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Prix de l’énergie : +12,4 % sur un an, la facture repart à la hausse

Les prix de l’énergie accélèrent nettement cet été : le poste affiche 12,4 % sur un an en juillet, après 11,0 % le mois précédent, selon l’estimation provisoire de l’Insee. C’est de loin le premier moteur d’une inflation d’ensemble remontée…

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Les prix de l’énergie accélèrent nettement cet été : le poste affiche 12,4 % sur un an en juillet, après 11,0 % le mois précédent, selon l’estimation provisoire de l’Insee. C’est de loin le premier moteur d’une inflation d’ensemble remontée à 2,1 %. Voici ce que recouvre ce chiffre, poste par poste, et quels leviers officiels existent pour amortir le choc sur la facture.

L’énergie, premier moteur du rebond de l’inflation

Dans son estimation provisoire publiée dans les Informations Rapides · 31 juillet 2026 · n° 188, l’Insee indique que les prix à la consommation augmenteraient sur un an de 2,1 %, contre 1,8 % au mois de juin. L’institut attribue explicitement ce rebond à deux causes : l’accélération des prix des services et celle des prix de l’énergie, cette dernière étant tirée par la hausse des prix du gaz et des produits pétroliers.

Le détail par grand poste est éclairant. Dans le tableau de la publication, la ligne consacrée à l’énergie affiche une variation sur un an de 12,4 % en juillet, après 11,0 % en juin — et surtout après un repli de 7,2 % un an plus tôt. Le retournement est donc brutal : les ménages avaient bénéficié d’une détente en 2025, ils encaissent aujourd’hui l’effet inverse. À titre de comparaison, l’alimentation reste sur un rythme de 0,9 % et les services de 2,3 %.

Poste (variation sur un an)Juillet 2025Juin 2026Juillet 2026
Énergie− 7,2 %+ 11,0 %+ 12,4 %
Servicesn. d.+ 1,9 %+ 2,3 %
Alimentationn. d.+ 0,9 %+ 0,9 %
Ensemble des prix à la consommation+ 1,8 %+ 2,1 %
Source : estimation provisoire de l’indice des prix à la consommation, Insee.

Deux précisions méthodologiques s’imposent. D’abord, ces données sont provisoires. Ensuite, l’indice harmonisé utilisé pour les comparaisons européennes progresse un peu plus vite : 2,4 % sur un an en juillet, après 2,0 % en juin. Sur un mois, l’indice d’ensemble augmenterait de 0,6 %, après un recul de 0,3 % le mois précédent. Nous avions retracé le mouvement inverse de l’an dernier dans notre bilan des prix de l’énergie sur l’année écoulée, entre baisse de l’électricité et hausse du gaz.

Électricité : une hausse réglementée qui se lit directement sur la facture

Pour l’électricité, la mécanique est documentée. La Commission de régulation de l’énergie a proposé une évolution du niveau moyen des tarifs réglementés de vente de + 2,5 % TTC au 1er août 2026. Traduit en euros, cela représente de l’ordre de + 5,98 €TTC/MWh, soit une augmentation nette de la facture d’environ 26 €TTC par an.

Le régulateur donne un repère très concret : pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an, la facture TTC passe donc de 1 046 €TTC à 1 072 €TTC. Ce mouvement concerne un socle très large de ménages, puisque 19,37 millions de clients résidentiels avaient souscrit un contrat au tarif réglementé en France métropolitaine continentale au printemps. Le détail du barème et des conditions d’éligibilité figure dans notre article sur le tarif réglementé de l’électricité, son barème et qui peut y accéder.

Deux forces contraires expliquent ce solde. À la hausse, l’augmentation du niveau du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, conformément à la délibération de la CRE du 21 mai 2026. À la baisse, la fiscalité : l’accise sur l’électricité baisse au 1er août 2026 pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh. Ce mécanisme fiscal, que nous avions décortiqué dans notre article sur les nouveaux taux d’accise sur l’électricité et leur impact sur la facture, amortit une partie de la hausse réseau sans l’annuler.

