SEPAC, le volet France 2030 dédié aux systèmes énergétiques et au traitement de l’air du bâtiment, vient de faire l’objet d’un bilan thématique publié par l’ADEME. Ce document détaille, chiffres à l’appui, les projets d’innovation soutenus depuis 2021 dans les domaines du chauffage, de la ventilation et de la climatisation — un aperçu concret de ce qui arrivera demain sur le marché pour les propriétaires et les professionnels du bâtiment. De la pompe à chaleur nouvelle génération à la centrale de traitement d’air plus économe, ce sont ces briques technologiques qui, une fois industrialisées, viendront équiper les logements et les bâtiments tertiaires dans les prochaines années.
Les faits
L’ADEME a mis en ligne ce bilan thématique le 21/08/2026. Il s’agit d’un document de 14 Pages qui dresse, pour la première fois de façon consolidée, un état des lieux chiffré de l’appel à projets SEPAC. Consultable en intégralité, le bilan thématique détaille chaque indicateur du dispositif, projet par projet. Un bilan thématique de ce type n’est pas un simple communiqué : il permet à l’agence de rendre compte, dispositif par dispositif, de l’usage réel des crédits publics engagés, et aux acteurs de la filière de mesurer la sélectivité de l’appel à projets avant de préparer leurs futures candidatures.
Depuis son ouverture, 24 projets ont été déposés depuis 2021 par des candidats de la filière. Au fil des sessions de sélection, 14 projets ont été retenus pour financement par l’agence, sur la base de leur maturité technologique et de leur potentiel de décarbonation.
Les lauréats regroupent 21 bénéficiaires directement aidés à hauteur de 18,54 M€, pour un budget total des projets de 50,32 M€ — aide publique et financement des porteurs de projet cumulés — pour une durée moyenne des projets de 44 mois, soit un peu plus de trois ans et demi entre le lancement des travaux et leurs premiers résultats attendus.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Projets déposés depuis 2021 | 24 |
| Projets retenus pour financement | 14 |
| Bénéficiaires directement aidés | 21 |
| Montant total de l’aide | 18,54 M€ |
| Budget total des projets | 50,32 M€ |
| Durée moyenne des projets | 44 mois |
Ce tableau résume l’essentiel : un dispositif qui ne finance pas tout ce qui se présente, mais qui sélectionne un nombre restreint de projets jugés suffisamment avancés et pertinents pour recevoir un accompagnement financier substantiel sur plusieurs années. C’est cette sélectivité qui donne son poids au bilan publié par l’ADEME : chaque projet retenu représente un pari technologique assumé sur les futurs usages du chauffage, de la ventilation et de la climatisation.
Mise en perspective
Ce bilan n’est pas un exercice isolé : le document précise explicitement qu’il relève du plan d’investissement France 2030, la stratégie publique qui structure une large partie des financements de l’innovation industrielle française. L’appel à projets SEPAC en constitue le volet consacré aux systèmes énergétiques et au traitement de l’air du bâtiment. À l’échelle de ce plan d’investissement, le secteur du bâtiment occupe une place à part : il concentre à la fois un gisement d’économies d’énergie important et un tissu d’entreprises, souvent des PME et des ETI, capables de porter des innovations jusqu’au marché si elles sont accompagnées dans la durée.
Sur le plan méthodologique, l’appel à projets finance le développement de procédés technologiques innovants des études préalables jusqu’à l’industrialisation, en passant par les démonstrateurs. Autrement dit, l’ADEME accompagne une innovation à tous les stades de maturité : de l’idée testée en laboratoire au produit commercialisable, en passant par les prototypes éprouvés en conditions réelles. Pour l’agence de la transition écologique, cette logique de financement continu est jugée plus efficace que des aides ponctuelles déconnectées les unes des autres — le document publié par l’agence détaille les modalités de sélection retenues pour chaque vague de candidatures.
Ce mode de financement n’est pas propre au SEPAC : l’ADEME pilote plusieurs dispositifs comparables appliqués au bâtiment dans le cadre de France 2030. C’est le cas du programme qui accompagne des opérateurs ensembliers pour massifier la rénovation globale, ou encore de la méthode de construction hors site que l’agence soutient pour industrialiser l’isolation des bâtiments. Le SEPAC en est le pendant côté équipements techniques : chauffage, ventilation et climatisation, plutôt que travaux sur l’enveloppe du bâti. Pris ensemble, ces différents appels à projets dessinent une approche à deux étages : d’un côté l’isolation et la méthode de chantier, de l’autre les équipements qui produisent, distribuent et régulent la chaleur, l’air et le froid à l’intérieur du logement.
