Le leasing électrique employeur ouvre droit à un avantage en nature dont l’évaluation fiscale et sociale a beaucoup évolué depuis 2020. Pour le salarié qui se voit confier une voiture électrique en LOA ou LLD par son entreprise, comprendre le calcul de cet avantage, sa fiscalité et le sort réservé à une éventuelle borne de recharge à domicile est indispensable avant de signer quoi que ce soit en 2026.
Comprendre l’avantage en nature sur un véhicule électrique de fonction
Quand un employeur met à disposition d’un salarié un véhicule électrique en LOA ou en LLD pour un usage privé, il lui accorde un avantage en nature. Comme tout avantage en nature, celui-ci Ils sont donc imposables et vous devez les déclarer. précise service-public.gouv.fr : il s’ajoute au salaire déclaré et entre dans l’assiette des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu, exactement comme le ferait une voiture de fonction thermique. Le point de départ reste donc identique quelle que soit la motorisation : 2 manières : Évaluation d’après la valeur réelle, Évaluation forfaitaire pour chiffrer cet avantage, selon les explications de la fiche officielle sur les avantages en nature.
Ce qui distingue vraiment le véhicule électrique du thermique, ce sont les frais annexes à la mobilité. Sur un véhicule thermique, le carburant pris en charge par l’employeur alourdit l’avantage en nature. Rien de tel côté électrique : les frais d’électricité payés par l’employeur pour la recharge du véhicule n’entrent pas en compte dans le calcul de l’avantage en nature, d’après le Bulletin officiel des finances publiques. Ce traitement plus favorable explique en partie pourquoi le parc électrique progresse vite : fin juillet 2025, la France comptait déjà 1,4 millions de véhicules électriques en circulation.
Entre 2020 et 2024, un régime dérogatoire s’appliquait spécifiquement à l’électrique de fonction : l’avantage en nature d’un véhicule fonctionnant exclusivement à l’énergie électrique est évalué après application d’un abattement de 50 % dont le montant est plafonné à 1 800 € par an, pour les véhicules mis à disposition durant une période comprise entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024, selon l’annexe du BOFIP consacrée à l’évaluation de l’usage privé d’un véhicule mis à disposition. Ce barème a pris fin le 31 décembre 2024 : depuis 2025, c’est un nouvel arrêté qui encadre l’évaluation de l’avantage en nature pour les véhicules électriques de fonction, sans que les nouveaux plafonds ne soient encore consolidés sur les sources primaires consultées ici. En pratique, mieux vaut demander à son service RH ou paie le barème exact appliqué pour l’année en cours.
Comparatif : avantage en nature électrique vs thermique
Le tableau ci-dessous synthétise les principales différences de traitement entre un véhicule thermique et un véhicule électrique mis à disposition par l’employeur, ainsi que le cas particulier de la borne de recharge. Il permet de visualiser pourquoi la fiche de paie d’un salarié roulant à l’électrique diffère de celle d’un collègue en véhicule thermique ou hybride rechargeable.
| Élément évalué | Véhicule thermique | Véhicule électrique |
|---|---|---|
| Méthode de calcul de l’avantage en nature | Évaluation d’après la valeur réelle ou forfaitaire, au choix de l’employeur | Mêmes méthodes, valeur réelle ou forfaitaire |
| Frais d’énergie pris en charge par l’employeur | Intégrés à l’assiette de l’avantage en nature | n’entrent pas en compte dans le calcul de l’avantage en nature (électricité de recharge) |
| Abattement spécifique 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024 | Aucun abattement dédié | abattement de 50 % dont le montant est plafonné à 1 800 € par an |
| Borne de recharge à domicile prise en charge par l’employeur | Non concerné | évalué dans les conditions fixées par le II de l’article 1 de l’arrêté du 26 décembre 2022 |
Prix et budget 2026 : les plafonds réglementaires par période
Les montants d’abattement applicables à l’avantage en nature d’un véhicule électrique de fonction n’ont pas été figés une fois pour toutes : ils dépendent de la période durant laquelle le véhicule ou la borne ont été mis à disposition. Le tableau suivant reprend les périodes et les évaluations confirmées par le Bulletin officiel des finances publiques.
