Un arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel, approuve le bilan de la concertation préalable à la mise en compatibilité des plans locaux d’urbanisme d’Erdeven, Plouharnel, Ploemel, Locoal-Mendon, Brec’h et Pluvigner, six communes du Morbihan concernées par le raccordement électrique mutualisé de deux parcs éoliens en mer de Bretagne Sud. Le projet réunit deux parcs pour une puissance totale de l’ordre de 750 MW, avec un premier parc de 250 MW et un second de 500 MW. RTE annonce dans la foulée l’ouverture d’une enquête publique du 17 août au 28 septembre 2026 : un pas de plus vers la déclaration d’utilité publique du raccordement, sans que celle-ci soit acquise pour autant.
Les faits
RTE est le maître d’ouvrage du raccordement électrique mutualisé des deux parcs, tandis que le maître d’ouvrage du premier parc, d’une puissance de 250 MW, est la société Pennavel. Le maître d’ouvrage du second parc, de 500 MW, sera désigné à l’issue d’une procédure concurrentielle : à ce stade, il n’est donc pas encore connu. L’arrêté, consultable sur le site de Légifrance, précise en outre que le préfet du Morbihan et les maires des six communes concernées sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de son exécution.
Le raccordement mutualisé des deux parcs se compose d’un poste électrique en mer, de trois liaisons sous-marines, de trois jonctions d’atterrage, de trois liaisons souterraines, de trois câbles de télécommunication à fibre optique et d’un poste électrique à terre. Ce poste à terre est situé sur la commune de Pluvigner, en extension du poste électrique existant. Deux autorités distinctes se répartissent l’instruction de la déclaration d’utilité publique : celle des trois liaisons électriques relève de la compétence du ministre chargé de l’énergie, tandis que celle du nouveau poste électrique de 225 000 volts à Pluvigner relève de la compétence du préfet du Morbihan.
Calendrier et caractéristiques du raccordement
| Élément | Caractéristique |
|---|---|
| Puissance totale des deux parcs | 750 MW (250 MW + 500 MW) |
| Poste électrique à terre | Pluvigner, en extension du poste existant |
| Liaisons sous-marines | trois liaisons sous-marines à 225 000 volts, fuseau long d’environ 43 km |
| Liaisons souterraines terrestres | fuseau d’une trentaine de kilomètres |
| Point d’atterrage | plage de Kerhillio, commune d’Erdeven |
| Ouverture de la concertation | 18 novembre 2025 |
| Déroulement de la concertation | 27 novembre – 12 décembre 2025 |
| Enquête publique | 17 août – 28 septembre 2026 |
Une semaine après la publication de cet arrêté, RTE a précisé les modalités de l’étape suivante : une enquête publique se déroulera du 17 août au 28 septembre 2026, avec des permanences et un dépôt d’observations possibles dans les mairies de Brec’h, Erdeven, Groix, Locoal-Mendon, le Palais, Ploemel, Plouharnel, Pluvigner et Quiberon, comme le détaille un communiqué de RTE.
Mise en perspective
Le tracé du raccordement n’est pas une nouveauté : dès avril 2023, RTE avait validé les fuseaux de moindre impact retenus pour les liaisons. Les trois liaisons sous-marines à 225 000 volts empruntent un fuseau long d’environ 43 km, quand le fuseau retenu pour les liaisons souterraines terrestres s’étend sur une trentaine de kilomètres, avec un atterrage prévu à la plage de Kerhillio, sur la commune d’Erdeven, comme le détaillait déjà un communiqué de RTE datant de 2023. Le projet s’inscrit par ailleurs dans un cadre légal plus ancien : la loi Énergie Climat de 2019 fixe l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, avec un objectif intermédiaire de 40 % d’énergies renouvelables dans la production électrique à l’horizon 2030.
Ce chantier breton ne doit pas être confondu avec un projet distinct de raccordement mutualisé, situé sur un tout autre littoral : en Occitanie, l’éolien flottant EFLO installe l’instance de suivi de son propre projet, qui doit raccorder les parcs AO6 et AO9 dans le golfe du Lion. Les deux dossiers avancent en parallèle, mais n’ont ni le même maître d’ouvrage pour leur raccordement, ni le même calendrier administratif.
En amont de l’arrêté, l’ouverture de la concertation avait été arrêtée par le ministre chargé de l’énergie le 18 novembre 2025, avant qu’elle ne se tienne du 27 novembre au 12 décembre 2025, soit 16 jours consécutifs. Le registre dématérialisé mis en place pour l’occasion a connu une fréquentation notable : 2 238 visites, 318 téléchargements d’au moins un document et 537 documents téléchargés au total. 193 observations ont été émises pendant la concertation, dont 187 via le registre dématérialisé, mais seules 17 d’entre elles portaient spécifiquement sur la mise en compatibilité des PLU, dont 16 défavorables — un chiffre à mettre en regard de l’ancienneté de certains documents d’urbanisme concernés, comme le PLU d’Erdeven, approuvé le 17 février 2017 et mis à jour pour la dernière fois le 8 juillet 2025.
