Baromètre ADEME : le solaire tient, l’acceptabilité des autres ENR recule
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Baromètre ADEME : le solaire tient, l’acceptabilité des autres ENR recule

Le baromètre ADEME décrit une acceptabilité locale stable pour le photovoltaïque, alors que les autres filières testées voient leur niveau d’accueil baisser.

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Le baromètre ADEME sur les énergies renouvelables (ENR) pose ce constat : « Hormis pour la filière photovoltaïque, dont l’acceptabilité est stable et largement positive, toutes les filières testées subissent une baisse de leur niveau d’accueil par la population, dans l’hypothèse où un projet de production s’installerait sur leur territoire. » Cet article passe en revue les filières concernées, les leviers cités par les personnes réfractaires, puis ce que ces réponses disent des projets de panneaux solaires ou de travaux. Il s’agit d’un sondage : les pourcentages cités rapportent ce que les personnes interrogées déclarent.

Les faits

Le baromètre « Les Français et les énergies » repose sur une enquête qui a été réalisée par l’institut de sondage OpinionWay auprès d’un échantillon de 1 541 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Le terrain a été réalisé du 11 au 19 décembre 2025, et la synthèse porte la mention « Étude réalisée pour le compte de l’ADEME par : OpinionWay ». Les résultats se consultent sur la page du baromètre de la librairie ADEME, dans la synthèse et dans le rapport complet.

Les réponses relèvent d’opinions et d’intentions déclarées, non de comportements observés. Pour le cadre technique du solaire domestique, on se reportera à notre dossier sur les panneaux solaires en autoconsommation. L’article aborde successivement l’acceptabilité locale, l’engagement, la perception du coût, puis les projets des ménages et la rénovation.

Le solaire d’un côté, les autres filières de l’autre

L’acceptabilité s’entend ici dans l’hypothèse où un projet de production s’installerait sur leur territoire. Le tableau ci-dessous reprend, filière par filière, les parts de rejet ou de refus chiffrées dans la synthèse. La ligne du photovoltaïque ne comporte pas de part de rejet chiffrée : la synthèse qualifie son acceptabilité de stable et largement positive.

FilièrePart de rejet ou de refusÉvolution
PhotovoltaïqueNon chiffrée dans la synthèseAcceptabilité stable et largement positive
Chaufferie au bois38%+9 points
Hydrogène47%+8 points
Méthanisation39%+4 points
Éolien39%+2 points

Cette colonne reprend, selon les filières, les termes « rejet » ou « refus » employés par la synthèse ; le rapport complet en détaille la nature pour deux filières, présentées ci-dessous.

Chaufferie au bois, hydrogène, méthanisation et éolien

Pour la chaufferie au bois, la synthèse relève : « Davantage de Français expriment du rejet quant à l’hypothèse de l’installation d’une production d’une chaufferie au bois (38%, +9 points). »

Pour l’hydrogène, elle écrit : « Le rejet des projets de production d’hydrogène n’avait plus été si fort depuis 2016 (47% cette année, +8 points). »

Le rapport complet apporte une nuance sur la nature de ce rejet. Pour l’hydrogène, il précise : « La part des répondants qui n’accepteraient pas une telle installation près de chez eux progresse en conséquence (47%, +8 points) : si la part de ceux qui s’y opposeraient certainement reste stable (15%, stable), c’est surtout la part de ceux qui s’y opposeraient probablement qui progresse fortement (32%, +8 points) ». Il ajoute, avec prudence : « suggérant que le recul d’acceptabilité touche davantage des répondants dans une posture de prudence que de rejet catégorique ».

Pour la chaufferie au bois, le rapport indique que l’évolution observée cette année provient principalement d’un mouvement vers la réponse « Non, probablement pas » (24%, +6 points), mais la part des répondants résolument opposés à ces projets augmente également (14%, +3 points).

Pour la méthanisation et l’éolien, elle indique : « Le refus des projets de méthanisation remontre au même niveau que leur acceptation (39%, +4 points), et le refus des projets éoliens se rapproche aussi de ce niveau (39%, +2 points). » Sur la filière éolienne, notre article consacré aux systèmes de détection-arrêt anti-collision apporte un éclairage technique.

