PAC made in France : Thomson lance son usine d’assemblage à Jujurieux dès le T3 2026
,

PAC made in France : Thomson lance son usine d’assemblage à Jujurieux dès le T3 2026

Thomson lance avec 3i Technologies et JPA une chaîne d’assemblage de pompes à chaleur à Jujurieux (Ain), opérationnelle au T3 2026.

·

La pompe à chaleur française tient un nouveau site industriel. Thomson, via un accord de licence stratégique avec 3i Technologies et le groupe JPA, a confirmé fin avril 2026 l’installation d’une chaîne d’assemblage de PAC à Jujurieux, dans l’Ain. Première mise en route prévue au troisième trimestre 2026, dans un marché français qui peine encore à rebondir et que Bruxelles veut relocaliser à 40 % d’ici 2030. Cette localisation s’inscrit dans une stratégie de souveraineté plus large : la France vient d’annoncer un plan national terres rares de 600 millions d’euros pour sécuriser les aimants permanents indispensables aux compresseurs de PAC à haute efficacité.

Une usine d’assemblage opérationnelle au T3 2026 dans l’Ain

L’annonce est intervenue le 17 avril 2026, par communiqué officiel relayé sur le site de Thomson. La marque française, opérée sous licence dans plusieurs catégories d’équipements, élargit son périmètre énergétique avec deux partenaires industriels : 3i Technologies, structure d’ingénierie et de production, et le groupe JPA. Le trio prévoit une première ligne d’assemblage à Jujurieux (Ain) opérationnelle au troisième trimestre 2026, avec une montée en charge progressive sur les modèles air/eau et air/air, puis un élargissement à des panneaux solaires et à des bornes de recharge.

Le projet ne fournit pas encore de chiffres publics sur la capacité annuelle, le nombre d’emplois directs créés ou le montant total de l’investissement. Le communiqué évoque une logique de « chaîne d’approvisionnement nationale » et un marché européen du chauffage et de la climatisation estimé entre 60 et 90 milliards d’euros. La notoriété de la marque Thomson — citée à 74 % sur les téléviseurs et 64 % sur l’électroménager dans plusieurs études consommateurs — est mobilisée comme levier pour s’adresser au grand public.

PAC Thomson : gammes, disponibilité et positionnement de la marque

La marque Thomson, historiquement associée à l’électronique grand public, élargit son catalogue à la pompe à chaleur via un accord de licence avec 3i Technologies et le groupe JPA. Concrètement, les PAC vendues sous le nom Thomson ne sont pas fabriquées par l’entreprise elle-même : la marque est exploitée sous licence, un modèle déjà utilisé pour ses téléviseurs et son électroménager, où elle affiche une notoriété spontanée de 74 % et 64 % respectivement selon les études consommateurs citées par les partenaires du projet.

Deux gammes sont annoncées pour la ligne d’assemblage de Jujurieux : les PAC air/eau, destinées au chauffage central et à l’eau chaude sanitaire, et les PAC air/air, plus simples à installer et orientées vers le confort thermique d’appoint. Le communiqué évoque ensuite un élargissement vers les panneaux solaires et les bornes de recharge, sans calendrier précis pour ces segments.

Côté disponibilité, aucune pompe à chaleur Thomson n’est commercialisée avant la mise en route de la première ligne d’assemblage, prévue au troisième trimestre 2026. Les premières unités ne devraient donc pas être visibles chez les installateurs avant l’automne 2026. Le projet ne communique à ce stade ni prix indicatif, ni capacité de production annuelle, ni date précise de première livraison — des éléments encore à confirmer avant l’entrée en vente des premiers modèles. Pour comparer une future PAC Thomson aux solutions déjà disponibles, notre guide complet pompe à chaleur détaille les critères de choix (SCOP, ETAS, dimensionnement) indépendamment de la marque.

Un marché français à contre-courant de l’Europe

L’ouverture de Jujurieux intervient dans un contexte de fragilité de la filière. Selon les données du Service des données et études statistiques (SDES), les ventes de pompes à chaleur ont chuté de 19 % en 2024 par rapport à 2023, retombant sous le million d’unités. La baisse a touché tous les segments : –40 % pour l’air/eau, –24 % pour la géothermie, –12 % pour l’air/air. Les chiffres consolidés par Uniclima pour 2025 confirment un nouveau repli de 1,8 %, à 179 377 unités sur les PAC à fonction chauffage hors air/air pur.

Pendant ce temps, le marché européen résidentiel a rebondi de 10,3 % en 2025 sur 16 pays suivis par les fédérations sectorielles, à 2,62 millions d’unités. La France est donc l’un des rares grands pays à ne pas profiter de la reprise, alors même que la production de chaleur renouvelable issue des PAC a atteint 51,9 TWh en climat réel en 2024, soit l’une des principales contributions à la production d’énergies renouvelables thermiques.

