Prix du gaz : +15,4 % au 1er mai 2026, jusqu’à +240 € sur la facture annuelle
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Prix du gaz : +15,4 % au 1er mai 2026, jusqu’à +240 € sur la facture annuelle

La CRE a publié le 8 avril 2026 son nouveau prix repère gaz : +15,4 % TTC au 1er mai 2026, soit jusqu’à 240 € de plus par an pour un foyer chauffé.

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Le 8 avril 2026, la guerre dans cet article-en-iran-le-prix dans cet article-repere-de-vente-de-gaz-augmente-de-154-ttc-au-1er-mai-2026-soit-une-hausse-moyenne-de-619-euros-ttc-sur-la-facture-de-mai.html » target= »_blank » rel= »noopener »>Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié son nouveau prix repère du gaz applicable au 1er mai 2026 : +15,4 % TTC en moyenne par rapport à avril. Conséquence directe de la guerre en Iran et de la tension sur le détroit d’Ormuz, ce choc tarifaire représente jusqu’à 240 € de surcoût annuel pour un foyer chauffé au gaz. Pour les 7,5 millions de clients résidentiels indexés sur le prix repère, l’impact se fera sentir dès la facture de juin.

Le prix repère grimpe à 160,54 €/MWh, un record historique

Selon la délibération mensuelle de la CRE, le prix repère moyen passe de 139,12 €/MWh TTC en avril 2026 à 160,54 €/MWh au 1er mai, soit la valeur la plus élevée depuis la création de cet indicateur en juillet 2023. Ce mécanisme de répercussion différée s’explique par la structure même du marché de gros de l’énergie, que nous décryptons en détail. La hausse est plus marquée encore sur le tarif chauffage (B1) que sur le tarif cuisson-eau chaude (B0), parce que la part « molécule » (achat du gaz sur les marchés) pèse davantage dans une consommation chauffage.

ProfilAvril 2026Mai 2026Variation
Prix repère moyen (€/MWh TTC)139,12160,54+15,4 %
B0 cuisson + ECS (c€/kWh TTC)13,4915,62+15,8 %
B1 chauffage (c€/kWh TTC)10,4212,56+20,6 %
Source : CRE — barèmes prix repère gaz, zone GRDF.

Sur dix ans, la dynamique est encore plus impressionnante. Pour un foyer chauffé au gaz consommant 11 200 kWh par an (référence CRE), la facture annuelle gaz est passée d’environ 747 € en mai 2016 à 1 750 € en mai 2026, soit une augmentation de 134 %. Cette tendance combine l’envol de la part molécule (importation, GNL, indexation aux marchés mondiaux), l’inflation des coûts réseau (acheminement, transport, stockage) et la fiscalité environnementale.

Iran et détroit d’Ormuz : pourquoi le marché européen s’enflamme

La cause immédiate de cette hausse est géopolitique. Depuis le début de l’année 2026, l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran a perturbé le trafic maritime du détroit d’Ormuz, par lequel transite une fraction significative du gaz naturel liquéfié (GNL) qatarien à destination de l’Europe. Le prix de référence du gaz européen, l’indice TTF, a oscillé entre 44 et 49 €/MWh en avril 2026, avec un pic à la mi-avril à un niveau jamais atteint depuis l’hiver 2022-2023.

La méthodologie CRE indexe la part fourniture du prix repère à 80 % sur le mois en cours et 20 % sur le trimestre, avec un délai de répercussion d’environ deux mois entre le marché et le tarif facturé. Cela signifie que le pic des prix de mars-avril impacte la facture de mai, et que toute désescalade rapide au Moyen-Orient ne se traduira au mieux que par une stabilisation à l’été. À l’inverse, une reprise des hostilités prolongerait la hausse au-delà du 1er mai.

Le contexte d’approvisionnement français aggrave la sensibilité aux prix : les stockages souterrains de gaz n’étaient remplis qu’à 27,8 % au 21 avril 2026, conformément à la sortie d’hiver mais à un niveau qui rendra la reconstitution estivale coûteuse si les prix marché restent durablement au-dessus de 40 €/MWh. La France importe encore près de 99 % de son gaz, principalement de Norvège (gazoduc) et sous forme de GNL diversifié (Qatar, États-Unis, Algérie).

+86 € à +406 € sur la facture annuelle selon le profil

Pour les ménages, l’impact varie fortement avec le niveau de consommation. La CRE a chiffré une hausse moyenne de 6,19 € TTC pour le seul mois de mai 2026. Mais sur une année entière, en faisant l’hypothèse que les nouveaux prix repère restent constants, voici les surcoûts attendus selon les profils :

  • 4 000 kWh/an (cuisson + eau chaude, sans chauffage) : 686 € → 772 €, soit +86 €/an ;
  • 11 200 kWh/an (foyer moyen chauffage gaz, référence CRE) : 1 510 € → 1 750 €, soit +240 €/an ;
  • 15 000 kWh/an (maison individuelle moyenne) : 1 920 € → 2 228 €, soit +308 €/an ;
  • 20 000 kWh/an (grande maison ou logement énergivore) : 2 538 € → 2 944 €, soit +406 €/an.