La page produit du baromètre résume l’ensemble dans une formule : « L’acceptabilité des projets ENR dans les territoires de résidence diminue, et même fortement pour certaines filières. »

Un soutien de principe, un engagement limité

Sur le principe du développement local, la synthèse indique ceci : « une majorité écrasante des Français se prononcent en faveur du développement des énergies renouvelables au niveau local (88%, -2 points), et plus de la moitié indiquent qu’ils seraient prêts à soutenir ces projets financièrement en investissant (54%) ».

Sur l’engagement effectif, elle ajoute que très peu de Français déclarent être effectivement engagés dans ce type de projets, que ce soit par la voie de la gouvernance ou de l’investissement (respectivement 4% et 6%).

Elle aborde aussi l’information disponible : « Le manque d’information est d’ailleurs criant en la matière, une majorité des Français déclarent ne pas savoir si des projets existent dans leur région (58% pour un investissement financier, 64% pour s’impliquer dans la gouvernance) ». Pour l’investissement citoyen, notre article sur l’éolien citoyen et les projets coopératifs présente une forme de participation.

Mise en perspective

Le baromètre documente aussi ce qui pourrait faire changer d’avis les personnes réfractaires, la perception du coût d’une énergie plus écologique et la notoriété des filières. Ces éléments sont détaillés dans la synthèse du baromètre.

Les leviers cités par les réfractaires

Interrogées sur les leviers susceptibles de les convaincre, les personnes réfractaires placent en tête, selon la synthèse, des garanties sur la préservation des paysages (47%).

La synthèse relève aussi un levier financier : « Le levier financier est également largement cité (46%), aussi souvent par le biais d’une compensation personnelle (30%) que d’une compensation pour la commune (28%). »

Reste la part des personnes opposées sans condition : « seuls 15% de ces personnes se disent complètement résolues à refuser les projets, sans levier possible pour les faire changer d’avis ». Sur l’acceptabilité locale, notre analyse du syndrome « pas chez moi » revient sur cette question.

La perception du coût d’une énergie plus écologique

La synthèse rapporte deux réponses côte à côte : « Une large majorité des Français savent qu’il est possible de choisir un contrat d’énergie écologique pour son logement (80%). Une majorité est toutefois également convaincue que se fournir en ENR pour son domicile implique un budget plus élevé (77%). » Il s’agit là de convictions déclarées par les personnes interrogées.

À propos des équipements installés à domicile, la synthèse indique que les économies à réaliser sur sa facture énergétique sont pourtant le premier avantage cité (60%), malgré un fort recul (6 points).

Sur la production d’électricité pour soi, la synthèse rapporte que 49% n’accepteraient de produire et d’autoconsommer leur propre électricité que si celle-ci était moins chère, contre 33% intéressés même en payant un peu plus, et 18% réticents dans tous les cas.

Notoriété et priorités des filières

Sur la notoriété assistée des filières, la synthèse écrit que celle-ci se concentre toujours davantage sur l’énergie solaire photovoltaïque (92% en assisté) et sur l’éolien terrestre (91%). Le baromètre révèle également la très forte notoriété assistée des pompes à chaleur (89%), une filière pourtant très peu identifiée spontanément parmi les énergies renouvelables (3%).

Côté priorités, l’énergie solaire photovoltaïque est pointée comme la filière à développer en priorité par les Français interrogés (31%). Cet indicateur affiche toutefois une légère baisse par rapport à 2024 (-3 points).

Impact concret : ce que les réponses disent des projets domestiques

Les résultats du baromètre, qui portent sur l’ensemble de l’échantillon, se lisent à trois niveaux : l’accueil réservé au solaire près du domicile, l’intention d’investir dans un équipement, et les intentions de travaux de rénovation.

Solaire domestique : accueil et intérêt déclarés

Dans le rapport détaillé du baromètre, les Français se disent toujours très largement favorables à l’installation d’équipements solaires à proximité de leur domicile (87%, -1 point), sous au moins une forme d’installation. Pour situer ces réponses face à l’existant, on peut consulter notre point sur le parc photovoltaïque français.

Sur l’autoconsommation, le rapport note : « L’intérêt des Français pour l’autoproduction et l’autoconsommation d’électricité d’origine photovoltaïque se maintient à un niveau très élevé cette année (82%, -1 point) ». Pour valoriser le surplus d’une installation, notre article sur le routeur solaire sans batterie décrit une option de pilotage.