Côté origine des équipements, l’AFPAC estime que plus de 60 % du marché français reste alimenté par des produits asiatiques. Sur le segment air/eau, environ 30 à 40 % des PAC vendues ont été importées depuis l’Asie en 2023, avec une dépendance forte sur les compresseurs et les cartes électroniques. C’est précisément ce point que les pouvoirs publics et les industriels cherchent à corriger.

Net Zero Industry Act et plan « 1 million de PAC » : le cadre qui pousse à la relocalisation

Le projet Thomson s’inscrit dans deux cadres complémentaires. Au niveau européen, le règlement (UE) 2024/1735, dit Net Zero Industry Act, fixe un objectif de couverture d’au moins 40 % des besoins annuels de l’Union par des productions européennes en technologies « net zéro » à l’horizon 2030, puis 15 % de la production mondiale en 2040. Les pompes à chaleur figurent explicitement parmi les dix technologies stratégiques visées, aux côtés du solaire, de l’éolien, des batteries, de l’hydrogène ou encore de la géothermie. Le règlement crée des « guichets uniques » pour accélérer les permis et un statut de « projet stratégique » donnant accès à un financement prioritaire.

Au niveau français, le plan d’action « 1 million de PAC en 2027 » annoncé par la Direction générale des entreprises en avril 2024 prévoit le doublement de la capacité de production nationale, avec un objectif de 47 000 nouveaux emplois (dont 30 000 installateurs) et un gain estimé de 2 milliards d’euros par an sur la balance commerciale. La filière partait fin 2023 de 27 sites industriels et environ 8 000 emplois.

Le levier financier le plus structurant est le crédit d’impôt industrie verte (C3IV), entré en vigueur en mars 2024 et reconduit en 2026. Il permet de financer jusqu’à 30 % des dépenses d’investissement éligibles dans les filières stratégiques. Une trentaine d’agréments avait déjà été délivrée début 2025, pour un objectif de 60 projets cumulant 19 à 23 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030.

Coup de pouce CEE : prime maximale réservée aux PAC européennes au 1er septembre 2026

L’autre tournant réglementaire concerne les Certificats d’économies d’énergie (CEE). L’arrêté du 6 septembre 2025, publié au Journal officiel du 9 septembre, a refondu les fiches BAR-TH-171 (PAC air/eau) et BAR-TH-172 (PAC eau/eau ou eau glycolée/eau). Entrée en vigueur au 1er janvier 2026 pour les devis signés à partir du 1er octobre 2025, la nouvelle architecture prévoit un coefficient multiplicateur des bonifications de ×6 pour les ménages modestes jusqu’à la fin de la 6e période, et ×5 à partir du 1er avril 2026 pour les autres ménages.. À noter : l’renforcement des contrôles CEE sur les installations collectives complète ce dispositif

Surtout, à compter du 1er septembre 2026, les bonifications maximales du « Coup de pouce Chauffage » seront réservées aux PAC fabriquées en Europe. C’est ce signal réglementaire qui change la donne pour les industriels : un site français comme Jujurieux ou un site européen entré dans la chaîne d’approvisionnement bénéficiera mécaniquement d’un avantage prix sur le marché aidé, qui représente l’écrasante majorité du marché résidentiel.

Atlantic à Virey-le-Grand, Thomson à Jujurieux : la France passe à deux mégasites

Thomson n’est pas seul à miser sur la production locale. Le numéro deux européen Atlantic a inauguré début 2026 son site de Virey-le-Grand (Saône-et-Loire), avec un investissement de 140 millions d’euros, une capacité de 150 000 unités extérieures de PAC par an en première phase, environ 300 emplois directs et un objectif de doublement à l’horizon 2028. Aux côtés de ces deux acteurs, la filière compte des sites de R&D et d’assemblage chez plusieurs équipementiers, mais reste fortement dépendante des composants critiques importés.

Indicateur Valeur Année
Ventes PAC en France –19 % vs 2023 2024
Ventes PAC chauffage hors air/air 179 377 unités (–1,8 %) 2025
Marché européen résidentiel (16 pays) 2,62 M unités (+10,3 %) 2025
Production de chaleur des PAC en France 51,9 TWh climat réel 2024
Objectif PAC fabriquées en France 1 million 2027
Objectif emplois filière (plan DGE) +47 000 2027
Objectif Net Zero Industry Act ≥40 % besoins UE produits dans l’UE 2030

Ce que cela change pour les ménages

Pour un foyer qui hésite à équiper sa maison d’une pompe à chaleur, l’ouverture de Jujurieux ne va pas faire baisser les prix immédiatement : les économies d’échelle prennent du temps et la concurrence asiatique reste forte. En revanche, deux effets sont à anticiper d’ici la fin 2026.