| Période | Élément concerné | Évaluation applicable |
|---|---|---|
| 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024 | Véhicule électrique de fonction (LOA/LLD employeur) | abattement de 50 % dont le montant est plafonné à 1 800 € par an |
| Entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024 | Borne de recharge mise à disposition par l’employeur | évalué dans les conditions fixées par le II de l’article 1 de l’arrêté du 26 décembre 2022 |
Ces deux barèmes ont expiré le 31 décembre 2024. Un nouvel arrêté du 25 février 2025, relatif à l’évaluation des avantages en nature pour le calcul des cotisations de sécurité sociale, encadre désormais le sujet : mieux vaut vérifier le chiffrage retenu sur son propre bulletin de paie auprès de son employeur.
Aides financières 2026 : ce qui reste (et ce qui a disparu)
Le paysage des aides à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique a été profondément remanié en 2024 et 2025. Le bonus écologique, qui était une aide à l’achat ou à la location longue durée de véhicules propres, n’existe plus : Il a été supprimé depuis le 2 décembre 2024 pour les personnes morales — donc pour l’entreprise qui met le véhicule à disposition — puis depuis le 1er juillet 2025 pour les voitures particulières achetées ou louées par des personnes physiques, selon la fiche bonus écologique de service-public.gouv.fr.
Une nouvelle aide a pris le relais côté particuliers : La prime « Coup de pouce véhicules particuliers électriques » remplace l’aide dite « bonus écologique pour les voitures particulières neuves » depuis le 1er juillet 2025. Elle vise les personnes physiques et ne concerne donc pas directement l’employeur qui met un véhicule à disposition de son salarié. L’ensemble de ce nouveau cadre découle du Décret n° 2025-606 du 30 juin 2025 relatif aux aides à l’achat ou à la location de véhicules peu polluants.
Un dispositif est régulièrement confondu avec le leasing électrique employeur : le leasing social. Il s’agit pourtant d’une aide publique distincte, réservée aux ménages, sans lien avec un contrat de travail : l’État renouvelle à partir du 16 juillet 2026 une offre de location longue durée de voitures électriques à moins de 200 euros par mois, ouverte à 50 000 foyers minimum. Le leasing électrique employeur, lui, ne dépend d’aucune condition de ressources : c’est une décision de l’entreprise, formalisée dans le contrat de travail ou un avenant.
Installation et mise en œuvre côté salarié et employeur
Concrètement, la mise en place d’un véhicule électrique de fonction en LOA ou LLD suit plusieurs étapes, côté employeur comme côté salarié.
- L’employeur choisit le véhicule et signe le contrat de location (LOA ou LLD) auprès du loueur ou du concessionnaire.
- La mise à disposition au salarié est formalisée, le plus souvent par un avenant au contrat de travail ou une note interne précisant l’usage professionnel et privé autorisé.
- L’employeur choisit la méthode d’évaluation de l’avantage en nature — Évaluation d’après la valeur réelle ou forfaitaire — et l’applique sur le bulletin de paie.
- Si une borne de recharge est installée au domicile du salarié et prise en charge par l’employeur, l’avantage en nature correspondant est évalué dans les conditions fixées par le II de l’article 1 de l’arrêté du 26 décembre 2022.
- Avant l’installation, mieux vaut vérifier que le logement du salarié peut accueillir une borne de recharge en sécurité.
- Pour une recharge sur le lieu de travail plutôt qu’au domicile, l’employeur doit aussi tenir compte des obligations d’installation de bornes en entreprise issues de la loi LOM.
ROI : ce que le salarié gagne réellement face au thermique
Pour le salarié, l’intérêt du leasing électrique employeur ne se limite pas à l’avantage en nature réduit : il tient aussi à la facture d’énergie. Sur l’usage courant d’un véhicule électrique comparé à un équivalent thermique, le gain entre la facture d’électricité et celle de l’essence atteignant de 800 à 1 500 euros par an. Ce gain s’ajoute, pour les véhicules mis à disposition entre 2020 et 2024, à l’abattement spécifique sur l’avantage en nature évoqué plus haut. Voir notre comparatif détaillé du coût réel d’usage d’une voiture électrique face à un thermique.