Gaz : un prix repère, pas un tarif réglementé

Côté gaz, la lecture est différente et c’est une source récurrente de malentendus. Les contrats de fourniture de gaz aux TRVG ont pris fin le 30 juin 2023 : il n’existe donc plus de tarif réglementé du gaz. Le régulateur publie à la place un prix repère mensuel, qui s’établit à un niveau moyen tous consommateurs confondus de 114,53 €/MWh HT, soit 162,89 €/MWh TTC.

Attention à ne pas surinterpréter ce chiffre. La CRE rappelle elle-même que ce prix repère de vente de gaz naturel a un caractère indicatif et que les fournisseurs construisent librement leurs offres en fonction de leurs conditions d’approvisionnement et de leurs choix commerciaux. Autrement dit, il sert de boussole pour comparer, jamais de plafond opposable. Notre dossier sur le prix du gaz naturel, son tarif de référence et la méthode pour comparer les offres détaille comment s’en servir sans se tromper.

Les leviers officiels pour amortir la hausse

Le premier dispositif est le chèque énergie. Son montant varie selon les revenus et la composition du foyer : le montant des chèques énergie varie de 48 à 277 €. Point important pour les ménages qui pensent être passés à travers les mailles du filet, la demande reste possible : vous pourrez demander cette aide financière jusqu’au 31 décembre 2026. Les critères et la marche à suivre sont réunis dans notre guide du chèque énergie, ses montants et ses bénéficiaires.

  • Vérifier son tarif de référence : comparer son offre au prix repère gaz et au tarif réglementé électricité avant toute renégociation.
  • Ajuster sa puissance souscrite : la baisse d’accise vise les puissances inférieures ou égales à 36 kVA, seuil qui couvre l’immense majorité des logements.
  • Solliciter le chèque énergie si vous êtes éligible sans l’avoir reçu, la démarche restant ouverte jusqu’à la fin de l’année.
  • Agir sur la consommation : à prix unitaire subi, seule la baisse des volumes reste pilotable par le ménage.

Ces dispositifs ont un coût collectif, rarement rappelé. Le régulateur évalue les charges de service public de l’énergie à compenser à 12,3 Mds€ dont 9,06 Mds€ à compenser par le budget de l’Etat. C’est l’envers du décor des mécanismes de soutien : ce que la facture ne paie pas, l’impôt le finance. Notre lecture du rapport annuel de la CRE sur les prix, les factures et la protection des consommateurs replace ces montants dans la durée.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

Trois signaux méritent l’attention. Le premier est la confirmation des chiffres : l’estimation de l’Insee est provisoire et sera consolidée. Le deuxième est institutionnel — le projet de délibération tarifaire sur l’électricité est transmis au Conseil supérieur de l’énergie pour avis, étape obligatoire avant la décision finale. Le troisième est saisonnier : le prix repère du gaz est recalculé chaque mois, et l’entrée dans la saison de chauffe se joue habituellement à l’automne.

Pour un ménage, la bonne réaction n’est pas de guetter le prochain point d’inflation, mais de vérifier deux lignes : la puissance souscrite, souvent surdimensionnée par rapport à l’usage réel, et la nature de son contrat gaz, dont aucun plafond public ne borne plus le prix. Notre guide complet sur les prix de l’énergie détaille chacun de ces postes et les arbitrages possibles.

Questions fréquentes

Pourquoi les prix de l’énergie accélèrent-ils autant alors que l’inflation générale reste modérée ?

Parce que l’énergie ne représente qu’une fraction du panier de consommation mesuré par l’Insee. Une variation forte sur ce poste se dilue donc dans l’indice d’ensemble, tout en pesant lourdement sur le budget des ménages qui se chauffent au gaz ou roulent beaucoup. L’Insee attribue l’accélération à la hausse des prix du gaz et des produits pétroliers.

Existe-t-il encore un tarif réglementé du gaz ?

Non. Les contrats de fourniture de gaz au tarif réglementé ont pris fin fin juin de l’année 2023. La Commission de régulation de l’énergie publie désormais un prix repère mensuel, mais celui-ci a un caractère purement indicatif : les fournisseurs restent libres de construire leurs offres.

La baisse de l’accise annule-t-elle la hausse du tarif réglementé de l’électricité ?

Non, elle l’atténue seulement. La hausse du tarif d’acheminement pousse la facture vers le haut, la baisse de l’accise la tire vers le bas, et le solde reste positif pour le consommateur au tarif réglementé.

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