Investir dans des panneaux : intentions et critères de choix

Du côté des intentions, la synthèse relève que 22% des Français envisagent d’investir dans une ENR pour leur domicile, dont une moitié sont déjà lancés, l’installation de panneaux photovoltaïques reste largement privilégiée (43% des intentions). Un autre usage du solaire domestique est traité dans notre article consacré à la façon de piloter sa pompe à chaleur avec le solaire.

Pour choisir un panneau, la synthèse indique que les critères décisifs porteraient sur la qualité du produit : sa durée de vie (très important pour 63% des Français) et le rendement énergétique (60%). Le pays de fabrication du panneau est un critère secondaire (31%).

Sur la fabrication française, la synthèse ajoute que une majorité des Français déclarent qu’ils seraient prêts à payer un petit supplément pour choisir un panneau fabriqué en France (61%, mais 39% un supplément de 10% ou moins sur le prix). Ces déclarations restent des intentions exprimées en réponse à un questionnaire.

Rénovation : besoin déclaré et intentions de travaux

Sur la rénovation énergétique, la synthèse relève que deux tiers des Français considèrent que des travaux de rénovation énergétique sont nécessaires dans leur logement (68%). La proportion de ces personnes qui prévoient effectivement de se lancer dans des travaux n’augmente cependant qu’à la marge (+1 point au global, 14%).

Parmi les travaux évoqués, la synthèse écrit : « Les travaux d’isolation sont toujours les plus cités, qu’ils concernent les murs (31%) ou la toiture du logement (25%). Les freins principaux sont encore le fait d’être locataire (35%) et le coût des travaux (32%). » Pour les locataires, notre article sur le kit solaire en location présente une piste côté solaire.

La question des aides apparaît à part : « Une part notable des Français concernés déclarent ne pas envisager d’effectuer des travaux parce qu’ils pensent ne pas être éligibles aux aides (21%). » La synthèse ajoute : « Les aides financières apparaissent pourtant incontournables pour ces projets : 80% des personnes qui en ont fait ou vont en faire ont recours à au moins un dispositif d’aide. » Pour suivre les règles des aides, on peut lire notre analyse de MaPrimeRénov’ et des forfaits par geste.

Perspectives

Quelques points de lecture, tirés des seuls résultats cités plus haut :

  • Photovoltaïque : l’intérêt pour l’autoconsommation se maintient à un niveau très élevé cette année (82%, -1 point).
  • Réfractaires : seuls 15% de ces personnes se disent complètement résolues à refuser les projets, sans levier possible pour les faire changer d’avis.
  • Rénovation : la part des personnes qui prévoient de se lancer n’augmente cependant qu’à la marge (+1 point au global, 14%).

Un lecteur qui prépare un projet peut s’appuyer sur ces réponses pour se poser des questions simples : le projet est-il accueilli localement, l’équipement choisi répond-il aux critères qui comptent pour soi, les aides ont-elles été vérifiées avant de renoncer à des travaux ?

Ces résultats se rapportent à un terrain réalisé du 11 au 19 décembre 2025 et décrivent des opinions et des intentions déclarées. Pour les résultats détaillés, la synthèse du baromètre et le rapport complet restent les documents à consulter.

Sources officielles

Questions fréquentes

Que mesure le baromètre ADEME sur les énergies renouvelables ?

Il s’agit d’une enquête d’opinion : elle a été réalisée par l’institut de sondage OpinionWay auprès d’un échantillon de 1 541 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, avec un terrain du 11 au 19 décembre 2025.

Quelle filière conserve une acceptabilité locale stable ?

La synthèse indique : « Hormis pour la filière photovoltaïque, dont l’acceptabilité est stable et largement positive, toutes les filières testées subissent une baisse de leur niveau d’accueil par la population ».

Les Français s’engagent-ils dans les projets locaux d’énergies renouvelables ?

Les réponses distinguent le soutien déclaré et l’engagement effectif : une majorité écrasante des Français se prononcent en faveur du développement des énergies renouvelables au niveau local (88%, -2 points), mais très peu de Français déclarent être effectivement engagés dans ce type de projets, que ce soit par la voie de la gouvernance ou de l’investissement (respectivement 4% et 6%).

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