Pose d’une membrane d’étanchéité à l’air dans une maison individuelle en construction
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Étanchéité à l’air : l’étude DURABILIT’AIR 2 sur la première année des maisons

Rapport final et synthèse de l’ADEME : ce que ce projet de recherche indique sur l’évolution de l’étanchéité à l’air de maisons individuelles et sur les essais de laboratoire.

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L’étanchéité à l’air des maisons individuelles évolue-t-elle au cours de la première année d’occupation ? La librairie de l’ADEME met à disposition un rapport final et une synthèse consacrés à cette question dans le cadre du projet DURABILIT’AIR 2. Ce projet vise à améliorer la compréhension des mécanismes de dégradation de l’étanchéité à l’air des maisons individuelles au cours de leur première année d’exploitation.

Les faits

Un projet qui prolonge un premier programme

Le projet DURABILIT’AIR 2 s’inscrit dans la continuité des travaux menés entre 2016 et 2019 dans le cadre du premier programme DURABILIT’AIR, indique la page de présentation de l’étude de la librairie de l’ADEME. Pour le cadre général de l’isolation, voir le guide complet sur l’isolation thermique.

La même page décrit ce que ce premier programme avait établi : « Ce premier volet avait mis en évidence une tendance générale à la dégradation de l’étanchéité à l’air dans les premières années après la construction, mais également une très forte dispersion dans les évolutions mesurées ».

Elle précise ensuite le cadre du second projet : celui-ci s’appuie sur l’évaluation in situ de 11 maisons individuelles et des protocoles de vieillissement accéléré en laboratoire. L’étude associe donc deux volets, l’un de terrain, l’autre de laboratoire, que les sections suivantes présentent séparément.

Le dispositif de mesure

La synthèse du projet énonce que celui-ci vise à mieux comprendre l’évolution à très court terme (première année) de l’étanchéité à l’air des maisons individuelles et l’impact des conditions de mise en œuvre sur leur durabilité. Parmi ses objectifs scientifiques figure un premier objectif : « Quantifier et qualifier l’évolution de la perméabilité à l’air de l’enveloppe sur 11 maisons individuelles pendant la première année après réception ».

La synthèse décrit un échantillon multi régional. Pour cet échantillon final, elle indique le nombre de maisons suivies : « 8 suivies en chantier et 11 en phase d’occupation ».

La campagne de terrain figure dans la synthèse sous la rubrique « Lot 2 — Campagne in situ (pilotage CEREMA / CETII) », avec des mesures de perméabilité à réception (n0) puis à n0+1, +3, +5, +7, +9, +12 mois (6 mesures). Le suivi comprend donc une mesure initiale, à la réception, puis des mesures réparties sur la première année.

Du côté du laboratoire, la synthèse énonce l’objectif suivant : « Mettre au point et valider en laboratoire des cycles de vieillissement accéléré représentant la première année, pour différentes maquettes d’assemblages (placo/bois, placo/aluminium, placo/PVC) ». Sur le test d’étanchéité à l’air et sa mise en œuvre, voir le guide sur l’étanchéité à l’air, la membrane et la porte soufflante.

Les résultats mesurés sur les maisons

Le résumé du rapport final donne la valeur moyenne issue du suivi : « Sur les 11 maisons suivies pendant 12 mois, la Tâche 2 identifie une augmentation moyenne du débit de fuite q50 de +10,8 %, avec une variabilité significative imputable aux événements de chantier et aux interventions post-réception ».

Dans la partie du rapport consacrée aux chiffres clés, la formulation est la suivante : « Les mesures In situ (Tâche 2, 11 MI) ont mis en évidence une augmentation moyenne du q50 de 10,8 % à 12 mois (hors MI Sud-Ouest) ».

Le rapport résume par ailleurs les résultats de la tâche de terrain en ces termes : « La tendance moyenne confirme une détérioration de l’étanchéité de l’enveloppe d’environ 10 % sur la première année après réception, en cohérence avec les résultats de DURABILIT’AIR 1 ». Pour le premier projet, il écrit : « la moyenne des résultats pour le projet DURABILIT’AIR 1 montre plus d’hétérogénéités : elle est de ~19,2 % ».

À propos des facteurs d’évolution observés sur le terrain, le rapport indique : « Seuls quelques paramètres semblent réellement influencer la durabilité de l’étanchéité à l’air : principalement certains événements d’occupation (petits travaux, percements, modifications) entraînent en moyenne des variations de l’ordre de ± 8 %, mais les améliorations et les détériorations se compensent globalement et, dans une moindre mesure la mise en route du chauffage, variation moyenne de l’ordre de +3% ». Le rapport ajoute : « En gardant à l’esprit le fait que ces résultats ne concernent que 8 ou 11 MI (selon les paramètres) ».

Le rapport s’exprime aussi sur la précision des mesures : « L’incertitude de mesure (estimée à 2 %) ne semble pas à elle seule pouvoir expliquer les variations moyenne à 1 an (10,8 %) ».

Les essais de laboratoire

La synthèse indique que le froid (poses à moins de 5 °C) augmente sensiblement la sensibilité au vieillissement (facteur de dégradation ×2 à ×3 observé sur certains indicateurs).

