MaPrimeRénov’ s’apprête à durcir nettement ses conditions. À partir de la rentrée 2026, une rénovation d’ampleur aidée ne pourra plus se contenter de réduire les consommations : elle devra aussi décarboner le chauffage. Avant de se lancer dans un projet de géothermie pour décarboner son chauffage, notre guide sur le BRGM et les cartographies géothermiques aide à sécuriser le choix. Une bascule qui place la pompe à chaleur et l’électrification au cœur du dispositif, et qui concerne directement les propriétaires de maisons individuelles encore chauffées au gaz.
Le tournant de la rentrée 2026 : la fin du gaz aidé
C’est l’annonce structurante de ce printemps. Selon l’Anah, à partir du 1er septembre 2026, pour bénéficier de l’aide MaPrimeRénov’ dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, tout nouveau dossier déposé pour une maison individuelle devra comprendre une décarbonation des systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire. Concrètement, il ne sera donc plus possible pour un ménage de bénéficier d’une aide à la réalisation de travaux de rénovation énergétique dans le cas du maintien ou du renouvellement d’une chaudière alimentée au gaz au même titre que le fioul.
Le gaz rejoint ainsi le fioul et le charbon, déjà exclus du parcours d’ampleur. Les règles actuelles précisent en effet qu’il est impossible d’installer un chauffage fonctionnant majoritairement aux énergies fossiles ou de conserver un chauffage fonctionnant au fioul ou au charbon. Bonne nouvelle pour ceux qui ont déjà franchi le pas : les maisons individuelles dont le système de chauffage est déjà décarboné resteront éligibles aux conditions actuelles. Cette mesure s’inscrit dans le plan « Électrifions la France », dont l’objectif est de passer d’environ 60 % d’énergies fossiles aujourd’hui en consommation finale d’énergie à 40 % en 2030, puis moins de 30 % en 2035.
Une rénovation d’ampleur déjà recentrée en 2026
Ce nouveau critère vient s’ajouter à un dispositif déjà profondément remanié depuis le début de l’année. Après une suspension budgétaire, suspendu temporairement depuis le 1er janvier 2026, le guichet MaPrimeRénov’ réouvre ce 23 février, mais avec un ciblage resserré : le parcours d’ampleur est rouvert uniquement pour les logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Une priorité donnée aux passoires énergétiques, dont la rénovation est devenue urgente, comme nous l’expliquons à propos de l’interdiction de location des passoires thermiques classées F ou G.
Le parcours d’ampleur conserve par ailleurs ses garde-fous techniques. Un gain de 2 classes énergétiques minimum est exigé, et il est obligatoire de réaliser au moins deux gestes d’isolation (murs, fenêtres / menuiserie, sols ou toiture). Depuis la réouverture, le retour de MaPrimeRénov’ après ses turbulences s’est accompagné d’une étape devenue incontournable : un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais obligatoire pour pouvoir déposer votre demande d’aide MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur.
Combien, pour qui : montants et profils concernés
Sur le plan financier, le parcours d’ampleur reste l’un des plus généreux. MaPrimeRénov’ finance jusqu’à 80 % de 40 000 euros pour une rénovation d’ampleur, et le coup de pouce peut aller plus loin pour les revenus les plus faibles, puisque le dispositif a été ajusté pour augmenter le taux d’écrêtement des aides publiques à 90 % pour les ménages modestes. Pour estimer ce qu’il vous resterait réellement à payer, notre guide sur le cumul des aides et le calcul du reste à charge en 2026 détaille la marche à suivre, tout comme notre dossier sur l’éco-PTZ garanti pour rénover sans apport.
Pour accompagner la sortie du gaz, l’Anah prépare un dispositif spécifique. Aujourd’hui, MaPrimeRénov’ finance l’installation de pompes à chaleur (PAC) à travers une aide forfaitaire dans le cadre d’une rénovation par geste, complétée par des CEE. À cela viendra s’ajouter une offre « PAC clé en main » payée sous forme de mensualités sur une durée de l’ordre de 3 ans, en complément des aides existantes qui resteront inchangées (MaPrimeRénov’ et CEE). Cette offre, précise l’agence, devra s’adresse à tous les ménages modestes disposant d’un chauffage carboné et souhaitant le remplacer. Avant de basculer, mieux vaut toutefois vérifier la compatibilité de son logement : notre comparatif de la pompe à chaleur hybride couplée à une chaudière gaz rappelle qu’il existe des solutions de transition.
Objectifs 2026 et prochaines étapes
Cette accélération s’appuie sur des moyens budgétaires conséquents. Le budget global de l’Anah en 2026, sous réserve de l’adoption du projet de loi de finances par le Parlement, serait de près de 4,6 milliards d’euros. L’agence vise au moins 120 000 rénovations d’ampleur en maison individuelle et en copropriété et, tous parcours confondus, ce sont près de 350 000 logements qui pourront bénéficier d’une aide de l’Anah sur l’année. Des ambitions qui prolongent une dynamique déjà sensible : depuis le début de l’année 2025, MaPrimeRénov’ connaît un vrai succès, avec 3 fois plus de rénovations globales financées par rapport à 2024, et depuis 2020, MaPrimeRénov’ a permis d’aider plus de 2,5 millions de ménages.
Le message pour les propriétaires concernés est clair : un projet de rénovation d’ampleur en maison individuelle chauffée au gaz a tout intérêt à intégrer dès maintenant le remplacement du système de chauffage, sous peine de perdre l’éligibilité à partir de septembre. Le calendrier laisse encore quelques semaines pour anticiper, prendre rendez-vous avec un conseiller et arbitrer entre les solutions décarbonées. Pour bâtir un projet cohérent, notre guide complet de la rénovation énergétique et notre guide de la pompe à chaleur font le tour des arbitrages techniques et financiers à anticiper.
Questions fréquentes
Peut-on encore garder sa chaudière à gaz avec MaPrimeRénov’ ?
À partir du 1er septembre 2026, pour bénéficier de l’aide MaPrimeRénov’ dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, tout nouveau dossier déposé pour une maison individuelle devra comprendre une décarbonation des systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire. Il ne sera donc plus possible pour un ménage de bénéficier d’une aide à la réalisation de travaux de rénovation énergétique dans le cas du maintien ou du renouvellement d’une chaudière alimentée au gaz au même titre que le fioul. Les maisons individuelles dont le système de chauffage est déjà décarboné resteront éligibles aux conditions actuelles.
Quel montant d’aide pour une rénovation d’ampleur en 2026 ?
MaPrimeRénov’ finance jusqu’à 80 % de 40 000 euros pour une rénovation d’ampleur. Pour les ménages modestes, le dispositif a été ajusté pour augmenter le taux d’écrêtement des aides publiques à 90 % pour les ménages modestes. Un gain d’au moins deux classes énergétiques et deux gestes d’isolation sont par ailleurs exigés.
Quelles démarches avant de déposer une demande ?
Un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais obligatoire pour pouvoir déposer votre demande d’aide MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur. Le parcours d’ampleur est par ailleurs réservé aux logements classés E, F ou G au DPE depuis la réouverture du guichet, début 2026.

