Les entrepôts logistiques font l’objet d’une étude de l’ADEME consacrée à leurs enjeux énergétiques. Le rapport final porte sur le potentiel photovoltaïque et géothermique de ces bâtiments, sur l’autoconsommation, sur la recharge de véhicules et sur les obligations de la loi APER.
Les faits
Le parc d’entrepôts retenu par l’étude
La page de présentation de l’étude indique que les entrepôts logistiques de plus de 1 000 m² représentent un parc immobilier de 93,4 millions de m² en France, caractérisé par d’importantes surfaces de toitures et de parkings déjà artificialisés. Pour le cadre général de ces installations, voir aussi le guide complet sur les panneaux solaires en autoconsommation.
Dans son résumé, le rapport final indique que les entrepôts logistiques de plus de 1 000 m² représentent une surface de 93,4 millions de m². Plus loin, il écrit : « Selon les déclarations OPERAT la France comptabilise plus de 93,4 millions de m² de surface logistique assujettie au décret tertiaire ».
La consommation énergétique du parc logistique
Le rapport donne un repère de consommation : « Sur l’année 2021, l’immobilier logistique a consommé plus de 8 320 GWh PCI en France ». Sur la nature de cette énergie, il écrit : « La grande majorité de la consommation énergétique de l’immobilier logistique provient de l’électricité (66,7 %) et du gaz (30,2 %) ». Le rapport en tire cette appréciation : « la capacité d’approvisionnement en énergie renouvelable de l’immobilier logistique est donc extrêmement conséquente ».
Les grandeurs principales et leur périmètre
| Grandeur | Valeur | Périmètre indiqué | Document |
|---|---|---|---|
| Surface du parc logistique | 93,4 millions de m² | entrepôts logistiques de plus de 1 000 m² | Rapport final |
| Consommation de l’immobilier logistique | plus de 8 320 GWh PCI | Sur l’année 2021, en France | Rapport final |
| Productible photovoltaïque annuel | 6,4 à 8,1 TWh | à l’horizon 2028, entrepôts logistiques existants | Rapport final |
| Part de l’électricité dans la consommation | 66,7 % | Immobilier logistique, par vecteur énergétique | Rapport final |
| Part du gaz dans la consommation | 30,2 % | Immobilier logistique, par vecteur énergétique | Rapport final |
Le productible photovoltaïque estimé
Le rapport chiffre ainsi le productible : « Le productible annuel d’électricité photovoltaïque est estimé de 6,4 à 8,1 TWh à l’horizon 2028 au sein des entrepôts logistiques existantes ». La présentation de l’étude l’associe à des perspectives d’autoconsommation, de couplage bâtiment-véhicule et d’intégration dans les stratégies énergétiques territoriales.
Le rapport propose des comparaisons. L’une porte sur un réacteur : « Un réacteur nucléaire du parc français produit en moyenne 7 à 8 TWh d’électricité par an. Le potentiel photovoltaïque des plateformes logistiques françaises est donc comparable à celui d’un réacteur nucléaire. » Une autre porte sur la consommation nationale : ce productible annuel représente 1,5 % de la consommation totale d’électricité en France (bilan électrique 2024 réalisé par RTE – 451 TWh).
Le rapport compare enfin ce productible à la consommation des bâtiments : « Cette production est supérieure à la consommation nationale en électricité des actifs logistiques », ce qui, selon la même phrase, permettrait d’exporter considérablement l’électricité produite. Le rapport ajoute cette réserve : « Il convient de noter que l’estimation de la consommation réalisée en Figure 8 est issue de la base de données OPERAT, et que la comparaison ne se fait donc pas à périmètre complètement identique. »
Les hypothèses retenues pour le calcul
Le rapport détaille ses hypothèses pour les toitures et pour les ombrières. Pour les toitures, la surface de panneaux photovoltaïques est estimée à 65 % de la surface de toiture pour prendre en compte la présence des lanterneaux et les contraintes feu. Le productible est ensuite projeté selon deux seuils d’installation de panneaux photovoltaïques : 30 % et 50 % de la surface totale disponible pour les actifs d’emprise au sol supérieur à 500 m². Pour les ombrières, le rapport considère une solarisation de 60 % des parkings de plus de 1 500 m² et 75 % des parkings de plus de 10 000 m².
Géothermie : un gisement présenté comme très théorique
Pour la géothermie de surface, le rapport précise : « Cette analyse du gisement suppose une utilisation d’uniquement 30 % des surfaces disponibles sur les parcelles étudiées pour implanter les sondes géothermiques et pourtant le productible est majeur ». Sa synthèse évoque un gisement de chaleur géothermique particulièrement important quoique très théorique (près de 800 TWh/an).
Le rapport apporte une limite à ce gisement : une installation est dimensionnée pour couvrir uniquement les besoins de l’actif, et les entrepôts logistiques ne produisent pas de calorie ou frigorie à exporter. Sur la géothermie appliquée aux bâtiments, voir aussi la géothermie en bâtiment tertiaire et la géothermie urbaine en zone dense.
Mise en perspective
Au-delà du potentiel de production, le rapport traite de l’usage de l’électricité produite, de la recharge de véhicules et des obstacles qu’il relève. Les passages ci-dessous reprennent chacun une de ces questions.
Courbes de charge et autoconsommation
Sur le profil de consommation, le rapport relève que les courbes de charges dans l’immobilier logistique sont inversées. La consommation en électricité des actifs logistiques est plus importante en hiver lorsque la production photovoltaïque est la plus faible et inversement.