Le résumé du rapport final évoque pour sa part les essais de laboratoire de la tâche correspondante : « Les essais de laboratoire de la Tâche 3 montrent que certains facteurs peuvent multiplier les fuites par 2 à 5, notamment la pose à froid et la poussière, et permettent de reproduire des dégradations extrêmes observées sur certains chantiers ».

Mise en perspective

Des grandeurs, thème par thème

ThèmeCe que dit le documentDocument
Maisons suivies pendant la première année, débit de fuiteune augmentation moyenne du débit de fuite q50 de +10,8 %Rapport final
Événements d’occupationdes variations de l’ordre de ± 8 %Rapport final
Mise en route du chauffagevariation moyenne de l’ordre de +3%Rapport final
Incertitude de mesureL’incertitude de mesure (estimée à 2 %)Rapport final
Projet précédentelle est de ~19,2 %Rapport final
Laboratoire, froidfacteur de dégradation ×2 à ×3 observé sur certains indicateursSynthèse
Laboratoire, pose à froid et poussièrecertains facteurs peuvent multiplier les fuites par 2 à 5Rapport final

Des périmètres propres à chaque phrase

La valeur moyenne apparaît dans le résumé du rapport pour les 11 maisons suivies pendant 12 mois et, dans la partie consacrée aux chiffres clés, avec la mention hors MI Sud-Ouest. Les deux passages sont cités ci-dessus tels qu’ils figurent dans le rapport.

Les résultats de terrain portent sur des maisons individuelles et sont exprimés en pourcentages de variation du débit de fuite. Les résultats de laboratoire portent sur différentes maquettes d’assemblages et sont exprimés par des facteurs : l’un est rattaché au froid, l’autre à la pose à froid et la poussière.

Le rapport mentionne le premier projet avec la formule « Pour mémoire », suivie d’une moyenne et de plus d’hétérogénéités. Le second projet, lui, donne la moyenne de +10,8 % pour ses maisons suivies ; la partie consacrée aux chiffres clés mentionne hors MI Sud-Ouest.

Repères de lecture

  • Terrain : 11 maisons individuelles suivies, avec des mesures « à réception (n0) puis à n0+1, +3, +5, +7, +9, +12 mois ».
  • Laboratoire : différentes maquettes d’assemblages soumises à des cycles de vieillissement accéléré.
  • Limites citées : la taille réduite de l’échantillon in situ et le nombre limité de familles de produits testées en laboratoire.

Ce que disent les limites

Le rapport écrit à propos de l’étude de terrain : « La tâche T2 montre la difficulté d’isoler des paramètres en contexte réel (nombre limité de maisons, événements divers) ». La synthèse ajoute, à propos des premiers résultats : « Reproductibilité encore perfectible : les travaux mettent en évidence la nécessité d’un protocole inter laboratoires pour consolider les premiers résultats obtenus ».

Sur l’humidité des supports et le risque de condensation, voir le guide sur l’isolation, la condensation et ses solutions ainsi que l’article sur les points de vigilance contre la condensation et les moisissures. Le site traite la ventilation dans le guide complet de la ventilation mécanique ; pour une publication du Cerema sur ce sujet, voir l’article sur la ventilation en rénovation de maison individuelle.

Impact concret : ce que la synthèse recommande aux professionnels

La partie opérationnelle de la synthèse formule une recommandation à l’adresse des professionnels : « Éviter la pose des adhésifs/rubans à basses températures », avec un seuil indiqué à 5 °C, et « contrôler l’humidité et la propreté des supports avant collage ».

La recommandation vise la pose des adhésifs/rubans et le contrôle des supports avant collage.

Cette recommandation s’appuie sur une étude qui porte sur 11 maisons individuelles et sur des essais de laboratoire réalisés sur différentes maquettes d’assemblages. Les documents ne la formulent pas pour d’autres types de bâtiments ni pour des travaux de rénovation.

Pour la construction neuve, voir l’article sur les exigences carbone et énergétiques en construction neuve.

Perspectives

Le rapport final désigne ainsi les limites du projet : « la taille réduite de l’échantillon in situ, le nombre limité de familles de produits testées en laboratoire ». Il énonce ensuite ses perspectives : « Les perspectives incluent la poursuite des travaux de standardisation des protocoles de vieillissement, l’élargissement des essais à davantage de produits, et l’établissement d’un lien quantitatif entre durée réelle et durée accélérée ».

Sources officielles

Questions fréquentes

Quelle question l’étude de l’ADEME sur l’étanchéité à l’air examine-t-elle ?

Selon la page de présentation, le projet vise à améliorer la compréhension des mécanismes de dégradation de l’étanchéité à l’air des maisons individuelles au cours de leur première année d’exploitation, en s’appuyant sur l’évaluation in situ de 11 maisons individuelles et des protocoles de vieillissement accéléré en laboratoire.

Que recommande la synthèse aux professionnels de la pose ?

La synthèse recommande : « Éviter la pose des adhésifs/rubans à basses températures » et « contrôler l’humidité et la propreté des supports avant collage ».

Les résultats de l’étude concernent-ils tous les logements ?

Les documents portent sur 11 maisons individuelles et sur différentes maquettes d’assemblages. Le rapport désigne parmi les limites du projet : « la taille réduite de l’échantillon in situ, le nombre limité de familles de produits testées en laboratoire ».

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