Cette étape s’inscrit dans une dynamique nationale de montée en puissance de l’éolien en mer : en 2025, la production éolienne en mer française a atteint 5,7 TWh, en hausse de près de 43 % par rapport à 2024, selon le bilan électrique 2025 de RTE. Ce chiffre, daté de mars 2026, porte sur un périmètre différent des données de tracé du raccordement breton, qui remontent elles à avril 2023 : les deux informations se complètent mais appartiennent à des millésimes distincts.
Le projet breton s’inscrit dans la même filière que d’autres jalons de l’éolien flottant, comme le raccordement du parc EFGL, une première en Méditerranée, ou plus largement dans la dynamique que retrace notre panorama de l’éolien français en 2025, qui couvre l’ensemble de la filière, terrestre et maritime confondus.
Impact concret
Pour les acteurs économiques et institutionnels du Morbihan, cette étape administrative a des conséquences concrètes. Le raccordement mobilise un chantier de plusieurs dizaines de kilomètres entre le large et Pluvigner, avec des travaux qui toucheront successivement le poste en mer, les liaisons sous-marines, le point d’atterrage de Kerhillio et le poste à terre. La filière portuaire, déjà sollicitée par les précédents chantiers d’éolien flottant, bénéficie par ailleurs d’un effort national parallèle : l’adaptation des ports français aux besoins logistiques de la filière mobilise en parallèle des financements publics dont les chantiers bretons profitent indirectement.
Pour les professionnels et les collectivités qui veulent situer ce projet dans l’ensemble des chantiers en cours, une carte des projets et du calendrier de l’éolien offshore en France permet de replacer la Bretagne Sud parmi les autres façades maritimes concernées, du Cotentin à la Méditerranée.
Concrètement, participer à l’enquête publique suppose de consulter le dossier en mairie ou en ligne, puis de déposer une observation écrite ou orale avant la clôture du 28 septembre 2026 — sans que cela ne permette d’anticiper le sens des conclusions à venir, ni la décision finale sur la déclaration d’utilité publique.
Perspectives
La suite du calendrier est déjà fixée par le texte lui-même : le bilan de la concertation sera intégré au dossier de la future enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique, celle-là même qui doit encore statuer sur la mise en compatibilité des six PLU concernés. Rien, à ce stade, ne permet de préjuger de son issue : ni la date d’une éventuelle déclaration d’utilité publique, ni celle du démarrage des travaux de raccordement ne sont fixées à ce jour, et le maître d’ouvrage du second parc de 500 MW reste, lui aussi, à désigner.
Ce dossier breton s’ajoute à une série de raccordements offshore que RTE a menés à bien ces derniers mois : RTE a bouclé le raccordement de ses neuf premiers parcs. Le gestionnaire de réseau muscle par ailleurs ses infrastructures sur d’autres façades, comme le montre l’engagement du chantier Centre-Manche 2, pendant que le lancement de l’appel d’offres AO10 promet 10 GW supplémentaires pour les années à venir. Autant de chantiers qui, mis bout à bout, dessinent la trajectoire d’un éolien en mer français encore en pleine structuration — dont la Bretagne Sud n’est qu’une pièce, certes stratégique, parmi d’autres. Pour prendre la mesure de l’ensemble de la filière, notre guide complet sur les énergies du futur replace ces chantiers dans la trajectoire plus large de la transition électrique française.
Questions fréquentes
Quelle est la puissance totale des deux parcs éoliens en mer de Bretagne Sud ?
Le projet réunit deux parcs pour une puissance totale de l’ordre de 750 MW : 250 MW pour le premier parc, porté par la société Pennavel, et 500 MW pour le second parc, dont le maître d’ouvrage sera désigné à l’issue d’une procédure concurrentielle.
Quand se déroule l’enquête publique sur le raccordement ?
RTE annonce une enquête publique du 17 août au 28 septembre 2026, avec des permanences et un dépôt d’observations possibles dans les mairies de Brec’h, Erdeven, Groix, Locoal-Mendon, le Palais, Ploemel, Plouharnel, Pluvigner et Quiberon.
Le raccordement électrique est-il définitivement approuvé ?
Non : l’arrêté du 28 juillet 2026 valide seulement le bilan de la concertation préalable à la mise en compatibilité des PLU. Ce bilan sera intégré au dossier de la future enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique, qui n’est pas encore acquise, et dont l’enquête publique elle-même n’a pas encore eu lieu.
Sources officielles
- Légifrance — arrêté approuvant le bilan de la concertation préalable à la mise en compatibilité des PLU
- RTE — annonce de l’enquête publique sur le raccordement en Bretagne Sud
- RTE — validation des fuseaux de moindre impact du raccordement
- RTE — bilan électrique 2025, production éolienne en mer