  • Côté primes : à partir du 1er septembre 2026, les ménages qui choisiront une PAC européenne bénéficieront du « Coup de pouce » au plafond, là où une PAC importée hors UE perdra l’accès aux bonifications maximales. Sur un dossier modeste, l’écart peut représenter plusieurs centaines d’euros sur la facture finale.
  • Côté MaPrimeRénov’ : les barèmes 2026 publiés par l’Anah maintiennent jusqu’à 5 000 € pour une PAC air/eau chez les ménages très modestes, jusqu’à 4 000 € pour les modestes et 3 000 € pour les intermédiaires, avec un plafond de dépense éligible à 12 000 € TTC. Les PAC géothermiques restent les mieux dotées (jusqu’à 11 000 € pour les très modestes). Les PAC air/air ne sont pas éligibles au parcours par geste.
  • Côté installateurs : la pression sur la qualité de pose, déjà renforcée par les nouvelles règles de contrôle CEE entrées en vigueur fin avril 2026, reste un facteur déterminant pour la performance réelle de l’équipement, indépendamment de son origine.

Pour préparer un projet de chauffage cohérent, on peut commencer par lire notre guide complet pompe à chaleur, vérifier la stratégie d’isolation thermique du logement, comparer le couplage avec une installation solaire dans notre guide autoconsommation, mesurer l’impact sur la facture grâce au guide prix de l’énergie et inscrire la PAC dans une trajectoire complète via notre guide rénovation énergétique.

Perspectives : 2026, l’année du test grandeur nature

Avec deux mégasites opérationnels (Atlantic à Virey-le-Grand depuis janvier, Thomson à Jujurieux à partir du T3) et une vingtaine de sites historiques, la France entre dans une phase d’épreuve. Pour atteindre la cible d’1 million de PAC fabriquées en France en 2027, il faudra à la fois finir d’équiper les capacités industrielles, sécuriser les composants critiques (compresseurs, électronique de puissance) et stabiliser la demande. Le redémarrage de MaPrimeRénov’ depuis le 23 février 2026 et la réforme CEE 6e période, dotée de 8 milliards d’euros pour 2026, doivent jouer ce rôle de catalyseur côté demande.

L’enjeu, à terme, dépasse le seul équipement domestique : c’est le ratio « contenu européen » des PAC qui déterminera la solidité du dispositif d’aides. Plusieurs fédérations sectorielles plaident pour étendre la conditionnalité « made in Europe » au-delà des bonifications CEE, vers MaPrimeRénov’ ou la commande publique. Le débat est ouvert, et chaque nouvelle ligne d’assemblage en France pèse dans la balance.

Quand les premières PAC Thomson assemblées à Jujurieux seront-elles disponibles ?

La première ligne d’assemblage est annoncée pour le troisième trimestre 2026. Les premières unités commercialisées ne devraient donc pas arriver chez les installateurs avant l’automne 2026, avec une montée en cadence progressive sur les gammes air/eau puis air/air.

Une PAC fabriquée en France donne-t-elle droit à plus d’aides ?

À compter du 1er septembre 2026, les bonifications maximales du « Coup de pouce Chauffage » CEE seront réservées aux PAC fabriquées en Europe. MaPrimeRénov’, en revanche, ne conditionne pas encore le montant à l’origine de l’équipement, mais aux performances minimales (SCOP, ETAS) et à la pose par un professionnel RGE.

Le plan « 1 million de PAC en 2027 » est-il atteignable ?

Avec 27 sites en 2023, l’ouverture d’Atlantic à Virey-le-Grand début 2026 et le démarrage de Thomson à Jujurieux au T3, la trajectoire industrielle s’améliore. Mais la cible suppose aussi le rebond de la demande, après une baisse de 19 % en 2024 et 1,8 % en 2025. La conditionnalité européenne des CEE et la stabilisation de MaPrimeRénov’ sont les deux principaux leviers à court terme.

Peut-on déjà acheter une pompe à chaleur Thomson ?

Pas encore. La première ligne d’assemblage à Jujurieux (Ain) n’est prévue qu’au troisième trimestre 2026, avec une montée en cadence progressive sur les gammes air/eau puis air/air. Aucune date de mise en vente précise, ni prix, n’ont été communiqués par Thomson à ce stade.

Partager cet article

📖 Sommaire


📂 Catégorie

,

Articles similaires