Tous les contrats ne sont pas concernés au même rythme. La France compte environ 10,4 millions de foyers abonnés au gaz, dont 7,5 millions sont indexés sur le prix repère ou sur des offres de marché variables et verront la hausse appliquée au 1er mai. Les 2,8 millions restants disposent d’un contrat à prix fixe : ils sont protégés temporairement, mais s’exposent à un rattrapage important au moment du renouvellement de leur contrat.

L’effet ciseau : ATRD7 +5,87 % programmé au 1er juillet

La hausse de mai n’est qu’une première salve. La délibération CRE sur l’ATRD7 a confirmé une hausse de +5,87 % du tarif d’acheminement du gaz GRDF au 1er juillet 2026, mécaniquement répercutée sur tous les abonnés. La combinaison des deux mouvements (prix repère mai + ATRD juillet) représente un effet ciseau important : un foyer chauffant gaz pourrait voir sa facture annuelle augmenter de l’ordre de 17 % à 18 % entre avril et juillet 2026, sans changement de comportement.

L’analyse complète de cette mécanique est détaillée dans notre article dédié à la hausse ATRD7 prévue au 1er juillet 2026, qui décompose le rôle de l’inflation, de la baisse des volumes distribués et du rattrapage des charges historiques. À cela s’ajoute le tarif de stockage (ATS) déjà revalorisé de +23,8 % au 1er avril 2026.

Que faire concrètement pour limiter l’impact

Plusieurs leviers permettent de réduire la sensibilité de son budget au choc gazier. Ils s’organisent du plus court terme au plus structurant :

  • Comparer son contrat sur le comparateur officiel du médiateur national de l’énergie (energie-info.fr) : certaines offres de marché à prix fixe restent sous le prix repère pour les profils B1 ;
  • Activer le chèque énergie 2026 envoyé entre le 1er et le 20 avril aux 4,5 millions de foyers éligibles, avec un montant moyen de 153 € (jusqu’à 277 €) — voir notre analyse complète du chèque énergie 2026 ;
  • Optimiser la consommation de chauffage par un réglage fin de la chaudière, l’installation d’un thermostat connecté, le calorifugeage des tuyauteries non isolées et la baisse de 1 °C de la consigne (économie ~7 % sur la facture) ;
  • Engager une rénovation par étapes en priorisant l’isolation des combles et des murs, qui représentent à eux deux jusqu’à 50 % des déperditions ; consulter le guide complet de l’isolation thermique et le guide de la rénovation énergétique pour articuler les travaux ;
  • Basculer vers une pompe à chaleur air-eau ou hybride : avec un coefficient de performance (COP) compris entre 3 et 4, la PAC divise par deux à trois la facture de chauffage par rapport au gaz. Le leasing social PAC 2026 permet désormais des mensualités inférieures à la facture de gaz dès la première année.

Perspectives : le gaz résidentiel est entré dans une transition

Au-delà du choc immédiat, la hausse de mai 2026 confirme que le gaz résidentiel français est durablement engagé dans une trajectoire haussière. Plusieurs facteurs structurels y concourent : la baisse des volumes distribués, qui dilue de moins en moins les coûts fixes du réseau ; la réindexation des contrats long terme sur les marchés spot ; la fiscalité carbone amenée à monter en charge avec la PPE3 ; et la décision de sortir progressivement le gaz de la construction neuve à partir du 1er janvier 2027.

Pour les ménages déjà équipés en chaudière gaz, la stratégie la plus rationnelle consiste à anticiper le remplacement plutôt qu’à le subir : profiter des aides 2026 (MaPrimeRénov’, CEE, leasing social) tant qu’elles sont accessibles, et préparer un calendrier de travaux cohérent (isolation d’abord, équipement ensuite). Le guide des prix de l’énergie 2026 et le guide complet de la pompe à chaleur détaillent les démarches et les ordres de grandeur à connaître.

Questions fréquentes

Mon contrat à prix fixe me protège-t-il de la hausse du 1er mai 2026 ?

Oui, à court terme. Un contrat à prix fixe gèle le tarif kWh hors taxes pendant la durée d’engagement (généralement un à trois ans). En revanche, les composantes acheminement (ATRD), accise et TVA continuent de varier. Au moment du renouvellement, le rattrapage tarifaire peut être brutal si le marché est resté tendu.

Combien représentera la hausse sur ma facture mensuelle ?

La CRE chiffre une hausse moyenne de 6,19 € TTC sur la seule facture de mai 2026. Sur une année entière, comptez environ +20 € par mois pour un foyer moyen chauffé au gaz (11 200 kWh/an), et jusqu’à +33 €/mois pour une grande maison de 20 000 kWh/an.

Est-il rentable de basculer maintenant vers une pompe à chaleur ?

Pour un foyer chauffé au gaz, le coût complet du kWh chaleur passe de 12,56 c€ à environ 4 à 5 c€ avec une PAC air-eau bien dimensionnée (COP 3 à 4 sur l’année). Avec MaPrimeRénov’, les CEE et le leasing social, le reste à charge peut être inférieur à 5 000 € pour une maison individuelle, amorti en cinq à huit ans selon le profil.

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