Interconnexions électriques : la CRE confirme le respect du seuil des 70 % en 2025
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Interconnexions électriques : la CRE confirme le respect du seuil des 70 % en 2025

La CRE confirme dans son bilan annuel que RTE a respecté le seuil européen des 70 % d’interconnexion électrique dans la grande majorité des cas en 2025, année où la France a exporté 103,6 TWh et importé 11,3 TWh.

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Ce qu’il faut retenir sur le respect du seuil d’interconnexion électrique

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier son bilan annuel de conformité au seuil réglementaire européen de capacités d’interconnexion électrique ouvertes aux échanges transfrontaliers. Le constat est positif : La CRE constate qu’en 2025, RTE a été en mesure de garantir le seuil minimal de 70% dans 85% des pas de temps en moyenne sur les frontières évaluées, ce qui représente un niveau très élevé à l’échelle européenne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la France a exporté 103,6 TWh d’électricité et importé 11,3 TWh. Ce résultat confirme le rôle pivot du réseau électrique français au sein des échanges européens. Cet article détaille ce que recouvre ce seuil, pourquoi il existe, et ce que ces résultats impliquent concrètement pour la sécurité d’approvisionnement électrique en France et en Europe.

Le bilan de la CRE : ce que montrent les résultats annuels

La CRE publie, comme chaque année, le rapport détaillant les résultats obtenus sur les différentes frontières en 2025. Ce document, consultable via le bilan de conformité publié par la Commission de régulation de l’énergie, détaille frontière par frontière le taux de respect du seuil minimal. Le rapport souligne que Dans les situations où le seuil de 70% n’est pas atteint, les capacités mises à disposition du marché par RTE aux frontières françaises demeurent élevées. Autrement dit, même sur les pas de temps où le seuil réglementaire n’est pas strictement atteint, le gestionnaire de réseau continue d’ouvrir une large part de ses capacités aux échanges avec les pays voisins. Cette rigueur s’accompagne d’un volume d’échanges considérable puisque Sur l’ensemble de l’année 2025, la France a exporté 103,6 TWh d’électricité et importé 11,3 TWh. Un déséquilibre qui illustre la position d’exportateur net du pays au sein du marché électrique européen, dans la continuité d’une tendance déjà observée : la France a récemment enregistré un record d’exportations d’électricité sur le premier semestre, confirmant la solidité structurelle de son excédent de production.

Pourquoi le seuil d’interconnexion existe : le cadre européen

Ce seuil n’est pas une invention récente de la CRE : il découle directement du droit européen de l’énergie. Depuis 2020, consécutivement à l’adoption du Clean Energy Package, les gestionnaires de réseau de transport (GRT) d’électricité européens doivent mettre au moins 70% de leurs capacités d’interconnexion à disposition des échanges transfrontaliers, conformément au règlement sur le marché intérieur de l’électricité. L’objectif de cette règle est d’empêcher que des gestionnaires de réseau ne réservent une trop grande partie de leurs lignes transfrontalières à leurs propres besoins internes, au détriment de la fluidité du marché européen de l’électricité et de la concurrence entre fournisseurs.

La France est directement concernée par cette exigence en raison de sa position centrale dans le réseau électrique européen. À lui seul, notre pays dispose en effet de 37 interconnexions (qui permettent d’échanger de l’électricité entre deux réseaux maillés, dans les deux sens) et de 20 autres liaisons transfrontalières utilisées à sens unique pour alimenter des clients situés à l’étranger (vers Monaco, par exemple). Cette densité de raccordements, détaillée dans la présentation par RTE du rôle des interconnexions dans la solidarité électrique européenne, fait de la France l’un des pays les mieux connectés du continent, avec des frontières vers l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, le Royaume-Uni et la Suisse. Pour accompagner cette dynamique, RTE a par exemple engagé la pose des câbles d’une nouvelle interconnexion électrique avec l’Espagne dans le golfe de Gascogne, qui viendra renforcer encore les échanges transfrontaliers dans les années à venir. Sur le plan réglementaire national, ce cadre européen se double d’exigences complémentaires : de nouvelles règles CRE/RTE sur la tension électrique entreront prochainement en vigueur pour fiabiliser encore la gestion du réseau.

Ce que ces résultats changent pour le système électrique français

Le respect du seuil minimal d’interconnexion n’est pas qu’un exercice de conformité administrative : il a des conséquences concrètes sur la sécurité d’approvisionnement et sur les prix de l’électricité. En ouvrant largement ses capacités d’échange, la France permet aux acteurs du marché de faire circuler l’électricité vers les zones où elle est la plus nécessaire, ce qui contribue à lisser les tensions ponctuelles sur le réseau et à limiter les écarts de prix entre pays voisins. Le ministère de la Transition écologique souligne d’ailleurs, dans son analyse de la sécurité d’approvisionnement électrique, que la contribution des autres pays européens à notre approvisionnement, via les interconnexions, est ainsi prise en compte dans les évaluations de risque de tension sur le réseau français.

