La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a proposé une évolution du niveau moyen des tarifs réglementés de vente de l’électricité (TRVE) de +2,5 % TTC au 1er août 2026, dans un projet de délibération publié le 16 juillet 2026. Ce chiffre revoit nettement à la hausse l’estimation d’environ +1 % communiquée le mois dernier autour de la seule hausse du TURPE, en y intégrant un nouveau facteur : le mécanisme de capacité.
Les faits : un chiffre revu à la hausse
Dans son communiqué du 16 juillet 2026, la CRE précise que la hausse des TRVE se décompose en trois blocs : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), l’approvisionnement en électricité et les taxes (accise, CTA et TVA). Deux facteurs tirent la facture vers le haut : d’une part, l’augmentation du niveau du TURPE, conforme à la délibération de la CRE du 21 mai 2026, dont notre analyse détaillée du calcul TURPE 2026 décrit déjà les ressorts (inflation, coefficient d’apurement) ; d’autre part, l’évolution à la hausse de la brique capacitaire des TRVE, compte tenu de l’intégration du nouveau mécanisme de capacité — c’est ce second facteur, absent des annonces de juin, qui explique l’écart entre les +1 % évoqués alors et les +2,5 % désormais proposés.
La hausse n’est toutefois pas intégrale : pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, l’accise sur l’électricité baisse de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh, conformément à la loi de finances pour 2026, ce qui atténue partiellement l’addition. Pour comprendre la mécanique complète des TRVE, la CRE tient à jour une fiche pédagogique dédiée.
Mise en perspective : la fin d’une séquence de stabilité
Ce nouveau projet marque un contraste net avec le début d’année. Le 14 janvier 2026, la CRE avait proposé de maintenir les TRVE stables au 1er février 2026, avec une légère baisse de -0,83 % TTC en moyenne. Cinq mois plus tard, le signal s’est inversé : la trajectoire tarifaire repart nettement à la hausse, portée par la remontée des coûts de réseau et l’arrivée du nouveau mécanisme de capacité dans le calcul. Notre article sur l’évolution des taux d’accise sur l’électricité et notre suivi de la consultation CRE sur la méthode de calcul des TRV permettent de resituer ce mouvement dans la durée.
Le mécanisme de capacité, nouveau venu dans l’équation, rémunère les producteurs et fournisseurs capables de garantir une disponibilité électrique lors des pointes de consommation hivernales. Son intégration dans le calcul des TRVE traduit une bascule structurelle du système électrique français, dans un contexte où la CRE publie également, trimestre après trimestre, son bulletin sur l’activité des marchés de gros de l’électricité — un facteur qui influe lui aussi sur la partie « approvisionnement » du tarif.
Impact concret sur votre facture
Pour un ménage type, la CRE chiffre elle-même la note : l’évolution proposée se traduit par une augmentation nette de la facture d’environ 26 € TTC par an, pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an. Ce montant résulte du solde entre la hausse liée au TURPE et au mécanisme de capacité, et la baisse partielle de l’accise pour les petites puissances souscrites.
- Ménages au tarif réglementé (EDF ou fournisseur historique) : impact direct dès l’entrée en vigueur au 1er août 2026, une fois l’arrêté ministériel publié.
- Clients en offre de marché indexée sur le TRVE : répercussion selon les clauses contractuelles du fournisseur.
- Petites puissances (≤36 kVA) : la baisse d’accise limite partiellement la hausse nette.
Pour les copropriétés et les gros consommateurs, la lecture est différente : la brique capacitaire pèse proportionnellement davantage, un point que notre rapport annuel CRE 2025 sur la protection des consommateurs permet de contextualiser à l’échelle nationale.
Perspectives : quelle suite à ce projet ?
Le calendrier n’est pas encore arrêté définitivement : ce projet de délibération est transmis au Conseil supérieur de l’énergie pour avis, avant la publication d’un arrêté ministériel qui fixera le taux définitif. Les ménages ne connaîtront donc le chiffre final qu’à l’approche du 1er août. Une évolution de ce type reste également sensible aux ajustements de dernière minute : c’est précisément la trajectoire qu’avait connue le TRVE de février 2026, présenté d’abord comme stable (-0,83 % TTC) avant d’être affiné. Les foyers qui souhaitent suivre l’évolution de leur situation individuelle peuvent se référer à la chronologie de la hausse du TURPE au 1er août publiée en amont sur le site, qui détaille les postes de coûts impliqués mois après mois.
Questions fréquentes
Pourquoi le tarif réglementé de l’électricité augmente-t-il au 1er août 2026 ?
La hausse combine deux facteurs : l’augmentation du TURPE (tarif d’utilisation des réseaux électriques), déjà actée par une délibération de la CRE du 21 mai 2026, et l’intégration d’un nouveau mécanisme de capacité dans le calcul des tarifs réglementés. Une baisse de l’accise pour les petites puissances vient partiellement compenser cette hausse.
Cette hausse de 2,5 % remplace-t-elle l’annonce de +1 % de juin 2026 ?
Oui, il s’agit d’une mise à jour. La hausse du TURPE seule représentait environ +1 % TTC sur la facture. Le nouveau chiffre de +2,5 % TTC, publié le 16 juillet 2026 par la CRE, intègre en plus l’effet du nouveau mécanisme de capacité et reste, à ce stade, un projet transmis pour avis au Conseil supérieur de l’énergie.
Quel est l’impact concret sur ma facture annuelle ?
Selon les chiffres de la CRE, l’impact net est d’environ 26 € TTC supplémentaires par an pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an, une fois intégrées la hausse liée au réseau et au mécanisme de capacité, et la baisse partielle de l’accise pour les puissances souscrites inférieures ou égales à 36 kVA.

