tendance inverse. Pour resituer la précédente réévaluation du prix repère dans la durée, il est également utile de revoir la mécanique qui explique une hausse de facture de gaz d’un mois sur l’autre. Le prochain rendez-vous à surveiller sera la publication de la grille d’octobre 2026 par la CRE.
Pour les ménages, la vigilance porte donc moins sur un chiffre isolé que sur la tendance de fond : tant que les tensions sur les marchés européens du gaz perdurent, la composante fourniture du prix repère restera sensible aux variations saisonnières, tandis que la partie acheminement continuera de suivre son propre calendrier réglementaire, indépendant des cours de marché. Suivre la publication mensuelle de la CRE, plutôt que de se fier à un seul relevé, reste la meilleure façon d’anticiper l’évolution de sa facture de chauffage au gaz au fil des saisons.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le prix repère de vente de gaz (PRVG) ?
C’est un indicateur publié chaque mois par la CRE à destination des consommateurs résidentiels, depuis la disparition des tarifs réglementés de vente de gaz le 30 juin 2023. Il ne s’agit pas d’un tarif imposé aux fournisseurs, mais d’un repère de comparaison des offres de marché.
Le prix repère de septembre 2026 s’applique-t-il à tous les foyers chauffés au gaz ?
La grille reflète les coûts des fournisseurs pour les clients raccordés au réseau GRDF, qui couvre de l’ordre de 95 % des clients résidentiels. Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe, soit environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz, ne suivent pas directement ces variations mensuelles, mais restent concernés par l’évolution de la part acheminement.
Que couvre le prix indiqué en €/MWh ?
Le prix repère moyen de septembre 2026, 122,16 €/MWh HT soit 172,05 €/MWh TTC, agrège abonnement et prix au kWh, avec des valeurs différentes selon que le gaz sert à la cuisson et à l’eau chaude ou au chauffage, comme le détaille la grille publiée par la CRE.