Concrètement, cette interdépendance signifie que la sécurité d’approvisionnement électrique de la France ne repose pas uniquement sur sa propre production, mais aussi sur sa capacité à importer de l’électricité lors des pics de consommation, en particulier en hiver. À l’inverse, les excédents de production français peuvent être exportés vers les pays voisins lorsque la demande y est forte. Cette solidarité électrique européenne influence indirectement les prix de l’énergie observés sur les marchés de gros, puisque les prix tendent à converger entre zones bien interconnectées. Pour fiabiliser cette gestion des flux en temps réel, les gestionnaires de réseau s’appuient de plus en plus sur des outils numériques permettant d’anticiper les tensions du réseau électrique grâce aux smart grids, en complément du renforcement physique des lignes d’interconnexion. Côté distribution, cette dynamique d’ouverture du réseau accompagne aussi la croissance du nombre de raccordements, avec une hausse des raccordements Enedis enregistrée récemment sur le territoire.

Pour les propriétaires et les copropriétés, cette stabilité des échanges transfrontaliers contribue indirectement à limiter la volatilité des prix de marché de gros, qui se répercute ensuite sur les tarifs proposés par les fournisseurs d’électricité. Pour les professionnels du bâtiment et les gestionnaires de copropriété engagés dans des projets de rénovation énergétique ou d’électrification des usages, la fiabilité du réseau électrique national et sa bonne interconnexion avec ses voisins européens constituent un facteur de confiance supplémentaire : elles réduisent le risque de tensions locales sur le réseau au moment où la demande électrique augmente.

Et maintenant ? La CRE annonce un suivi continu

Ce bilan n’est pas un point final : la CRE inscrit son évaluation dans la durée. La CRE continuera d’effectuer un suivi continu des efforts de RTE pour assurer la conformité à ce critère et améliorer, lorsque cela est nécessaire, la disponibilité des capacités d’interconnexions pour les échanges transfrontaliers. Ce suivi annuel permet d’identifier les frontières où des marges de progression subsistent et d’orienter les investissements de RTE en conséquence.

Ces investissements s’annoncent d’ampleur : RTE a présenté un programme prévoyant un investissement de plusieurs milliards d’euros pour transformer le réseau électrique, dont une partie doit précisément servir à renforcer les capacités d’échange aux frontières. Entre le renforcement physique des interconnexions, la modernisation numérique du pilotage du réseau et le suivi réglementaire assuré par la CRE, la trajectoire engagée vise à consolider durablement la place de la France comme pièce centrale du système électrique européen.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le seuil minimal d’interconnexion électrique européen ?

Depuis 2020, consécutivement à l’adoption du Clean Energy Package, les gestionnaires de réseau de transport (GRT) d’électricité européens doivent mettre au moins 70% de leurs capacités d’interconnexion à disposition des échanges transfrontaliers, conformément au règlement sur le marché intérieur de l’électricité. Ce seuil s’applique à l’ensemble des gestionnaires de réseau de transport en Europe.

Quel bilan la CRE a-t-elle dressé sur les interconnexions électriques françaises ?

La CRE constate qu’en 2025, RTE a été en mesure de garantir le seuil minimal de 70% dans 85% des pas de temps en moyenne sur les frontières évaluées, ce qui représente un niveau très élevé à l’échelle européenne.

Combien la France a-t-elle exporté et importé d’électricité récemment ?

Sur l’ensemble de l’année 2025, la France a exporté 103,6 TWh d’électricité et importé 11,3 TWh. Un résultat qui confirme sa position d’exportateur net.

Combien la France compte-t-elle d’interconnexions électriques ?

À lui seul, notre pays dispose en effet de 37 interconnexions (qui permettent d’échanger de l’électricité entre deux réseaux maillés, dans les deux sens) et de 20 autres liaisons transfrontalières utilisées à sens unique pour alimenter des clients situés à l’étranger (vers Monaco, par exemple).

Que se passe-t-il quand le seuil n’est pas atteint sur une frontière ?

Dans les situations où le seuil de 70% n’est pas atteint, les capacités mises à disposition du marché par RTE aux frontières françaises demeurent élevées.

La CRE va-t-elle continuer à surveiller ce seuil d’interconnexion ?

La CRE continuera d’effectuer un suivi continu des efforts de RTE pour assurer la conformité à ce critère et améliorer, lorsque cela est nécessaire, la disponibilité des capacités d’interconnexions pour les échanges transfrontaliers.

Sources officielles

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