Impact concret
Concrètement, qui peut candidater à ce type d’appel à projets ? Le dispositif s’adresse à l’ensemble des acteurs de la filière des systèmes énergétiques, qu’il s’agisse d’entreprises seules, appartenant à l’industrie des systèmes énergétiques ou aux secteurs de la construction et/ou de la rénovation, ou en collaboration, notamment avec des laboratoires de recherches. Concrètement : fabricants de chaudières et de pompes à chaleur, industriels de la ventilation mécanique, spécialistes de la climatisation, mais aussi entreprises générales du bâtiment peuvent déposer un dossier, seuls ou associés à un laboratoire de recherche. Cette ouverture aux collaborations avec la recherche académique est un point notable : elle permet à des PME qui n’ont pas toujours de service R&D interne de s’associer à un laboratoire pour porter un projet plus ambitieux, sans que cette collaboration soit une condition obligatoire pour candidater.
L’objectif affiché par l’ADEME est double : répondre aux enjeux de réduction des consommations énergétiques et de “décarbonation” du bâtiment sur les usages suivants : chauffage, ventilation et climatisation. Pour un propriétaire ou un professionnel du secteur, cela signifie que les technologies financées aujourd’hui ont vocation à devenir, demain, les équipements installés lors d’une rénovation ou d’un remplacement de système de chauffage, de ventilation ou de climatisation. Cette orientation confirme que, pour les pouvoirs publics, la performance énergétique du bâtiment ne se joue pas uniquement sur l’isolation : les équipements techniques qui produisent et distribuent la chaleur ou le froid restent un levier à part entière de la décarbonation du parc immobilier.
Ces innovations technologiques arrivent dans un paysage réglementaire déjà en mouvement. Les propriétaires sont par exemple soumis à l’obligation faite aux propriétaires de faire réaliser un entretien régulier de leurs équipements de climatisation réversible, tandis que des solutions plus sobres, comme le fait de rafraîchir son logement la nuit en jouant sur la ventilation naturelle, restent complémentaires des futurs équipements financés par le SEPAC. Une autre piste, non technologique celle-là, consiste à miser sur la conception du bâti pour limiter les besoins de chauffage et de climatisation en amont, avant même de songer à changer d’équipement.
Perspectives
Avec des projets d’une durée moyenne des projets de 44 mois, les innovations financées par cette vague SEPAC ne se retrouveront pas en rayon dès demain. Mais la trajectoire est posée : les porteurs de projets engagés dans le développement de procédés technologiques innovants des études préalables jusqu’à l’industrialisation, en passant par les démonstrateurs visent, par construction, un débouché commercial à moyen terme plutôt qu’une simple preuve de concept de laboratoire. Concrètement, un propriétaire qui envisage aujourd’hui des travaux de chauffage ou de ventilation ne verra pas ces innovations sur catalogue avant plusieurs années ; en revanche, les décisions de rénovation prises dans les tout prochains mois peuvent déjà tenir compte de cette trajectoire d’ensemble portée par les pouvoirs publics.
Pour les propriétaires comme pour les professionnels du bâtiment, ce type de financement public constitue un signal avancé sur l’offre à venir : pompes à chaleur plus performantes, centrales de traitement d’air optimisées, climatiseurs moins gourmands en énergie. Le mouvement dépasse le seul volet équipements : le même effort d’innovation se retrouve du côté de la rénovation, porté par les nouveaux objectifs de baisse des émissions inscrits dans la trajectoire climatique pour le secteur du bâtiment, qui pousse l’ensemble de la filière vers des solutions plus sobres et mieux pilotées. Chauffage, ventilation, climatisation et enveloppe du bâtiment avancent ainsi de concert, sous l’effet conjugué des objectifs climatiques et des financements de l’innovation, plutôt que comme deux chantiers séparés menés à des rythmes différents.
Reste que l’ampleur de cet effet d’entraînement sur le marché dépendra du nombre de projets qui, une fois leurs travaux achevés, franchiront réellement le cap de l’industrialisation. Pour suivre l’avancement de ce type de dispositif, le bilan complet liste, projet par projet, les axes technologiques retenus par l’ADEME, une base utile pour anticiper les futures gammes d’équipements de chauffage, de ventilation et de climatisation.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’appel à projets SEPAC ?
Le SEPAC est un appel à projets du plan France 2030 porté par l’ADEME, qui le développement de procédés technologiques innovants des études préalables jusqu’à l’industrialisation, en passant par les démonstrateurs dans le domaine des systèmes énergétiques et du traitement de l’air du bâtiment.
Combien de projets ont été soutenus par ce dispositif ?
Selon le bilan de l’ADEME, 24 projets ont été déposés depuis 2021 et 14 projets ont été retenus pour financement, réunissant 21 bénéficiaires directement aidés à hauteur de 18,54 M€.
Qui peut candidater à ce type d’appel à projets ?
L’appel à projets s’adresse à l’ensemble des acteurs de la filière des systèmes énergétiques, qu’il s’agisse d’entreprises seules, appartenant à l’industrie des systèmes énergétiques ou aux secteurs de la construction et/ou de la rénovation, ou en collaboration, notamment avec des laboratoires de recherches.