Ce choix s’inscrit dans une dynamique de marché qui ne se dément pas. En 2025, les ventes de véhicules particuliers tout-électriques ont dépassé les 330 000 unités, soit le volume le plus élevé jamais atteint en France, d’après le bilan électrique de RTE, et Leur part de marché a augmenté pour atteindre près de 20 %, contre 16,8 % en 2024, sur un parc automobile total où près de 43 millions de véhicules légers circulent encore en France. Ce mouvement, déjà visible dans notre analyse du record de part de marché électrique de mars 2026, rend le leasing électrique employeur de plus en plus courant. Il s’inscrit plus largement dans la transition énergétique vers les mobilités du futur.
Questions fréquentes
Qui paie l’impôt sur l’avantage en nature d’un véhicule électrique de fonction ?
C’est le salarié : l’avantage en nature s’ajoute à sa rémunération et Ils sont donc imposables et vous devez les déclarer. au titre de l’impôt sur le revenu, en plus d’entrer dans l’assiette des cotisations sociales.
Les frais d’électricité pour recharger le véhicule sont-ils intégrés à l’avantage en nature ?
Non. D’après le BOFIP, les frais d’électricité payés par l’employeur pour la recharge du véhicule n’entrent pas en compte dans le calcul de l’avantage en nature, contrairement au carburant d’un véhicule thermique.
L’abattement de 50 % s’applique-t-il encore à un véhicule électrique de fonction en 2026 ?
Non, pas sous cette forme. Ce régime, qui prévoyait un abattement de 50 % dont le montant est plafonné à 1 800 € par an, ne concernait que les véhicules mis à disposition durant une période comprise entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024. Un nouvel arrêté encadre l’évaluation depuis 2025.
Comment est évalué l’avantage en nature d’une borne de recharge installée par l’employeur au domicile du salarié ?
Entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024, cet avantage est évalué dans les conditions fixées par le II de l’article 1 de l’arrêté du 26 décembre 2022, que la borne soit mise à disposition ou que l’employeur prenne en charge tout ou partie des coûts liés à son utilisation.
Le salarié peut-il bénéficier du bonus écologique sur son véhicule de fonction électrique ?
Le bonus écologique, qui était une aide à l’achat ou à la location longue durée de véhicules propres, a été supprimé : Il a été supprimé depuis le 2 décembre 2024 pour les personnes morales, donc pour l’entreprise qui achète ou loue le véhicule. Une prime « Coup de pouce » lui a succédé depuis le 1er juillet 2025, mais réservée aux particuliers.
Leasing électrique employeur et leasing social, est-ce le même dispositif ?
Non. Le leasing social est une aide publique distincte, réservée aux ménages : l’État renouvelle à partir du 16 juillet 2026 une offre de location longue durée de voitures électriques à moins de 200 euros par mois. Le leasing électrique employeur relève, lui, d’une décision de l’entreprise, sans condition de ressources.
Comment l’employeur choisit-il d’évaluer l’avantage en nature du véhicule de fonction ?
Votre employeur peut l’évaluer de 2 manières : Évaluation d’après la valeur réelle, Évaluation forfaitaire. Le choix de la méthode lui appartient et doit rester cohérent d’une année sur l’autre pour le même salarié.
Quel texte encadre aujourd’hui les aides à l’achat ou à la location de véhicules électriques ?
Le cadre actuel des aides à l’achat ou à la location de véhicules peu polluants découle du Décret n° 2025-606 du 30 juin 2025 relatif aux aides à l’achat ou à la location de véhicules peu polluants.
Sources officielles
- Évaluation de l’avantage en nature d’un véhicule mis à disposition (impots.gouv.fr — BOFIP)
- Base d’imposition et évaluation des avantages en nature (impots.gouv.fr — BOFIP)
- Impôt sur le revenu et avantages en nature (service-public.gouv.fr)
- Bonus écologique pour les entreprises (service-public.gouv.fr)