Pour un bâtiment type simulé, le rapport indique : « En été les consommations immobilières chutent et le productible photovoltaïque augmente notablement. L’autoproduction est marginale, de l’ordre de 10 à 15 %. » Sur l’export de l’électricité photovoltaïque, il écrit : « L’autoconsommation collective constitue une solution intermédiaire pertinente entre valorisation locale et injection sur le réseau ».
Sur ces sujets, voir aussi les analyses consacrées à l’autoconsommation photovoltaïque en entreprise et à l’autoconsommation d’électricité en France.
La recharge de véhicules électriques
Pour le couplage bâtiment-véhicule, le rapport décrit une flotte électrique réduite : « La flotte de véhicules électriques est extrêmement faible puisqu’au 1er janvier 2025 seuls 0,27 % des poids lourds, 1,9 % des véhicules utilitaires légers et 2,8 % des véhicules légers étaient électriques (SDES, RSVERO) ». Sur la puissance appelée, il précise qu’un seul poids lourd électrique nécessitant une recharge rapide peut admettre un appel de puissance de plus de 200 kW.
Les freins relevés : assurance et poids des panneaux
Le rapport relève un frein d’ordre assurantiel : « De nombreux assureurs refusent encore de couvrir des bâtiments dont la toiture est équipée de panneaux solaires, en raison du risque perçu d’embrasement ou de propagation du feu, notamment sur les toitures à isolant combustible ou à membrane synthétique ».
Sur le poids des panneaux, le rapport écrit : « Ces produits sont désormais commercialisés sous le nom de panneaux légers (poids de 5kg/m²), mieux « intégrés » au cadre bâti et adaptés à la reprise de charge des structures des EPL existants, reconnus comme « technique courante » par les assurances (Avis Techniques) ».
Impact concret : ce que l’étude dit de la loi APER et des toitures
Le rapport consacre une partie de son analyse au cadre de la loi APER. Sur les parkings, il écrit : « L’article 40 de la loi APER impose la mise en place d’ombrières photovoltaïques sur au moins la moitié de la superficie des parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², qui sont des équipements présents de façon quasi-systématique sur les plateformes logistiques ». Il ajoute : « Le gestionnaire peut s’affranchir de cette obligation selon certaines contraintes (techniques, architecturales, financières, etc.), précisées par le Décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024. » et « Cette obligation ne s’applique notamment pas aux parcs de stationnement ombragés par des arbres à canopée large sur au moins 50 % de leur superficie, à raison d’un arbre pour 3 emplacements de stationnement. » Sur les échéances, il indique : « Cette obligation est applicable au 1er juillet 2026 pour les parcs de stationnement dont la superficie est supérieure ou égale à 10 000 m², et au 1er juillet 2028 pour les parcs de stationnement dont la superficie est comprise entre 1 500 m² et 10 000 m² ».
| Thème | Ce que dit le document | Document |
|---|---|---|
| Ombrières sur les parkings extérieurs | ombrières photovoltaïques sur au moins la moitié de la superficie des parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m² | Rapport final |
| Échéance pour les grands parcs | au 1er juillet 2026 pour les parcs de stationnement dont la superficie est supérieure ou égale à 10 000 m² | Rapport final |
| Échéance pour les parcs intermédiaires | au 1er juillet 2028 pour les parcs de stationnement dont la superficie est comprise entre 1 500 m² et 10 000 m² | Rapport final |
Sur ces échéances, voir aussi les analyses consacrées à la loi APER et les parkings solaires, à la solarisation des parkings et aux critères des ombrières photovoltaïques.
Perspectives
Dans sa synthèse, le rapport écrit : « Malgré les limites inhérentes aux fichiers fonciers, le productible identifié apparaît déjà significatif : de l’ordre de 6 à 8 TWh/an d’électricité photovoltaïque à horizon 2028 ». Cette synthèse figure dans le rapport final de l’étude, disponible sur la librairie de l’ADEME avec sa page de présentation.
Sources officielles
- ADEME — page de présentation de l’étude sur les enjeux énergétiques des entrepôts
- ADEME — rapport final sur les enjeux énergétiques des entrepôts logistiques
Questions fréquentes
Que chiffre l’étude de l’ADEME sur le solaire des entrepôts logistiques ?
Le rapport final indique : « Le productible annuel d’électricité photovoltaïque est estimé de 6,4 à 8,1 TWh à l’horizon 2028 au sein des entrepôts logistiques existantes ».
Que dit l’étude de la géothermie dans les entrepôts logistiques ?
La synthèse du rapport évoque un gisement de chaleur géothermique particulièrement important quoique très théorique (près de 800 TWh/an). Le rapport précise que une installation est dimensionnée pour couvrir uniquement les besoins de l’actif, et que les entrepôts logistiques ne produisent pas de calorie ou frigorie à exporter.
Quels freins l’étude relève-t-elle pour l’assurance et la recharge ?
Le rapport écrit : « De nombreux assureurs refusent encore de couvrir des bâtiments dont la toiture est équipée de panneaux solaires, en raison du risque perçu d’embrasement ou de propagation du feu ». Le même rapport indique que les panneaux légers sont reconnus comme « technique courante » par les assurances (Avis Techniques). Pour la recharge, il indique qu’un seul poids lourd électrique nécessitant une recharge rapide peut admettre un appel de puissance de plus de 200 kW.

